Céline, Volontaire en Service Civique au Laos, un pays qui lui va comme un gant

© France Volontaires Vietnam/Laos

Céline nous livre son témoignage sur son expérience de service civique auprès de Peuples et Montagnes du Mékong. Après quelques mois, elle n’a aucun regret quant à son engagement, bien au contraire. L’inattendu dépasse ses attentes.

06/03/2018

Son parcours

Après l’obtention d’un Master en Droit de l’environnement, l’idée de repartir à l’étranger s’est imposée à moi. En effet, un semestre d’étude en Argentine et un court volontariat en Bolivie m’avaient convaincue de la nécessité d’aller voir ce qu’il se passe en dehors de la France avant d’être emmêlée dans les contraintes d’un emploi « trop » stable. A l’inverse, voyager en sac à dos pour courir d’un endroit à l’autre sans vraiment comprendre et sans apporter un soutien aux initiatives solidaires ne me convenait pas.

Sa vision du volontariat

Le volontariat permet une immersion riche dans un pays, une culture et une langue. Le Service Civique à l’étranger correspondait bien à mon profil. Sur le plan financier il permet d’effectuer un volontariat pour une période de 6 mois à 1 an en étant serein.
Il n’est pas évident de trouver un volontariat lorsque l’on se lance dans les premières recherches en France. L’Asie m’attirait, mais les grandes villes surpeuplées du sud-est asiatique me faisaient peur. Le Laos s’est révélé un pays qui me convient parfaitement, dans lequel je suis arrivée en ayant par hasard trouvé une structure qui me donnait l’opportunité de partir. Cette association disposant d’un agrément de Service Civique est Peuples et Montagnes du Mékong. C’est une petite ONG créée dans le but d’apporter une prévention sanitaire et sur l’hygiène aux ethnies minoritaires du nord Laos. L’association a pour objet de soutenir les populations vivant dans la province d’Oudomxay. Elle développe plus largement auprès d’elles des activités de prévention, d’animation et de formation à caractères médical, social, scolaire et culturel.
Le terme de volontaire n’est pas anodin. Il faut de la volonté à la fois pour partir mais plus encore lorsque l’on arrive.

Sa mission

Basée à Vientiane pour les premiers mois de ma mission j’ai petit à petit pris conscience des contraintes à la fois administratives, financières et humaines qui peuvent entraver tout projet. J’ai pris le temps d’écouter les francophones qui vivent depuis longtemps au Laos. Apprendre des bases de lao pour communiquer dans la vie courante m’a aussi permis de découvrir le sourire et la bienveillance des laotiens que l’on rencontre au détour d’un temple ou autour d’un repas partagé au marché.
Finalement le projet de conservation d’espèces d’orchidées dans le parc Naturel de Phou Khrao Khouay pour lequel j’étais initialement venue n’a pas abouti. Je me suis alors recentré sur le cœur de mission de l’association Peuples et Montagnes du Mékong. Dernièrement, j’ai déménagé à Luang Prabang. Cette opportunité de découvrir une autre ville m’a permis de prendre du recul sur la capitale Vientiane qui n’est pas représentative du niveau de vie de la majorité des habitants du pays. Luang Prabang pour sa part est un écrin grâce à son classement au Patrimoine classé par l’UNESCO qui a permis de préserver un environnement largement amputé dans le reste du pays.
Mes activités pour l’association Peuples et Montagnes du Mékong sont à présent très diversifiées et me permettent de découvrir plusieurs villages en fonction des projets.
Le dispensaire de Namphouan dont l’association assure le suivi de la construction nécessite des visites officielles qui sont l’occasion de découvrir un fonctionnement administratif distinct de celui appréhendé en France. Il faut essayer de mettre en place des partenariats, échanger beaucoup et accepter que tout ne fonctionne pas comme prévu. Il faut être polyvalent, curieux et profiter des compétences de chacun pour avancer lors d’un volontariat.
Je travaille en ce moment avec des collègues de l’association sur un projet d’insertion professionnelle des jeunes sourds et muets de Luang Prabang au travers de la construction d’un garage de réparation de vélo et moto qui permettra à la fois d’assurer un emploi aux jeunes mais aussi d’œuvrer à leur intégration en dehors de l’école. En effet les personnes sourdes au Laos écopent d’une mauvaise réputation liée à des croyances religieuses leur portant préjudice dans la recherche d’un emploi. Le projet soutenu par l’association PeMM vise à autonomiser ces jeunes en leur offrant un tremplin vers la vie active. A travers cette première activité génératrice de revenus, ils valorisent leurs compétences acquises à l’école.
De leur côté, les jeunes femmes ayant fini leurs études ont désormais une possibilité de premier emploi au sein d’une boutique qui leur permet de vendre les ouvrages tissés et brodés par leur soin.

Son ressenti

Les 9 mois que je suis en train de vivre filent à toute vitesse, chaque journée est l’occasion d’apprendre tour à tour à être plus tolérante et à se remettre en cause. La patience aussi se développe quand le temps s’apprécie différemment d’une culture à l’autre. Être en dehors du tourbillon de la vie que l’on laisse en France permet aussi de se recentrer sur ses activités personnelles, la pratique de la musique pour ma part et les balades dans les montagnes environnantes. Un rythme de vie plus simple en somme, au diapason de la douceur locale, une parenthèse enrichissante pour chacun sans nul doute.

Pour en savoir plus sur l’association Peuples et Montagnes du Mékong

Pour plus de renseignements, contactez L’espace Volontariat Vietnam Laos : ev.vietnam@france-volontaires.org