Coordinateur de projets de développement rural

Résumé de la mission :

Le volontaire sera chargée de :

  • l’appui technique et méthodologique à l’équipe projet dans la mise en place des activités,
  • la mise en œuvre du système de suivi-évaluation du projet,
  • de la rédaction de rapports d’activités en français et en anglais,
  • de la participation à la rédaction de demandes de financement.

La mission s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un programme de développement rural intégré mis en œuvre par le CCL dans 3 districts de la Province d’Oudomxay depuis 2012. La personne recrutée sera chargée du suivi-évaluation et d’un appui technique au projet, et sera donc basée à Oudomxay, afin d’assurer un suivi régulier des activités auprès des équipes de terrain, avec l’aide d’un interprète. Il/elle assistera la personne chargée du programme Oudomxay qui sera basée à Vientiane dès 2016.

Présentation de la structure d’accueil :

Le CCL est un acteur de terrain qui est engagé auprès de la population laotienne depuis plus de 30 ans, et particulièrement dans le domaine du développement rural dans le Nord du Laos.

Depuis 2007, ALL (Amis Lorrains du Laos), association de solidarité internationale en partenariat avec le CCL, mène des programmes de santé communautaire et d’adduction d’eau dans plus de 30 villages de la province d’Oudomxay, dans les districts de La et de Namor. A la demande des autorités locales, l’action s’est progressivement étendue et renforcée en intégrant des activités visant l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Elle a été élargie en fin 2011 à la sécurité alimentaire et à la gestion durable des bassins versants et des ressources naturelles par un projet cofinancé par ALL, Action de Carême (ONG suisse), la coopération suisse et la Fondation Ensemble.

En décembre 2013 grâce à un financement de la ligne acteurs non étatiques - autorités locales de l’Union Européenne, le programme s’est considérablement développé et étendu sur 3 districts. Ce projet est cofinancé par l’AFD depuis janvier 2015.

Problématique et enjeux :

La zone d’intervention se situe dans les montagnes du Nord du Laos, sur les districts de La, Namor et Nga dans la Province d’Oudomxay. Elle est caractérisée par un isolement relatif du fait du mauvais état des routes, et de fortes pentes entrainant un risque d’érosion. La province d’Oudomxay est marquée par l’un des taux de pauvreté les plus élevés du pays, avoisinant les 34 %. Les districts de La, Namor et Nga sont considérés comme faisant partie des plus pauvres du pays, et identifiés comme prioritaires en termes d’appui au développement.

Plus de vingt groupes ethniques y sont représentés, parmi lesquels Khmu, Akha, Hmong, Phusang, Lanten et Leu sont les principaux. Les populations vivent traditionnellement d’un système d’agriculture d’abattis-brûlis et d’élevage extensif, associé à l’exploitation forestière pour le bois, les produits non ligneux et la faune sauvage. La province est largement concernée par la relocalisation de ces communautés ethniques, plutôt disséminées dans les forêts à l’origine, en villages créés le long des routes dans les vallons. Cette dynamique, formalisée par des politiques nationales à partir de la fin des années 1980 jusqu’à présent, a conduit à une ségrégation des espaces agricoles et forestiers. Elle a ainsi pour conséquence une disparition progressive des modes traditionnels d’utilisation du territoire, qui peut être compensée par de nouveaux modes de gestion, adaptés et durables, des ressources naturelles.

De plus, une caractéristique particulière de la province est sa proximité avec la Chine, illustrée par la construction récente d’un réseau routier goudronné et l’intégration spectaculaire et très rapide des petits agriculteurs dans des filières extrêmement organisées. Négligeable il y a une dizaine d’années, la culture de maïs par exemple est aujourd’hui plus importante que celle du riz pluvial sur les surfaces ensemencées de versant. D’autres cultures menées selon un schéma industriel fortement consommateur d’intrants chimiques sont en extension. Cette évolution subite, avec des dérives dans les doses appliquées, des utilisations inappropriées menaçant aussi bien la santé des utilisateurs que la faune aquatique et la population dans son ensemble qui utilise souvent sans traitement l’eau des rivières, est dangereuse pour l’environnement et la santé humaine.

Finalités et Objectifs :

Dans le domaine de la sécurité alimentaire, le développement de la riziculture irriguée (aménagement en terrasses, systèmes d’irrigation) constitue un levier essentiel d’amélioration. Cette technique autorise en effet des rendements plus élevés et moins aléatoires que ceux obtenus en riziculture pluviale par abattis-brulis. Sur les versants où ce type d’aménagement n’est pas possible, le projet vise à promouvoir la mise en place de systèmes agricoles plus durables, associant plantes pérennes et cultures annuelles en rotation, assurant un couvert permanent des sols.

Des activités d’appui à la diversification agricole par le développement de jardins potagers, de la pisciculture, de l’apiculture et le renforcement du petit élevage sont menées en complément.

Par ailleurs, une gestion raisonnée des ressources naturelles est primordiale, tant pour la préservation de l’environnement que pour une contribution durable à la vie quotidienne des populations : des plans de gestion communautaires des espaces forestiers sont élaborés, des zones de protection pour la reproduction des poissons mises en place. En complément, le projet soutient le développement de la mise en culture de produits forestiers non ligneux à haute valeur ajoutée (galanga, cardamome). Enfin, des campagnes de sensibilisation sur l’utilisation des produits phytosanitaires sont conduites, en coopération avec l’association laotienne SAEDA (association de développement pour une agriculture durable et l’environnement), reconnue dans le domaine et partenaire du CCL sur d’autres projets.

Un autre volet essentiel du projet concernera l’appui aux organisations paysannes et le renforcement de leur structuration et de leurs capacités en termes de gestion, de commercialisation (marketing, approche filière) et de création d’activités extra-agricoles génératrices de revenus. Dans ce domaine, ainsi que sur le composant élevage du projet, le projet bénéficiera de l’expertise d’AVSF. Ce volet est d’autant plus justifié qu’il est impératif d’aider les agriculteurs à se structurer face à l’agro-business chinois.

Enfin, le volet « santé » du projet se concrétise par la mise en place de systèmes d’adduction d’eau et de latrines dans les villages ciblés. Les capacités des agents de santé communautaire sont renforcées. Des formations en nutrition sont également menées.

Pour assurer la pérennité de ses activités et dans un souci de bonne gouvernance, le projet repose sur l’implication des populations, autorités locales et structures gouvernementales dans sa définition, sa mise en œuvre et son suivi – évaluation, au travers d’une approche participative. Des ateliers de concertation des communautés villageoises seront organisés tout au long du projet. L’accent est mis sur la formation

- des agriculteurs : formations de paysans à paysans sur des pratiques innovantes et organisation de visites de fermes, approche genre ; la très bonne coordination entre le CCL et les autorités provinciales ainsi que la confiance réciproque est essentielle pour assurer la bonne appropriation du projet.

-des équipes gouvernementales : méthodes d’approche participatives, gestion des ressources naturelles, marketing, élevage, gestion de projet, …

Zone d’intervention et public concerné :

La zone d’intervention du projet est située dans les montagnes du Nord Laos, dans des villages sélectionnés de trois districts particulièrement pauvres de la province d’Oudomxay : 22 villages à Namor, 25 villages à La et 10 villages à Nga, soit un total de 57 villages. La province d’Oudomxay constitue un carrefour commercial entre le Laos, la Chine, et le Vietnam. Au total, 57 villages, soient 35 000 personnes, vont bénéficier directement du projet. Les bénéficiaires appartiennent à différents groupes ethniques : khmu (Mone-Khmer), Hmong (Hmong-Loumien), Akha, Leu (sino-tibetaine), Phusang, et Lanten.

La population totale des districts ciblés bénéficiera indirectement du projet par le renforcement des capacités des agents gouvernementaux, soit une population de 70 000 personnes environ.

Mission du volontaire :

Objectifs attendus :

Appui technique et méthodologique aux équipes de projet ; Mise à jour du système de suivi-évaluation ; Rédaction des rapports activités en anglais et en français.

Place et rôle du (de la) dans le dispositif du projet :

La personne recrutée sera en charge du suivi-évaluation, et sera donc intégrée au quotidien à l’équipe du projet à Oudomxay. Elle sera sous la responsabilité de la coordinatrice technique du projet qui sera basée à Vientiane en 2016, et travaillera en étroite collaboration avec le chef de projet laotien.

Lieu de travail, zone d’intervention et déplacements à prévoir :

Poste basé à Oudomxay avec des déplacements fréquents dans les villages d’intervention (districts de La, Namor et Nga).

Profil du (de la) candidat(e) :

Formation :

  • Ingénieur Agri / Agro ou
  • Master développement rural

Compétences clés :

  • Suivi évaluation
  • Montage de projet / Recherche de financements
  • Organisation

Langues :

  • Français et anglais

Conditions :

Contrat de Volontaires de Solidarité Internationale (VSI) signé avec France Volontaires. Voir conditions sur :

http://www.france-volontaires.org/-Volontariat-de-solidarite-internationale-VSI-

Date de début de mission : Mars 2016

Durée de la mission : 24 mois

Candidatez  :

Lettre de motivation et CV à envoyer à : candidatures@france-volontaires.org

Indiquer en objet de votre mail : « Mission 7L1045 – CCL - Laos »

Cette mission est proposée par :