Paul, à Madagascar : "Saisissez cette opportunité, s’engager à l’étranger c’est une vraie chance."

Qui es-tu ?

Peux-tu te présenter en 4 mots ?

  • Enthousiaste
  • Impliqué
  • Gourmand
  • Indécis 

Pour quelle raison ce projet d’engagement en Service Civique ?

Pour plusieurs raisons ! D’une part, j’avais besoin de faire une pause dans mes études pour me chercher, prendre le temps de réfléchir à mon avenir. Et d’autre part, j’ai toujours eu envie de m’engager, c’était dans mes projets depuis longtemps. L’occasion se présentait, alors j’ai sauté dessus. J’ai cherché des missions à l’étranger, pour sortir de mon cadre de vie afin de faciliter ma réflexion et m’ouvrir à une autre culture. 

Quels objets as-tu apportés avec toi et pourquoi ?

  • Une demi-valise de médicaments qui ne m’ont quasi pas servis (merci Maman de t’inquiéter quand même), ils resteront à Madagascar comme ça ils serviront à quelque chose.
  • Une photo de René Coty car « c’est notre Raïs à nous, un grand homme. Il marquera l’Histoire. Il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Marocains et les Sénégalais… c’est donc mon ami !! » C’est une photo que m’a offert un ami comme porte-bonheur car j’adore les films OSS 117.
  • Un bon vieux portable à clapet bien amoché, pour ne pas se faire voler son téléphone… Mais bon, ça n’a pas vraiment marché…
  • Une enceinte Bluetooth parce que la musique c’est quand même vachement important pour moi.
  • … et des kilos en trop que j’ai réussi à laisser à Madagascar. Et que j’espère ne pas récupérer en France !!

L’interculturalité

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

Quand on arrive à Tananarivo, on est tout de suite mis dans l’ambiance de la capitale. Circulation, pollution, sifflets des agents de police, des commerces, des échoppes des gargottes, des déchets, des odeurs, du bruit… Tananarivoest une vraie fourmilière. On en perd ses repères, la capitale malgache donne l’air d’un vrai labyrinthe. On se fait souvent apostropher dans la rue par les passants : « Vahaza, Vahaza !!! » (étranger !). L’ambiance est assez étouffante au début, mais on s’y fait.

Ce sont mes toutes premières impressions, mais je trouve qu’on s’habitue très vite, à la vie à Madagascar ! Mais Tananarivo est une ville qui demande tout de même du temps pour être appréciée et domptée.

Quelles sont les différences qui t’ont le plus marqué entre la France et Madagascar ?

Beaucoup de choses sont différentes à Madagascar tant au niveau traditionnel, sociétal, économique que des apparences.

Par exemple on peut voir des des centaines de vieilles voitures dans les rues de Tananarivo ! 2CV et 4L sont encore en circulation, ceux sont des taxis alors qu’en France ce sont des voitures de collections !

Le rapport à l’argent, l’Ariary, la devise malgache est très basse par rapport à l’euro. Et le coup des aliments, des produits industriels, des transports n’est pas du tout le même. Un trajet de 200km en taxi-brousse équivaut à une course de taxi dans la capitale, environ 10 000 Ar = 3€50 ! Les repas au restaurant et dans les gargottes sont beaucoup moins chers quand France, du coup je me suis pas privé…

J’ai été touché par les problèmes environnementaux de Madagascar. En effet, on a l’impression que les dérèglements climatiques sont beaucoup plus marqués qu’en France. De manière générale, la saison des pluies a été assez courte et avait un retard de deux mois. Les forêts endémiques malgaches ont disparu à grand pas laissant place aux brulis forestiers, aux repousses incontrôlées des Eucalyptus et d’arbres du voyageur... Mais le problème de Madagascar à ce sujet n’est pas que environnemental, il est aussi socio-économique car des familles vivent de l’exploitation des forêts et de la production de charbon.

La mission

Quelles sont les actions que tu as réalisées pour le moment ?

J’ai rencontré pas mal de volontaires dans l’environnement, le développement et l’agriculture. J’ai été avec eux quand c’était possible, j’ai réalisé leurs portraits. J’ai été en déplacement dans une réserve forestière pour faire du recensement de lémuriens nocturnes et pour les nourrir, j’ai pu aussi y découvrir la biodiversité malgache. J’ai été dans plusieurs associations à Antsirabé : au programme Reboisement, potager avec les enfants, découvertes de la productions d’huile essentielles mais également de la rizi-pisciculture, visites de Ferme laitière et tâches agricoles diverses. J’ai pu participer un peu à l’organisation de la Rencontre Annuelle de Volontaires qui s’est déroulé le dernier week-end d’avril.

Au cours de ta mission de volontariat, quelles sont les trois compétences que tu as acquises jusqu’ici ?

Grâce à mon volontariat à Madagascar, j’ai appris à relativiser sur les choses, à ne plus me prendre la tête et à faire des choix et les assumer.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?

Le temps ! La gestion de temps est compliquée et 4 mois de séjour à Madagascar, ça passe extrêmement vite. J’ai surtout été confronté à ce problème lors de mon déplacement de 2 semaines à Antsirabé. A causes d’imprévues, je n’ai pas pu faire tout ce que j’avais prévu, c’était frustrant car je savais que mon temps là-bas était limité et que je ne pouvais rien faire pour surpasser ses imprévues. Ma conception du temps a un peu changé : la notion du temps n’est pas la même pour tous, certaines choses peuvent être repoussées à plus tard et cela peut être frustrant.

En tant qu’Ambassadeur de l’engagement citoyen à l’international, quelles sont selon toi les trois qualités essentielles pour devenir volontaire ?

  • Dynamique : prendre des initiatives et rebondir sur les difficultés.
  • Curieux et observateur : pour ne rien louper.
  • Sociable : parler aux gens ! Parce que c’est le plus important !

Si tu devais promouvoir l’engagement citoyen à l’international en une phrase…

Saisissez cette opportunité, s’engager à l’étranger c’est une vraie chance, tous les jeunes du monde ne l’ont pas ; on en sort grandit !

Et après ?

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Après mon volontariat, je vais reprendre mes études, finir une licence de Géosciences.. Je vais me remettre à mes passions : à la musique et à la courses à pieds aussi. Je compte bien repartir à l’étranger, il y a tellement de choses à découvrir, et ça fait vraiment réfléchir.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Quand on parle avec des personnes de cultures différentes, la meilleure méthode reste quand même de s’asseoir autour d’une table (dans une gargotte pour Madagascar) et de discuter autour d’un verre et de brochettes !


Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats de Madagascar : ev.madagascar@france-volontaires.org