Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères soutient et encourage le volontariat à l’international

A l’occasion de la Journée Internationale des Volontaires, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a hébergé le Forum des Acteurs et des Initiatives de Valorisation des Engagements (FAIVE), organisé par France Volontaires, sur le thème : « Le volontariat, levier d’un parcours d’engagement », et le colloque, organisé par la DCC, dans le cadre de ses 50 ans : « A la rencontre du monde : l’avenir du volontariat en débat ». Le sondage, réalisé par Opinionway pour France Volontaires et Courrier International "Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international" y a également été dévoilé.

03/01/2018

La Journée Internationale des Volontaires a été, pour la première fois, fêtée au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le 5 décembre dernier. L’occasion d’envoyer un signal fort des pouvoirs publics en faveur du volontariat à l’international.

Le FAIVE : « Le volontariat, levier d’un parcours d’engagement »

Jean-Daniel Balme, Délégué général de France Volontaires a introduit le temps dédié au Forum des Acteurs et des Initiatives de Valorisation des Engagements (FAIVE) par l’annonce des résultats de l’enquête "Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international ». Réalisé par Opinionway pour France Volontaires et Courrier International, ce sondage révèle qu’un tiers des Français aimerait s’engager pour une cause solidaire à l’international, près de 79 % des Français pensent que le volontariat est une réponse aux enjeux de solidarité et 77 % qu’il s’agit d’une opportunité d’ouverture aux autres cultures. 

Puis, le FAIVE s’est concentré cette année sur le thème "Le volontariat, levier d’un parcours d’engagement". Durant ce temps, Marie-Victoire Bouquet a détaillé les "Ressorts individuels et conditions organisationnelles de l’engagement", en s’appuyant sur le cas des bénévoles de l’Association Emmaüs.

Puis, France Volontaires, Etudiants & Développement et Solidarité Laïque ont co-animé un temps d’échanges de pratiques de valorisation. Les porteurs d’initiatives des trois dispositifs d’engagements volontaires (FAIVE), étudiants (PIEED) et de professionnels de l’éducation (PESI) ont partagé leurs expériences et mis en perspective leurs pratiques de valorisation. 

Educasol a présenté le livret "Intégrer l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) dans l’accompagnement d’une expérience de volontariat à l’international". rédigé avec France Volontaires, suite à une démarche de capitalisation co-pilotée par les deux structures. Ce guide s’adresse aux accompagnateurs dans le champ de la solidarité internationale. Il a pour objectifs de : présenter et valoriser les pratiques des associations impliquées dans le processus ; partager les enseignements issus des échanges de pratiques en direction de praticiens ; permettre à d’autres organisations de clarifier cette articulation et les inspirer ; infuser ce lien dans les pratiques d’accompagnement de volontaires, avant, pendant et après la mobilité internationale ; nourrir la dimension de parcours d’engagement ; impulser une culture collective sur la base de cette articulation entre EVSI et ECSI.

Michel Sauquet a clôturé cette demie-journée, comme à son habitude, lors de la rencontre annuelle du FAIVE.

En attendant les Actes annuels du FAIVE, vous trouverez en dessins les moments forts de cette première partie, signés Aline Rollin !

L’intervention de Jacques Godfrain, Président de France Volontaires

"Beaucoup de jeunes trouvent dans le volontariat une raison d’être" a introduit Jacques Godfrain, Président de France Volontaires. "La réponse était autrefois dans la diplomatie et aujourd’hui elle est dans les jeunes hommes qui y cherchent leur voie". Le monde bouge et les lignes traditionnels qui inscrivent le volontariat dans une relation habituelle nord-sud, aussi. Aujourd’hui se développent des engagements réciproques, laissant la place à un engagement moderne : du sud vers le nord. "Nous avons la chance en ce début de 21ème siècle d’innover dans les relations humaines, de jeunes en particulier, qui vont s’apercevoir que leur vécu peut servir à d’autres et ce dans les deux sens. France Volontaires, ses membres et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères accompagnent, encouragent et développent cette tendance".

3 questions à Jacques Godfrain :

Que représente la Journée internationale des Volontaires et pourquoi la célébrer au ministère cette année pour la première fois ?

Le volontariat est désormais un des piliers de la France. Le Général de Gaulle l’avait initié au moment de l’indépendance, en 1963, avec la création de l’Association Française des Volontaires du Progrès. Tous les gouvernements l’ont encouragé depuis lors, jusqu’à l’actuel président de la République qui l’a évoqué dans son discours de Ouagadougou. L’accueil de la Journée Internationale des Volontaires, par le quai d’Orsay révèle le choix de la politique française de développement.

Qu’est-ce qu’un volontariat de solidarité internationale apporte à celui ou celle qui a décidé de s’engager ? Et à nos sociétés ?

Le volontariat apporte à celui qui le pratique ou à la population qui le soutient, l’idée que le rapport avec l’autre n’est strictement pas financier ou marchand. Il prouve que les relations humaines sont aussi basées sur la manière de donner et celle de recevoir. Les jeunes et les moins jeunes parlent souvent de vouloir changer le monde. Le volontariat leur en donne l’opportunité.

Les mobilités croisées ont été évoquées par le chef de l’Etat récemment. Quelles réponses France Volontaires et ses membres apportent-ils concrètement au désir d’engagement des jeunes hors de nos frontières ?

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a parlé fort à propos des mobilités croisées. Cela prouve à quel point il est attentif aux initiatives que France Volontaires a prise en ce domaine. L’idée est simple : le monde ni d’aujourd’hui ni de demain ne peut être basé sur des rapports dominants-dominés. Au contraire il est fait de relations équilibrées qui font profiter toutes les parties de la planète, des expériences positives des autres et réciproquement. C’est l’honneur de la France que d’avoir initié et développé ces nouvelles relations humaines.

L’intervention du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Laurent Bili, directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères depuis juillet 2017, a confirmé le soutien de l’Etat au volontariat à l’international, dans toutes ses formes : "Accueillir cet événement, c’est reconnaître l’apport des organisations de la société civile et en particulier des volontaires, de tout âge et de toute origine, en matière de développement et de solidarité internationale." L’Etat encourage ainsi le développement de l’engagement à l’international car :

  1. Le volontariat est pour la France une composante essentielle de sa politique de mise en œuvre de l’Agenda 2030"
  2. La mobilité et le volontariat, stratégiques pour associer les citoyens à la politique de développement et au renforcement des sociétés civiles. Grâce au soutien de l’Etat, 3 000 volontaires partent dans plus de 90 pays par an, en VSI, chantiers de jeunes ou autres dispositifs. Ce chiffre se veut crescendo, notamment en incluant une jeunesse ayant moins d’opportunités pour s’engager.
  3. Le volontariat dépasse les missions du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en faveur d’un mieux-vivre ensemble en France et est une expérience formative, notamment pour les jeunes.

"Clé de compréhension d’un monde « global » sur une planète où les enjeux locaux peuvent affecter de plus en plus d’individus issus de territoires parfois éloignés de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. L’ouverture sur le monde et la sensibilisation à la solidarité internationale sont aussi des vecteurs d’intégration de nos compatriotes issus des migrations." affirme-t-il.

En résonance au souhait de "mobilité croisée" du Président de la République Emmannuel Macron, évoqué dans son discours à Ouagadougou quelques jours auparavant, la deuxième rencontre du Collectif International des Acteurs du Volontariat International de Réciprocité confirme la forte demande de faire évoluer les dispositifs classique d’engagement à l’international, au sein de relations multiples, cassant le schéma traditionnel. 

Le colloque : "A la rencontre du monde : l’avenir du volontariat en débat"

La Journée Internationale des Volontaires s’est poursuivie avec le colloque organisé par la Délégation Catholique pour la Coopération, dans le cadre de ses 50 ans, ouvert par son Président, Arnoult Boissau.

"La DCC a été créée en novembre 1967 par l’Église en France, à la demande de l’État dans le cadre du service national en coopération créé par une loi de juillet 1965. Depuis, la DCC a envoyé près de 20 000 volontaires dans le monde, autant de visages de la France envoyés de par le monde. La DCC est aujourd’hui la première association française d’envoi de VSI (Volontaires de Solidarité Internationale). Cela induit des relations fortes de travail avec l’État, et plus particulièrement le ministère de l’Europe et des affaires étrangères" introduit-il.

"Aujourd’hui, la DCC accompagne chaque année près de 500 volontaires dans le monde, dans environ 50 pays, pour et avec plus de 150 partenaires locaux. Plus de 200 volontaires sont envoyés en mission chaque année, longuement formés avant leur départ, pour mettre leurs compétences au service des plus pauvres, en réponse à un besoin exprimé par un partenaire local et avec le souhait du volontaire de vivre avec la population. Et ce, sur le large éventail des ODD, Objectifs de Développement Durables. La DCC est très empreinte d’une vision portée par l’Eglise de « développement humain intégral », signifiant qu’au-delà des seuls indicateurs économiques nous devons contribuer au développement « de tous les hommes et de tout l’homme », ce qui signifie prêter attention à toutes les dimensions : économique, sociale, physique, matérielle, culturelle, intellectuelle, spirituelle. (...) Comment considérer aujourd’hui le développement, notion tributaire du contexte de sa naissance dans les années 60… En quoi notre modèle de volontariat est-il toujours pertinent, à qui sert-il… alors que nous sommes dans un contexte où les précarités sont toujours criantes au Sud, mais aussi au Nord, et qu’il y a urgence pour prendre soin de notre maison commune… S’il fallait l’inventer aujourd’hui, à quoi ressemblerait le volontariat de solidarité internationale ?"

Le thème "A la rencontre du monde : l’avenir du volontariat en débat" a ainsi été abordé par deux angles : "A qui sert le volontariat de solidarité internationale ? et "Le volontariat au défi de la transition écologique et solidaire".

Jean Merckaert, rédacteur en chef de la Revue Projet, Vincent de Féligonde, chef du service économie de La Croix, Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence Française de Développement, Elena Lasida, économiste et sociologue, Marc Ona Essangui, Président de l’association Brainforest (Gabon), Édith Heurgon, codirectrice du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, Patrick Viveret, philosophe, ancien conseiller à la Cour des Comptes, Anne Panel, directrice de l’association Fert et Julien Vidal, fondateur de « Ça commence par moi » ont alimenté ses discussions riches, aux problématiques variés.

Guillaume Nicolas, Délégué général de la DCC a conclu cette seconde partie en rappelant les fondamentaux : "l’humain est le premier levier de développement. Le volontariat n’est pas qu’une aide technique, ce qui le rend pertinent c’est la rencontre humaine désirée de manière réciproque, pour agir en faveur d’un meilleur développement. Un développement qui n’est pas qu’économique mais qui offre à l’homme, à toutes et à tous, de meilleures conditions de vie, de santé, d’éducation, d’épanouissement… en somme, une plus grande dignité. La réflexion autour du développement traverse nos organisations, mais quoi qu’il en soit, il nécessite plus que jamais une éthique exigeante que le volontariat de solidarité international permet, parce qu’il s’inscrit sur un temps long." 

Revivez la Journée Internationale des Volontaires 2018 sur Twitter : #JIV2017 #IVD2017 #50ansDCC