Jérôme, au Bénin : "Cet engagement n’est pas ce à quoi on s’attend. Peut-être pensons-nous partir en voyage humanitaire. Mais nous ressentons, apprenons, grandissons. Finalement, humainement, c’est nous qui y gagnons le plus !"

Qui es-tu ?

Portrait Chinois : Si tu étais…

  • Un personnage célèbre : Gandhi
  • Un animal : La Chouette Harfang
  • Un objet : Un crayon
  • Un plat : Des lasagnes (c’est bon les lasagnes)
  • Une couleur : Vert
  • Une chanson : Time – Pink Floyd
  • Un film : The Wall – Pink Floyd
  • Un livre : Les rêveries du promeneur solitaire J.J Rousseau
  • Un sport : Kung fu
  • Un métier : Directeur de centre culturel
  • Un mois de l’année : Avril
  • Un proverbe : Si vous voulez savoir la vérité, écoutez les fous ! (Proverbe africain)

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement en service civique ?

Le hasard, un peu, car je finissais mon contrat en décembre 2017, je comptais entreprendre une formation, mais, les financements n’étaient pas encore votés, donc, on m’a proposé en attendant ce service civique.
Étant curieux, et ayant la volonté de voyager, je me suis dis : Pourquoi pas ?

Que faisais-tu avant de partir en service civique ?

J’ai fait des études en arts appliquées que j’ai interrompu.
Ensuite, j’ai fait des formations pour rencontrer différents milieux professionnels susceptibles de me plaire. En 2014 j’ai passé un BAPAAT (diplôme dans le métier de l’animation d’activités ludiques, artistiques et sportives.)
En 2015, j’ai voyagé au Niger, où j’ai été stagiaire au Centre culturel Franco-Nigérien Jean Rouch.
Une fois rentré en France (pour cause sanitaire) j’ai été auxiliaire de vie scolaire dans une école avec des enfants atteints d’autisme durant deux année (2016-2017).

La mission

Quelles actions as-tu réalisé jusqu’à présent ?

Aujourd’hui (soit 8 jours avant mon départ), j’ai pu faire de nombreuses choses :
Tout d’abord, j’ai commencé à l’ONG ASEP (action sociale pour l’éradication de la pauvreté) où j’ai pu participer à plusieurs missions :
J’ai pu aller à Adjarra pour un don de matériel et outils agricoles aux femmes maraichères de la commune et j’ai rencontré le maire de la Commune M. Michel Hounga.
J’ai aussi participé à un don d’habits et de matériel pour nouveaux nés à des jeunes mères.
J’ai pu visiter le foyer Oasis, un centre d’accueil pour des jeunes filles victimes de violences, d’abus sexuels ou d’abandon. En rencontrant la responsable du foyer Edmée, elle a pu m’expliquer comment le foyer aide les jeunes filles à accéder à l’éducation et à apprendre un métier.
L’ONG ASEP m’a aidé à trouver un centre culturel pour effectuer la plus grande partie de mon stage.
Notre choix s’est arrêté sur le centre Ouadada à porto Novo.
J’ai donc commencé mon stage au centre culturel Ouadada le 13 mars.
À Ouadada, j’ai pu effectuer beaucoup de graphisme (tels que des flyers, affiches, badges, ou dépliants) ayant des prédispositions sur le logiciel Adobe Photoshop.
J’ai pu être formé au logiciel Adobe InDesign pour réaliser la mise en page d’un livre de conte et du programme d’un festival artistique.
J’ai aussi été formé au logiciel Adobe Première, avec lequel j’ai pu réaliser le montage de vidéos.
J’ai créé un outil de gestion de stock sur le logiciel Excel.
J’ai pu travailler dans un chantier de rénovation de la place vodùn avec l’artiste béninois Zount. J’ai, à l’aide d’une disqueuse, découpé des morceaux de pierre pour créer une œuvre sur la place, j’ai aussi pu assister les maçons et les ferronniers.
Lors de la semaine des dialogues en humanité au Bénin, j’ai eu l’occasion de participer à un atelier numérique avec le réalisateur suisse Franck Na avec qui j’ai appris à concevoir un scénario participatif, à réaliser des dessins de story, j’ai aussi réfléchi à la construction et les lumières des plans à filmer, à comprendre et manier une caméra professionnelle, à enregistrer des sons et des musiques, assister au montage, et j’ai même essayé de me prendre au jeu d’acteur. Nous avons fini par créer un court métrage.
Je suis allé quelques fois au centre d’art-thérapie de l’artiste photographe Louis Oké Agbo. C’est un centre qui accueille des personnes atteintes d’autisme, de trisomie ou de dépression. J’ai pu parler aux patients, prendre l’interview de certains et même dessiner avec eux. Ces moments ont été riches d’apprentissage, car, c’est un domaine très intéressant, mais encore trop méconnu du plus grand nombre.
Le dimanche 25 mars, j’ai participé à organiser à l’Institut Français les « foulées solidaires ». Des étudiants, personnes atteintes de handicaps et des civils ont réalisé une course dans Cotonou. J’ai participé à préparer le matériel (maillots, boissons, épingles…) et à retranscrire le classement dans Excel.
Dans le cadre de la semaine de l’Europe, j’ai participé à tenir le stand France Volontaires. Mon rôle a été de guider les personnes, les informer sur le volontariat, et aussi de serrer beaucoup de mains !

Peux-tu citer les compétences acquises au cours de ta mission de volontariat ?

J’ai pu acquérir de nombreuses compétences :
Dans des logiciels tels que InDesign, Première ou encore Excel.
Dans le domaine de la culture, la gestion du centre et de ses projets.
Dans le domaine humain, car j’ai rencontré beaucoup de gens, et d’artistes, que ce soit de simples visiteurs ou des acteurs dans les actions du centre.
Personnellement, dans ma façon d’appréhender les choses, les gens…
Beaucoup de choses que je pensais savoir se sont vues inutiles voir fausses ici.

Quelles ont été les difficultés rencontrées (techniques, humaines, intellectuelles etc.) ?

Mes quelques difficultés ont été :
L’intégration, car il est difficile de se faire voir autrement qu’un blanc, forcément riche.
Les moustiques, qui, se sont assez acharnés à me dévorer ! (rires)

Quelles sont selon toi les trois qualités essentielles pour devenir volontaire ?

Selon moi, les 3 qualités essentielles qu’un volontaire doit avoir sont :
L’ouverture à la nouveauté, aux changements, et aux autres.
La curiosité et l’envie d’en apprendre plus, car nous arrivons dans un pays où l’on ne connaît quasiment rien.
La persévérance car certaines situations imprévues peuvent démoraliser, mais il faut savoir profiter de cette expérience au mieux.

Si tu devais promouvoir l’engagement citoyen à l’international en une phrase…

Cet engagement n’est pas ce à quoi on s’attend. Peut-être pensons-nous partir en voyage humanitaire. Mais nous ressentons, apprenons, grandissons. Finalement, humainement, c’est nous qui y gagnons le plus !

Culture

Quelles sont les plus grandes différences entre la France et le Bénin ?

Les différences culturelles qui m’ont le plus marquées sont :
Les rues. Que ce soit par leur état de saleté, le fait d’être bitumées, pavées ou juste un chemin de terre, et par la vie qu’il y règne avec tous les marchands de rue, les zems (taxi moto) et la circulation quasiment entièrement sur 2 roues.
Le rapport au temps ! Ici, le fait de se presser n’existe pas ! Chacun prend son temps, on ne se stresse pas pour être à l’heure au travail ou à un rendez-vous ! J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter étant très ponctuel, je n’ai réussi qu’à la fin de mon séjour à être régulièrement en retard ! (rires)
Un standard de confort très différent qu’en Europe. Dans le nord du Bénin, l’accès à l’eau potable est très difficile et beaucoup souffre de la Polio. Dans les villes comme Cotonou ou Porto Novo, il est fréquent d’avoir des coupures de courant. L’accès à l’informatique et à Internet reste très difficile et est souvent réduit aux institutions. L’accès aux soins est cher et souvent impossible pour la partie la plus pauvre de la population (ce qui créer par ailleurs un trafic de faux médicaments peu chers). Énormément de choses peuvent être négociées ! Des aliments au marcher à la course en zem !
Les gens sont pour la plupart ouverts, aiment parler et sont curieux, il est facile de rencontrer et de créer une relation avec les béninois, car je les trouve plus accessible que les français.

Quel est ton souvenir le plus fort ?

Mon souvenir le plus fort est les deux jours que j’ai passé à Ganvié (le Venise Béninois) qui est une ville sur pilotis où chaque personne se déplace en pirogue. C’est une ville assez étendue, très belle, et surtout très calme.

Et après ?

Quels étaient tes projets post-volontariat avant de réaliser ta mission ? Ont-ils évolué suite à ton service civique ?

Avant mon service civique, je comptais réaliser deux formations. Tout d’abord un BP JEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) animation culturelle et ensuite un des DE JEPS animation culturelle.

Selon toi, qu’apporte un service civique à l’international dans un parcours de vie (insertion professionnelle…) ?

Selon moi, et je parlerais (enfin, j’écrirais) d’ailleurs pour moi ! Le service civique à l’international m’a apporté un nouveau point de vue sur les choses (une façon de voir différente), d’essayer de me concentrer sur ma vie, suivre mes projets et motivations sans bloquer sur mes soucis. Voyager en Afrique aide à relativiser.
La quasi-totalité des gens n’ont qu’un confort de base (un toit, de quoi manger et boire) et ne sont pas plus malheureux que les gens que je côtoie en France.
Je pense que si je dois retenir quelque chose, c’est qu’il est bien de vivre avec peu, vivre dans le partage et la générosité et accumuler tous les savoirs à notre portée.

Un conseil à donner aux futurs volontaires ?

Soyez curieux, osez rencontrer, demander et découvrir ! Il y a de magnifiques choses à apprendre et à voir, et 4 mois, ça reste assez court pour se remplir de toutes ces belles choses !

Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats Bénin : ev.benin@france-volontaires.org