Anouk et Christophe, Volontaires SVE, présentent "Haragas : quel avenir pour la jeunesse tunisienne ?"

© Espace Volontariats Tunisie

Anouk et Christophe, en Service Volontaire Européen (SVE) au Club Culturel Ali Belhouane à Tunis, ont terminé leur mission de 6 mois intitulée "How and why to talk about immigration" fin février par la réalisation d’une exposition photos à la Maison de Jeunes Sidi El Bechir « Haragas : quel avenir pour la jeunesse tunisienne ? ».

22/03/2018

Anouk et Christophe, en Service Volontaire Européen pour une mission de 6 mois au Club Culturel Ali Belhouane à Tunis, ont terminé leur mission intitulée How and why to talk about immigration fin février, par la réalisation d’une exposition photos à la Maison de Jeunes Sidi El Bechir « Haragas : quel avenir pour la jeunesse tunisienne ? ».

Haraga : ceux qui brûlent
Harga : action de brûler les papiers

Le terme désigne les migrants qui quittent les pays du Maghreb à bord d’embarcations de fortune pour rejoindre illégalement les côtes italiennes, maltaises ou espagnoles, sans la possession de papiers.


Rencontre !

« Peu de jours après le lancement de notre projet, un nouvel incident survenait au large des côtes tunisiennes. Ce jour-là, une quarantaine de jeunes noyaient leur espoir dans la mer Méditerranée. Walid l’explique clairement : Quand on part, on sait que soit on arrive soit on meurt !

Nous avons essayé de comprendre au fil de nos rencontres et de nos échanges, ce qui pousse une majorité de la jeunesse tunisienne à vouloir partir de son pays, sept ans après la Révolution. De Tunis à Zarzis, nous avons discuté et recueilli les témoignages de jeunes tunisiens, d’ONG et d’institutions afin de mettre en perspective un sujet au cœur de l’actualité internationale mais souvent méconnu par rapport à la Tunisie.

Nous voulions répondre aux questions suivantes : Pour quelles raisons les jeunes désirent-ils quitter la Tunisie ? Comment en arrivent-ils à envisager de monter dans les bateaux de la mort ? Quels sont leurs rêves et leurs espérances ?

En tant que jeunes européens, à qui les portes du monde sont grandes ouvertes, nous avons tenté de retransmettre la détresse de cette jeunesse à qui on n’offre pas la liberté de choisir son avenir. A travers cette exposition photos, nous voulions également démontrer les conséquences des politiques européennes qui vont à l’encontre de la liberté de circulation et des droits de l’Homme ».

Exposition !

C’est à la Maison de Jeunes Sidi El Bechir, dans le quartier Barcelone à Tunis, que Christophe et Anouk ont choisi d’exposer leur projet les 23 et 24 février 2018. A travers deux salles de la Maison de Jeunes, le public était invité à s’imprégner des photos illustrant les personnes rencontrées, les lieux visités et les objets trouvés à Zarzis, dans le sud de la Tunisie, appuyées par des extraits des rencontres et interviews réalisés sur le Grand Tunis et Zarzis.

Les deux Volontaires ont rencontré des représentants de l’Organisation Internationale des Migrations, de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, de l’Union Générale Tunisienne du Travail, du Croissant Rouge, de la Maison de Jeunes de Zarzis, des habitants, des pêcheurs et porte-parole d’associations de disparus à Zarzis, ainsi que des jeunes qui ont tenté l’expérience.

Extrait témoignage :

« C’est toute une génération de jeunes qui est en train de partir, on va le ressentir dans 10 ans. Il n’y aura plus de transmission de métier à Zarzis dont l’économie repose essentiellement sur la pêche. Dans mon quartier, ils sont tous partis, même ceux qui font partie d’une famille aisée. Les jeunes n’envisagent plus la voie légale car la procédure est trop compliquée. Maintenant, ils ne font plus appel aux passeurs. Ils se mettent à 4, 5, ils achètent un petit bateau et un moteur et vas-y ! Ils se débrouillent par eux-mêmes. Le sud se déplace toujours vers le nord mais aujourd’hui ce n’est pas une immigration, c’est un exode ! » Taleb, gérant du Café Le Marin, Zarzis.

Et maintenant ?

« Maintenant, j’ai une idée à moi » nous confie Christophe, « ce projet a humanisé la problématique migratoire, mis des visages » sur ce qui reste le plus souvent des chiffres aux yeux des politiques européennes. « J’aimerais approfondir et rencontrer des acteurs en France » pour prolonger le projet, « j’aimerais toucher des jeunes français pour montrer la réalité de l’immigration ». « Les personnes cherchent juste des meilleures conditions de vie ».

Anouk et Christophe, originaires de Nantes, vont désormais partir à la rencontre d’acteurs en France qui traitent de cette thématique et réaliser, en repartant de la première, une seconde exposition avec une mise en scène plus importante et des interactions avec les publics plus variées.

On leur souhaite bonne route !

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