Volontariat de réciprocité : parole à Safwen, volontaire tunisien

02/05/2016

Découvrez le témoignage de Safwen, volontaire de réciprocité en Service Civique à Caen.

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je viens de Tunisie, de la région de Sfax. J’ai terminé mes études de master en marketing touristique en Novembre 2013 et je danse depuis fin 2003. J’ai une carte d’artiste professionnel en Tunisie. Je fais du breakdance et je participe, avec mon groupe Urban Bboys, depuis 2011 à des événements internationaux. J’ai participé à des compétitions en France, en Allemagne, en Belgique et en Estonie.

En effet, après avoir fini mes études, j’ai choisi de m’investir encore plus dans ma passion pour cette discipline. Mon amour de la danse avait toujours une place beaucoup plus importante dans ma vie !

À travers l’association artistique et culturelle « Urban Culture » dont j’étais président pendant deux ans, j’ai organisé un événement par an dans le but de promouvoir le breakdance en Tunisie ainsi que les différentes valeurs de la culture Hip Hop.

J’ai rencontré le groupe SNT de Caen (Style & Technik), l’association dans laquelle je travaille actuellement, lors de la première édition de « Jam Session » en 2014. La deuxième édition a eu lieu en novembre 2015 en Tunisie à laquelle SNT a également participé. On croit au principe de l’échange et de la culture.

En Parallèle j’ai découvert le service civique en 2015 et je me suis renseigné sur le sujet. Étant en bon contact avec Paul du groupe SNT, je lui ai demandé s’il connaissait ce programme. Il s’est renseigné aussi et a il a apprécié l’idée. On a lancé directement les procédures avec les structures concernées :

Je suis donc actuellement volontaire en service civique avec l’association SNT. C’est vraiment idéal pour moi d’évoluer dans un environnement comme celui-là : à SNT, ils sont tous jeunes et très bien organisés, je suis en train d’acquérir beaucoup de connaissances et de nouvelles compétences en termes d’organisation, de savoir faire, de savoir-être aussi.

Quelle est ta mission en tant que volontaire ?

Ma mission principale est l’élaboration d’un mémoire qui retrace l’historique du breakdance à Caen depuis son apparition. C’est une mission qui demande beaucoup de travail de recherche. D’ailleurs, je suis actuellement en train de faire le maximum d’interviews possibles avec les différents artistes ainsi que les acteurs du mouvement afin d’avoir des éléments de réponse efficaces pour les différentes thématiques du mémoire notamment l’apparition du break à Caen et son développement.

En effet, 80% de mon temps est consacré pour l’élaboration du mémoire, le reste du temps est consacré à l’accompagnement de différentes activités de l’association notamment, l’organisation des événements, les réunions et la mise en place des stages.


Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

A mon arrivée, j’ai été très bien accueilli par l’association SNT, son groupe de break ainsi que tous les proches et les bénévoles de l’association. J’étais en bon contact avec SNT depuis plus d’un an, nous avions travaillé sur des projets ensemble, j’avais l’habitude de voyager et surtout je connaissais déjà la ville de Caen dans le cadre des échanges qui existent entre nous : je me suis donc senti très vite bien intégré !C’est plus facile de s’intégrer avec des gens que tu connais et avec qui tu partages les mêmes valeurs ! C’est exactement ce que j’ai vécu. Je suis très content d’ailleurs d’avoir l’opportunité de m’engager en service civique avec SNT. C’est grâce à eux que je me sens bien aujourd’hui ! Je suis tout simplement très bien entouré.

Quelles sont les différences qui t’ont le plus marqué entre la France et ton pays d’accueil ?

En tant que danseur je vois clairement que les danseurs sont beaucoup plus respectés ici en France, je sais très bien aussi que, généralement, c’est à eux de gagner le respect du grand public. Les dispositifs ainsi que les outils mis en place favorisent forcément le développement des activités artistiques. D’ailleurs, les bboys ici arrivent à gagner leur vie de leur passion, quelque chose de vraiment impossible en Tunisie.

Cela me fait forcément penser à la grande différence des états d’esprit et des modes de fonctionnement entre les administrations Tunisiennes et Françaises. Ces dernières sont beaucoup plus ouvertes aux nouvelles idées, beaucoup plus à l’écoute et beaucoup plus réactives. Elles croient de plus en plus aux principes de l’éducation populaire, chose que je n’entends pas souvent en Tunisie.

J’apprécie par contre l’énergie que possède la jeunesse en Tunisie qui mérite d’être bien exploitée et bien investie. En fait, les jeunes ici ne se rendent pas forcément compte des opportunités qu’ils ont.

Qu’est-ce que t’apporte ta mission sur le plan personnel et professionnel ?

Sur le plan personnel, mon engagement en service civique m’apporte de plus en plus d’enrichissement en terme de savoir vivre et de savoir être. Pour moi, faire partie d’une société différente, échanger des avis sur des choses qu’on voit différemment, découvrir des états d’esprit dans un cadre de coopération et de cohabitation ne peut que me rajouter des qualités personnelles qui me serviront plus tard dans mon parcours professionnel. Tout en ayant conscience de l’importance de garder mon identité, je pense que je réussi à certains moments de contribuer également à l’enrichissement des qualités personnelles des gens avec lesquels je suis en contact fréquent.

Sur le plan professionnel, je suis plutôt dans l’apprentissage et le renforcement des capacités de l’organisation événementielle, de la coopération administrative et des compétences techniques en termes de gestion de projet. Ma mission de l’élaboration du mémoire me permet particulièrement, via les différents entretiens que je suis en train de faire, d’avoir plus de qualités professionnelles en termes de relations humaines et de communication. Ceci me permet aussi de développer mes compétences linguistiques.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Quand je finirai ma mission, je chercherai un moyen me permettant d’aller encore plus loin ! Je suis quelqu’un d’ambitieux, je veux toujours progresser. Je pense d’ailleurs que ça serait très intéressant de continuer mon parcours de volontaire, ça pourrait être dans un autre cadre notamment le Service Volontaire Européen (SVE). Cela ne peut qu’enrichir encore mes compétences. En tant que volontaire, mes missions sont liées à ma passion et j’aime ça ! Je me vois toujours dans cette optique.

La question insolite : Quels objets as-tu apportés avec toi dans tes valises et pourquoi ?

Avant de partir, j’ai pris avec moi des petits souvenirs des personnes que j’aime, j’ai ramené aussi des petits portes-bonheur dont deux flyers de la première édition de JAM Session et un vieux téléphone portable que je n’utilise plus mais que je garde toujours avec moi parce que c’est ma mère qui me l’a donné !

Un conseil aux futurs volontaires ?

Si vous pensez à devenir volontaire un jour, choisissez un domaine qui vous tient vraiment à cœur, faites le par amour car « volontaire pour un jour, volontaire pour toujours », si vous décidez de faire une chose pour toujours c’est que vous devez la faire par amour !

Pour plus d’informations :

Visitez le site de l’Espace Volontariats Tunisie