Gabrielle, VSI à l’espace d’art Le Cube à Rabat au Maroc

© Espace Volontariats Maroc

Gabrielle est en mission de volontariat de solidarité internationale à l’espace d’art Le Cube, depuis août 2015. Elle nous raconte son parcours et sa mission.

18/07/2017

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je m’appelle Gabrielle, j’ai 29 ans, et je travaille dans l’espace d’art « Le Cube » à Rabat depuis août 2015 – d’abord en tant que stagiaire, puis maintenant avec le statut de volontaire.
Après deux licences en histoire de l’art et en histoire du cinéma, j’ai étudié la photographie pendant 5 ans à La Cambre à Bruxelles. Mon diplôme en poche, j’ai eu envie de travailler dans un centre d’art, pour voir comment les choses prenaient forme « de l’autre côté du rideau ». C’est comme ça que j’ai rejoins pour 6 mois l’équipe de La Centrale – galerie powerhouse, un centre d’art féministe à Montréal.
Je me suis alors rendue compte que travailler dans un espace d’art contemporain me correspond totalement, car les tâches sont très diversifiées et allient à la fois administration et création d’une part, et relations publics, travail d’équipe et autonomie d’autre part.
Désireuse de me former dans cette voie, j’ai intégré un master ‘Métiers de l’exposition’ spécialisé sur les théories postcoloniales – et à la fin duquel j’ai effectué ce stage au Cube.

Quel est ton projet de vie ?

Travailler dans le champ des arts contemporains, et notamment à la valorisation des récits alternatifs par le biais de l’exposition.
Les arts sont un riche liant social et un excellent moyen de s’interroger sur des problématiques sociales, culturelles et politiques actuelles et contextualisées. Seulement son accès reste limité, donc l’un de mes projets est de créer des réseaux de diffusions pour que les publics dits éloignés puissent prendre part dans ce « penser ensemble ».
Mon autre projet est de valoriser les pratiques artistiques extra-occidentales et d’une manière plus globale les pratiques des artistes femmes. Je me suis rendue compte que durant mes 9 premières années d’études, alors que nous avions entre 5 et 15h d’histoire de l’art par semaine, nous ne parlions que des artistes européens et nord-américains, qui dans la majeure partie des cas étaient des hommes.
Si de plus en plus de théoriciens et curateurs tentent de rééquilibrer la balance, il y a encore beaucoup de chemin à faire…

Quelles ont été tes motivations pour partir en tant que volontaire ?

Ma motivation principale était de pouvoir prolonger mon investissement au sein du Cube – independent art room.
En effet, si je suis initialement venue pour un stage de quatre mois, je me suis rapidement rendue compte de l’incroyable moteur qu’était Le Cube, et de ses riches potentialités. Elisabeth Piskernik, la directrice de la structure, a également vu les changements et souhaitait continuer à les encourager : plus d’expositions, plus de visites, plus d’événements, plus de débat, un plus grand rayonnement… Ainsi le volontariat a été la structure parfaite pour que je puisse rester !
En parallèle, mon expérience au sein du Cube était – et est toujours - extrêmement formatrice ; Elisabeth Piskernik est une personne très généreuse qui me fait totalement confiance. C’est véritablement l’espace idéal pour acquérir une expérience et une place professionnelle à laquelle je ne pourrais pas prétendre en Europe.

Pourquoi as-tu choisi le Maroc ?

En mars 2013, alors que j’étais en master photographie à Bruxelles, nous avions participé à un workshop composé de conférences et d’une résidence artistique à la Cinémathèque de Tanger. Cela avait été un mois très intense, riche en rencontres, débats, apprentissage. Un mois qui était toujours dans le coin de ma tête.
Aussi le Maroc m’est rapidement apparu comment l’espace idéal pour effectuer mon stage de fin d’études. Je souhaitais en effet reprendre contact avec les personnes que j’avais rencontrées ici, tisser de nouveaux liens et prolonger les rencontres et débats initiés.

Avec quelle structure travailles-tu ? Peux-tu présenter ta mission en détails ?

Je travaille avec « Le Cube – independent art room », un centre d’art indépendant basé à Rabat. Comme nous ne sommes que deux investies dans l’espace, ma mission est très variée et prend forme autour de trois axes majeurs :

  • la médiation culturelle à travers des visites d’exposition et des ateliers scolaires dans des écoles de Salé ;
  • le suivi de jeunes artistes marocains, à travers des soutiens administratifs (conception de portfolio, écriture de texte, appels à candidature, mise en réseau), réflexifs (apports d’outils théoriques, rencontre avec des acteurs culturels et universitaires) et techniques (production d’œuvres, évaluation des besoins, suivi avec les fournisseurs) ;
  • la mise en place de la programmation du Cube et la gestion des différentes étapes de chaque projet (levée de fonds, suivi des artistes, production, exposition, communication, médiation,…)

Que signifie le volontariat pour toi ?

Le volontariat pour moi c’est investir de mon temps et de mes compétences pour soutenir le travail et les objectifs d’une association. Plongé dans un contexte nouveau, le volontaire acquière alors des compétences inédites pour lui, au niveau professionnel et personnel. Être volontaire, c’est également savoir analyser et comprendre le cadre dans lequel on évolue afin que toutes les parties puissent avancer de concert.

Peux-tu décrire en trois mots ton expérience de volontaire ?

  • Échanges et rencontres
  • Formation
  • Enrichissements et évolutions​

En savoir plus sur le Cube

Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats Maroc : ev.maroc@france-volontaires.org