La démarche prospective 2015-2020

Finalités

L’inscription de la démarche prospective dans le contrat d’objectifs et de performance de France Volontaires avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, visait à contribuer à « faire bouger les lignes » de l’engagement volontaire à l’international.

Le débat prospectif élargi (DPE) qui a bouclé la première étape de la démarche a confirmé cette « volonté d’agir et de faire mouvement ». Il a également montré la nécessité d’approfondir la réflexion notamment pour renouveler les concepts et les problématiques clés. Le DPE a ouvert de nouvelles pistes, et des hypothèses de travail ont été formulées.

L’invitation a été faîte à France Volontaires de poursuivre l’animation de cette dynamique de réflexion collective et d’agir ensemble. D’initiateur de la démarche France Volontaires a aujourd’hui le mandat pour sa poursuite. La démarche de prospective constitue ainsi, pour la période 2015-2017, un axe fort de la plateforme pour une ambition : « être à la hauteur des enjeux » du moment.

Objectifs

La deuxième étape de la démarche va donc s’ancrer très fortement sur les enseignements tirés de la phase initiale et développer une dynamique collective du « faire ensemble » d’emblée associée à une réflexion qui se nourrit de l’action et réciproquement.

Elle répond à trois principaux objectifs :

  • Se mettre (à nouveau) à l’épreuve du réel

Les travaux menés sur les enseignements que l’on tire du DPE nécessitent d’être remis à l’épreuve du réel : en quoi sont-ils partagés par les acteurs ? En quoi aident-ils à faire réellement bouger des lignes, à faire des sauts sur les enjeux qui ont été identifiés ?

  • Produire de la connaissance, la partager et la transmettre

Les enseignements produits prennent pour une part la forme de propositions, de façons nouvelles d’appréhender l’EVI, à l’aide de notions elles-mêmes en partie nouvelles. Ce sont là des hypothèses, qui appellent à être consolidées dans une mise en discussion plus large. L’ enjeu qui y est directement associé est celui de la capitalisation, du partage, de la mise en dialogue et de la diffusion de ces connaissances.

  • Créer du mouvement, engager une dynamique d’action

Parmi les productions et les propositions issues du DPE, un certain nombre révèlent des opportunités d’action, des synergies possibles, et souhaitables. Nécessaires même s’il y a la volonté de véritablement changer d’échelle, et d’apporter des réponses, ou des actions, à hauteur des enjeux…

Cadrage méthodologique

Un cadre générique

Le premier niveau de cadrage répond à la nécessité méthodologique de disposer d’un cadre transverse aux axes de travail et qui soit compatible avec l’ambition « d’être à la hauteur des enjeux ». Trois notions : Solidarités, mobilités, citoyennetés, sont au cœur des réalités et des visées du volontariat international. Elles permettent de relier le volontariat international à des politiques publiques qui montent en puissance au niveau national et européen (la mobilité des jeunes) et à des enjeux de société majeurs qui concernent le vivre ensemble, dans sa dimension locale et internationale (solidarités dans la réciprocité et citoyennetés dans la responsabilité).

L’association des trois termes invite à approfondir les interactions problématiques et les synergies constructives entre ces composantes de l’engagement volontaire et à inscrire l’expérience du volontariat dans des dynamiques de transition sociale, économique, écologique et démocratique plus globales.

Deux axes de travail

Le second niveau de cadrage est celui des axes de travail ou des thématiques telles quelles sont ressorties du DPE.

  • La mise en dialogue des migrations et des volontariats : Au regard de contraste violent, on pose dans ce territoire d’action qu’on ne peut se soucier du volontariat (qui est flux « sortant ») sans penser les flux « entrants ». Et l’on pose que l’enjeu est de porter un regard différent, et que la mise en dialogue de ces mobilités en sera le levier principal.
  • Une nouvelle alliance entre entreprises et volontariat : L’enjeu de ce territoire d’action est de créer les conditions d’un renouveau et du changement d’échelle d’alliance entre des entreprises et des acteurs du volontariat. Cela passera notamment par clarifier les termes du débat là où il se pose, et expliciter les champs des apports mutuels.

Une question : celle de la jeunesse, dans une dualité individu/collectif

Chacun des axes de travail accordera une place centrale aux questions de la jeunesse. De même dans chaque axe de travail, l’attention ne sera être exclusivement portée sur la dimension collective, ni exclusivement sur la dimension individuelle de l’engagement et de l’expérience volontaire. Les deux dimensions devront toujours être présentes.

Eléments de cadrage commun aux différents thèmes

Une mise en dialogue + les conditions amont d’un dialogue fertile

Le cœur de la démarche, cela va être la mise en dialogue d’acteurs qui sont des véritables parties prenantes. Mais pour cela, il ne s’agira pas d’être purement exploratoire. Il faudra au contraire créer les conditions de la fertilité de la mise en dialogue, mise en débat. Ce sera l’objet de la première étape de la démarche, étape de cadrage. Les mises en dialogue, et notamment les acteurs présents dépendront des axes de travail, mais elles auront en commun de se référer au triptyque Citoyenneté / solidarité / mobilité

Un cadrage thématique, problématique, enjeux

Le cadrage du dialogue sera de plusieurs ordres. Thématiques et problématiques : en définissant les sujets et les questions. En termes d’enjeux : il s’agira de repérer quels sont les points les plus critiques au sens de points constituant des verrous, des impasses, des freins des « faire ensemble ».

Une logique de « recrutement » continu

Cette première étape de cadrage est aussi celle du « recrutement ». Il s’agit, parallèlement au fait d’avancer dans la structuration du débat, de la mise en dialogue, d’étendre le cercle des acteurs contributeur et d’associer le plus étroitement possible ceux qui le souhaitent à la démarche.

Conserver les acquis de la première phase

Une des sources de cadrage proviendra des acquis de la première phase, en termes de contenus, d’enseignements et en termes d’acteurs. Le processus de la prospective est un cumulatif…

Retour sur les éléments de cadrage, les hypothèses initiales

Suite à la mise en dialogue, qui laissera une place centrale aux parties prenantes, c’est-à- dire aux non « experts » ou « sachants », les productions seront mises en parallèle avec ce qu’étaient les hypothèses de cadrage. Car c’est précisément ces hypothèses qui doivent pour une part évoluer. Ce fut le mode de fonctionnement de la première étape de la prospective, qui nous a amenés à réinterroger nos a priori. Ce faisant, ils prenaient ainsi toute leur valeur. C’est peut-être là l’un des principes les plus forts de la démarche : fabriquer et poser un cadre qui rende fertile les productions et les échanges, et surtout opérer la boucle retour avec ces productions. Et c’est là la véritable production…

Un événementiel de clôture

La mise en dialogue pourra prendre différentes formes, s’opérer en plusieurs temps. Elle se conclura par un événementiel qui pourra mettre ne parallèle les productions des deux axes de travail…

Le dispositif et les acteurs

La deuxième étape de la démarche de prospective se veut résolument ouverte à des acteurs en dehors du champ institutionnel du volontariat et aux acteurs de là-bas. Leur participation sera d’autant plus féconde si la dynamique collective permet à tous de réaliser une ambition forte, et à chacun d’en tirer un parti intéressant pour ses propres intérêts.

En interne, les coopérations seront développées avec tous les pôles avec une attention particulière pour les espaces volontariats appelés à relayer la démarche prospective sur leurs terrains. Un espace de partage et de coordination sera installé par le délégué général.

Un dispositif qui créée les conditions de la rencontre et donc une architecture hôte résolument ouverte autour de l’ancrage thématique / conceptuel, et reprenant les trois objectifs / registres d’action énoncés au §2.

  • Un portage par France volontaires, mais dont la définition précise et la gouvernance devront être décentrées de France volontaires ;
  • La co-construction avec les acteurs ayant rejoint le dispositif (pour le créer) de ce que seront les priorités d’action ;

Une ambition : l’émergence d’une université populaire

En quoi ce mouvement de la deuxième étape de la prospective est-il aussi un mouvement vers la construction progressive et par l’action d’une université populaire de l’engagement solidaire au monde ?

Shéma indicattif de mise en oeuvre
PhaseActivitésModes
Cadrage "recrutement"
Juillet à décembre 2015
  • Etat de la pensée
  • Point de vu des associations
  • Sous thèmes
  • Situations et acteurs clés initiatives
  • Groupe prospectif
  • Séminaire d’installation de la démarche
  • Consultation experts
Mise en dialogues
Janvier à décembre 2016
  • Groupes sous thèmes
  • Dialogue dynamique
  • Mise en réseau des acteurs clefs
  • Nouvelles alliances
  • Séminaires thématiques
  • Animation réseau thématiques
Événementiels
​Décembre 2016
  • Production des deux axes et mise en parallèle
  • Evaluation d’initiatives prospectives
  • Journées d’échanges et de partage type DPE

Les éléments de spécificités de chaque thème

Mise en dialogue migration(s) et volontariat(s)

La spécificité tient au fait que le champ des migrations, et aussi celui du lien entre migration et volontariat, sont extrêmement couverts, qu’ils sont occupés par de nombreux acteurs, de différents bords et statuts, donnant lieu à d’innombrables productions.

Cela conduira la phase de cadrage à avancer de façon itérative sur un état de l’art problématisé, un état de la pensée. L’itération est indispensable, pour éviter un long travail en effet tunnel. Il faudra pour cela disposer d’un groupe élargi susceptible de réagir et de cadrer la poursuite du travail sur cet état de la pensée.

Parallèlement, le questionnement des associations sur ce que représentent pour elle les notions de migrations, en quoi c’est un sujet pour elles, et la façon dont elle l’intègre et le gère, constituera également un élément de cadrage puissant, mis en face de l’état de l’art.

Nouvelles alliances avec les entreprises

Dans le cadre de cet axe de travail, nous sommes beaucoup moins à la fois contraints et aidés par une littérature ou des productions qui sont ici assez faibles, ou naissantes.

Par contre, on peut identifier de nombreuses situations (thème x acteurs) relevant de l’axe de travail, mais assez distinctes pour être approchées en tant que telles, du moins dans un premier temps, avec une mise en commun qui fabriquera le cadrage.

Parmi ces situations :

  • Le volontariat comme dispositif de développement à l’international pour les entreprises (entrée VIE)​
  • Le regard DRH / RSE pour approcher la question du recrutement de volontaire (quelle vision en ont-ils ? ce qui est une façon de questionner une part de l’utilité sociale de l’EVI).
  • Le regard DRH / RSE en tant qu’employeur (et non recruteur) pour appréhender l’apport pour l’entreprise du volontariat / bénévolat / engagement solidaire de ses collaborateurs​
  • Les entreprises présentes sur des formes de volontariats, avec du recul et une pensée, mais qui ne sont pas aussi ouverte sur la dimension internationale du volontariat
  • Une entrée par les entreprises qui sont avancées dans leurs interactions avec le monde associatif (via Le Rameau), même si elles ne le sont pas sur le volet international.