Charlène volontaire en VSI avec l’association Envol Vert au Pérou

© Charlène Lainé

Charlène volontaire en VSI pour 2 ans dans la Selva avec l’association Envol Vert.
« Avant d’être volontaire...j’étais déjà volontaire (…) aujourd’hui en VSI au Pérou, hier en Service Civique en Île-de-France. »

11/07/2017

Décris-toi en quelques lignes :

Je m’appelle Charlène, j’ai 28 ans et je suis diplômée d’un Master en Gestion de projet spécialité Développement durable et local des territoires.
J’aime être dehors, regarder ce qui m’entoure et pratiquer des activités manuelles. Cela m’a beaucoup amené à voyager dans une philosophie de partage d’expériences et de rencontres. J’attache aussi beaucoup d’importance aux valeurs de protection environnementale ainsi qu’aux spécificités qui constituent les terroirs et les patrimoines.
Avant d’être volontaire...j’étais déjà volontaire. Depuis que j’ai 15 ans je suis bénévole mais je me professionnalise depuis la fin de mes études, aujourd’hui en VSI au Pérou, hier en service civique en Ile de France.

En quoi consiste ta mission ? 

Je travaille depuis le mois de juin 2016 au sein d’Envol Vert en tant que coordinatrice des projets au Pérou. Mon rôle est d’assurer que tout fonctionne bien au quotidien et de faire en sorte que nos actions aient du sens à long terme. Nous apportons notre soutien à deux projets au Pérou, chacun avec des objectifs de conservation liés à lutte contre la déforestation en Amazonie mais dans des contextes variés. Chaque projet accueille des volontaires, je me charge qu’il ait de la continuité entre eux.
En gros : beaucoup de réunions, de rencontres d’acteurs variés, de suivi de budget, de communication….et de trajet ! Parce que le Pérou c’est quand même assez vaste !

Qu’est ce qui t’as poussé à t’engager en tant que volontaire à l’étranger ? 

Je crois que ce sont mes convictions qui font que je m’investis dans le milieu associatif. Au delà des valeurs que je partage en faveur de l’environnement et de la cause humaine en générale, je préfère être actrice du changement. Travailler avec des associations m’a toujours fait me sentir utile, ça a toujours été bien plus motivant qu’un gros chèque à la fin du mois.
Pourquoi à l’étranger ? Par curiosité, par plaisir, parce que quand on veut travailler en faveur de l’environnement on a forcément envie de s’y confronter, chose difficile dans un pays qui cloisonne les espaces verts tant il manque d’espace. Aussi parce que travailler dans un autre contexte est un défi, il faut savoir trouver les mots …dans une autre langue, et ça c’est de la stimulation quotidienne qui me force à apprendre et à voir les choses autrement.
Travailler pour une association à l’étranger, c’est une manière de mêler tout ce que j’aime et de ne plus voir mon activité professionnelle comme un travail, mais comme un métier, une manière différente de mener ma vie.

Qu’as-tu découvert depuis que tu as commencé cette expérience ? 

A force de voyager-travailler, je me suis surtout rendu compte que les humains sont… des humains ! Il y en a des gentils, des pervertis, des riches, des pauvres, des marrants, des moins drôles, des fous, des passionnés et cela dans n’importe quel pays, à n’importe quelle échelle ! Avec la globalisation le constat d’un monde qui s’uniformise est de plus en plus évident. Même dans le fond de la jungle je trouve des gens avec des Iphones qui m’informent sur les dernières actualités d’Europe, quand moi française, je ne prends même pas la peine de regarder les résultats des dernières élections !
Finalement on est tous soumis à des forces, il y a ceux qui luttent, ceux qui se contentent, ceux qui profitent… Pour moi, ce sont ces catégories qui ont du sens, pas les frontières, la langue que tu parles ou le régime alimentaire que tu as.

Quelles ont été tes premières impressions une fois arrivée dans la Selva (la région de l’Amazonie) ?

D’abord la force, la puissance d’une nature qui nous dépasse complètement. On s’y sent bien parce que c’est magnifique et majestueux. Mais en même temps ce sentiment se teinte de vulnérabilité. La notre face aux centaines de choses qui peuvent nous blesser, aussi petites soient-elles comme des insectes, mais également la sienne : abattue, brûlée, dégradée la forêt souffre des attaques répétées de l’homme et de sa soif intarissable de conquête.

Quel est ton plus beau souvenir de volontariat ?

Il y en a plein, difficile de choisir !
Ici au Pérou, c’était probablement la rencontre avec les communautés natives productrices de café dans la région de Pichanaki. J’y suis allée pour repiquer des cèdres colombiens dans nos pépinières volantes et autogérées. Nous les alimentons en espèces natives de bois d’oeuvre ou de fruitiers pour leur permettre de reforester leur terrain avec des espèces qui leur apportent un revenu supplémentaire et un cadre de vie. La participation de la communauté est une valeur forte que nous essayons de motiver au maximum, les bénéficiaires décident et gèrent les pépinières selon leurs modalités, nous on conseille. Travailler comme ça, c’est beaucoup de boulot mais aussi beaucoup de plaisir. Ce jour là toute la communauté s’est mobilisée, les vieux comme les jeunes et le tout dans la bonne humeur et l’envie de partager !
Marcher dans les champs de café qui approvisionnent une partie de la planète, c’était fort et c’était beau. C’est dans ces moments là que notre engagement prend tout son sens.

Quelles actions concrètes as-tu pu mener ?

Après un an de mission la liste est plutôt longue. Le volontariat c’est un travail de tous les jours, ce sont des petites actions quotidiennes qui prennent leur sens dans le temps. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’un volontariat à long terme, on a le temps !
Au delà de ça, en mettant ma pierre à l’édifice j’ai eu concrètement le sentiment de participer à la mise en place des quelques 50 000 arbres plantés par les bénéficiaires en 2016 au Pérou, j’ai discuté concrètement avec ceux qui déboisent pour comprendre leurs motivations, j’ai passé des heures dans la forêt à inventorier, à observer, à me perdre et à partir à la rencontre de ceux qui luttent pour sa préservation.
En un an j’ai l’impression d’avoir compris un peu mieux ce qui se passe dans le monde agricole moderne, parce que les enjeux autour de la forêt Amazonienne concernent tous le monde. Aussi bien les agriculteurs péruviens qui plantent des monocultures pour la rentabilité que ceux qui définissent des prix au kilo toujours plus bas depuis l’autre bout du monde.

Un message à laisser à un français qui hésite à se lancer...

Si tu as des idées, de la motivation et que tu veux servir une cause plus grande, lance-toi ! Mais n’oublies pas de prendre la mesure cet engagement qui requiert aussi altruisme et de don de soi.

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