Audit des besoins & formation en communication pour l’équipe de direction du CKN

Congé solidaire, Cambodge

L’équipe du CKN souhaiterait être formée aux techniques de communication afin d’améliorer la visibilité des activités du centre de formation.

Historique

L’association Centre Kram Ngoy a été fondée en 1992 sous l’impulsion de M. Im-Saroeun, ancien maître de conférences en électrotechnique à l’université de Montpellier, avec le soutien de la diaspora cambodgienne et de sympathisants français. Le CKN est basé à Montpellier et au Cambodge dans différents sites. Des associations soeurs soutiennent le projet CKN en France (CEFODIA, AAFK, STADHA, FCPA).
L’association a pour objectif de contribuer au développement du Cambodge -notamment de ses ressources humaines- par le transfert de technologie, la formation et l’insertion économique.

Dans les années 90, le Cambodge s’est progressivement développé après plusieurs années de conflits. Le contexte historique, social, culturel et économique passé et actuel du pays est important pour comprendre le concept et la philosophie du CKN.
Beaucoup d’investisseurs et d’ONG se sont installés à cette époque ce qui a conduit essentiellement à un développement économique (construction et expansion d’usines), éducatif (accès à l’enseignement primaire) et médical (accès à l’eau et aux soins).
La plupart des grandes usines et entreprises sont tenues par des investisseurs étrangers (Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Singapour, Indonésie, Corée, Chine, Japon, Occident…). Ainsi, la maîtrise de l’économie cambodgienne échappe presque totalement aux Cambodgiens. Face à la mondialisation et à la régionalisation, le Cambodge n’est pas bien armé, ni économiquement, ni technologiquement.
La coopération internationale, notamment par le biais de grandes organisations, favorise les subventions et les projets dans de nombreux domaines avec le Gouvernement afin de favoriser la « bonne gouvernance ». Or, ce dernier se tourne davantage vers la quantité (afin de toucher le plus grand nombre) au détriment de la qualité. Des ONG reçoivent donc majoritairement leurs fonds de leurs gouvernements.
En même temps, un manque cruel de techniciens compétents (électriciens, mécaniciens...) est toujours constaté. Les Cambodgiens sont majoritairement des agriculteurs rizicoles et les métiers techniques ne font pas partie de la tradition khmère, pourtant le pays a un grand besoin de professionnels techniques. En raison des phénomènes de régionalisation et de mondialisation, les jeunes Cambodgiens ont été encouragés à se tourner vers des études supérieures au détriment des formations techniques : mirages causés par les quelques 70 universités présentes à Phnom Penh, manque d’information au cours de leur scolarité, préférence pour des postes de fonctionnaires ou des métiers administratifs où certainement l’argent facile est plus attirant, manque aussi d’écoles qui donnent accès aux compétences requises… Les métiers techniques les intéressent assez peu car ils les perçoivent comme contraignants.
Ces métiers demandent patience, travail de longue haleine et sont physiquement éprouvants. Les jeunes qui décident cependant courageusement de s’atteler à cette tâche sont très bien insérés sur le marché du travail.

C’est dans ce contexte que le CKN a été créé, recherchant l’excellence dans ses formations pour créer un impact psychologique de portée nationale et souhaitant jouer un rôle moteur pour contribuer à l’émergence et au
développement de la technicité khmère. Le centre met en valeur, à côté de la compétence professionnelle, l’amour du travail bien fait, la patience, la solidarité (notamment en la favorisant au quotidien entre les jeunes du centre) et en créant des liens avec le milieu des entreprises.

Pour la pérennité et les effets endogènes, le CKN se donne un principe fondamental d’autonomie : la direction et la gestion du CKN sont sous la maîtrise et la responsabilité des Cambodgiens. Ceux-ci doivent se prendre en charge, avec en cas de besoin, l’assistance et l’accompagnement des personnes ou organismes de l’extérieur, dans un esprit de solidarité, d’amitié et de respect mutuel.

En 1998, le CKN a ouvert un premier centre de formation technique et professionnelle à Phnom Penh. Depuis, un deuxième centre de formation, à Siem Reap Kantout (25kms de Phnom Penh) accueille les élèves. Celui-ci, construit par les formateurs et les étudiants, produit en partie sa propre électricité solaire, possède des salles d’expérimentation de formation, des salles de classe et un internat.

Le CKN organise ses activités autour de trois pôles principaux : la formation, les prestations de service et de formation et les activités d’aide au développement.

Le pôle principal est celui de la formation. Les jeunes peuvent suivre une formation comprise entre 4 à 6 mois pour la formation de base, et jusqu’à deux ans pour les niveaux BAC et BTS. Avec son partenaire local le PTM (Promotion des Métiers Techniques), le CKN propose une formation à ses étudiants, en lien avec des entreprises extérieures ou avec l’entreprise partenaire le CKNE (entreprise créée par des formateurs CKN et spécialisée dans l’électricité rurale). Grâce aux conventions établies avec ces entreprises, les étudiants du centre, guidés par les formateurs, peuvent ainsi expérimenter leurs connaissances et augmenter leur expérience.

Le centre a formé depuis près de 2 000 élèves et a concentré ses efforts sur la formation de formateurs. Ces derniers sont appelés à former les nouveaux élèves du centre, à intervenir lors des prestations de formation pour former des professionnels techniques dans tout le pays et à réaliser des prestations de services pour des entreprises et des usines.

Le deuxième pôle d’activités du CKN concerne les prestations de service technique (maintenance industrielle, installation électrique, dépannages divers etc.), aux entreprises locales et/ou internationales, ainsi qu’aux hôtels, aux hôpitaux, aux écoles… Ce sont les formateurs qui y répondent, accompagnés d’élèves qui découvrent le milieu de l’entreprise et plus largement du travail. Le CKN réalise aussi des formations de professionnels à la demande de partenaires. En 2011, il a formé les 400 électriciens ruraux du Cambodge, en contrat avec la Banque Mondiale et l’Autorité d’Electricité du Cambodge.

Enfin, le troisième pôle d’activités du CKN, est celui de l’aide au développement, qui prend forme par différents
programmes. Le CKN organise depuis 2001 des formations itinérantes et expositions en province et à Phnom Penh (avec l’UNESCO, le Ministère de l’Education, le Ministère du Travail) où les jeunes sont sensibilisés au travail technique par les formateurs. Autre programme, l’association favorise aussi les techniciennes en encourageant les femmes à devenir formatrices (soutien de l’Association d’Aide aux Femmes Khmères en France). Denier exemple, le centre développe des recherches comme pour la conception d’un séchoir solaire à poissons commandé par l’ONUDI. D’autres programmes sont réalisés.

Les bénéficiaires des projets du CKN sont tout d’abord les jeunes eux-mêmes qui, en apprenant un métier technique, peuvent ensuite s’insérer facilement sur le marché du travail. Ce sont aussi les formateurs de formateurs.

Les bénéficiaires indirects des activités du CKN sont les partenaires avec lesquels il travaille. Globalement, les villageois profitent d’un accès meilleur à l’énergie grâce à la formation à différents niveaux du CKN qui couvre l’ensemble des Electriciens ruraux du pays. Le CKN a par ailleurs conçu une formation sur site qui a permis d’améliorer l’exploitation électrique rurale au profit aussi bien des entrepreneurs que des villageois. Enfin, le CKN peut former des professionnels d’un genre nouveau : des entrepreneurs d’électricité rurale « multi-skilled » qui s’occuperont de la production d’électricité (solaire, gazogène, électrogène...) et pourront ensuite produire de nombreux services à l’intention des habitants ruraux (réparation des motos, soudure etc.) à partir de la production de cette énergie.

Mais ce n’est pas tant au plan matériel et technique que doit se mesurer l’impact (indirect et direct) du CKN, qui se révèle d’ailleurs d’ordre national. Car le CKN organise des expositions techniques, participe à des compétitions nationales et régionales. Il forme des électriciens ruraux de tout le pays, s’affirme comme responsable technique d’une entreprise, est aussi capable de faire la maintenance d’une rizerie de 40t/j…
Son originalité et sa pertinence contribuent au changement de regard vis-à-vis de la formation et de la qualité qui doit être la sienne. FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations) est d’ailleurs venu jusqu’au Cambodge apprécier la qualité du travail réalisé tout comme l’OIF et Schneider Electric ont envoyé des équipes pour réaliser des vidéos.

Il faut un Centre d’excellence de formation qui fasse ses preuves, formant de bons éléments technico-économiques, pour faire basculer tout un pays vers la perception de la nécessité et viabilité de la formation professionnelle. Il est en effet nécessaire de s’appuyer sur une formation technique et professionnelle de base solide pour aller progressivement vers des technologies de plus en plus variées, tout en fournissant un travail productif et compétitif.

Cf. ckn.free.fr

Objectif

L’équipe de CKN souhaiterait être soutenue dans sa stratégie de communication, dans l’objectif de promouvoir la formation technique au Cambodge, augmenter sa visibilité ainsi que toucher plus d’élèves.

Aujourd’hui, les formations techniques n’intéressent que peu les jeunes cambodgiens, qui leur préfèrent des formations théoriques (souvent de mauvaise qualité) ou l’expatriation dans le but de toucher de meilleurs salaires. Le Cambodge fait donc face à une pénurie de techniciens qualifiés.

De plus, suite à l’adoption récente d’une politique de l’ASEAN, le gouvernement cambodgien soutient certaines institutions publiques délivrant des diplômes techniques par l’octroi d’une bourse d’étude. Malheureusement, le niveau de ces formations est souvent faible.
Le CKN est reconnu auprès des institutions pour la qualité de ces formations, mais peine à se faire connaître du grand public. Ne pouvant délivrer de bourses étatiques, le centre fait face à la difficulté de trouver de nouveaux élèves.

C’est pourquoi, le CKN souhaiterait pouvoir être soutenu dans sa stratégie de communication afin de promouvoir
l’importance de la formation technique de qualité au Cambodge, et augmenter sa visibilité afin de former les futurs techniciens et formateurs cambodgiens.
La compétence est disponible localement, mais, en raison d’un budget limité, le CKN ne peut accéder aux services d’un expert en communication.

Intervention du volontaire

De formation technique, l’équipe du CKN n’a que très peu de connaissances liées à la communication. Pour l’instant, la communication autour des activités du centre se fait par un site internet créé il y a une dizaine d’années par un ami basé aux Etats-Unis (le site est actuellement en cours d’actualisation, des amis du CKN ayant décidé d’aider le centre à rendre le site plus dynamique), et quelques communications par radio et télévision, qui restent très coûteuses.

Les objectifs de cette mission seraient donc de :

1. soutenir l’équipe de CKN dans l’analyse globale de sa stratégie de communication (positionnement, objectifs,
moyens, budget, planning, …) ;
2. identifier quels médias de communication privilégier ;
3. en fonction du positionnement et des médias retenus, une formation devra être délivrée pour permettre à l’équipe du CKN de mettre elle-même en pratique la stratégie de communication choisie et créer des supports (ex : mise à jour du site web, réseaux sociaux, création de supports papier de communication, …).

2 ou 3 missions devraient être nécessaires pour atteindre ces objectifs.

La mission

Aéroport Phnom Penh

Pochentong

Transfert sur le lieu de mission

Le/la volontaire sera accueilli/e par le partenaire à l’aéroport de Phnom Penh, et sera amené/e en voiture jusqu’au centre de formation de Siem Reap Kantout (env. 45 minutes).

Condition d’hébergement et d’intendance

Au centre de formation de Siem Reap Kantout, le/la volontaire sera logé/e sur place. Une chambre avec lit simple, moustiquaire, AC et salle de bain privative, sera mis à disposition. Les repas seront pris avec l’équipe du CKN sur le lieu de formation.

Au centre de formation de Phnom Penh, le/la volontaire sera logé/e dans un hôtel au centre de la ville. Il/Elle aura sa propre chambre dans les mêmes conditions que détaillées précédemment.

Il/Elle pourra manger dans les restaurants locaux et internationaux de Phnom Penh, proches des bureaux du CKN et de l’hôtel.

Moyens mis en oeuvre

Salles de formation avec tableau, video-projecteur, connexion internet (une connexion fibre est en train d’être mise en place au centre de Siem Reap Kantout).

Il sera cependant demandé au volontaire d’apporter son propre ordinateur, le CKN n’en ayant pas de supplémentaire à disposition.

Organisation

Afin de bien comprendre la dynamique et les formations délivrées par le CKN, le/la volontaire passera ses premiers jours de mission au centre de formation de Siem Reap Kantout (25kms de Phnom Penh), puis pourra continuer la mission dans le centre de formation de Phnom Penh.

La mission ne pourra pas s’effectuer entre Avril et début Juillet.

Les bénéficiaires

Nom des bénéficiaires : Equipe dirigeante du Centre Kram Ngoy
Nombre de participants : 3
Niveau des participants : Les bénéficiaires de la formation seront le Directeur et les deux responsables des centres de formation du CKN. Seul Mr Sarouen, le Directeur du CKN, est bilingue français-khmer, mais il pourra s’occuper de la traduction. Ils ont entre 30 et 70 ans. Tous de formation technique, ils n’ont jamais reçu de formation en communication.
Formation des participants : IM Sarouen, le Directeur du CKN a un diplôme docteur-ingénieur en électronique. Les responsables des centres sont d’anciens formateurs techniques du CKN.

Cette mission est proposée par :