#8mars, épisode 3 : Une maison pour accueillir les femmes victimes de violence, grâce à l'association Patou Solidarité, en Equateur

Depuis 2012, Myriam Vieillard est directrice de l’association franco-équatorienne Patou Solidarité qui œuvre à Tena, dans la province de Napo, en Equateur. L’association a fondé, en avril 2018, une maison d’accueil pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Mathilde, Léa, Yleanna et Maxime y sont volontaires en service civique.

06/03/2019

Depuis 2012, Myriam Vieillard est directrice de l’association franco-équatorienne Patou Solidarité qui œuvre à Tena, dans la province de Napo, en Equateur. L’association a fondé, en avril 2018, une maison d’accueil pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Mathilde, Léa, Yleanna et Maxime y sont volontaires en service civique.

L’association a fondé, en avril 2018, une maison d’accueil pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Elle y propose un abri mais également un suivi psychologique, juridique et social ainsi que des activités ludiques et éducatives pour les femmes et les enfants accueillis : atelier de lecture, danse thérapeutique, self-défense, etc.

Plusieurs projets prennent vie au sein de la maison d’accueil de Patou Solidarité : sensibilisation à la violence par le cinéma, plaidoyer auprès des institutions équatoriennes, développement d’activités lucratives pour assurer un petit revenu pour les femmes, aide dans la recherche d’un emploi et/ou de formations professionnelles, etc. L’objectif rêvé : que la maison d’accueil soit prise en charge intégralement par les femmes elles-mêmes.

Une maison d’accueil : un espace d’engagements et de solidarité

Patou Solidarité est une association franco-équatorienne qui travaille depuis 2012 dans la province de Napo en Amazonie Equatorienne. Ses actions ont d’abord concerné la souveraineté alimentaire avant de s’étendre à la défense des femmes et des enfants victimes de violences.

Le 22 mai 2018, à Tena, l’association a inauguré la première maison d’accueil pour femmes et enfants victimes de violences, qui avait déjà ouvert ses portes depuis un mois. Durant cet événement, l’Ambassade de France, des autorités locales, l’association Patou Solidarité ainsi que des organisations de la société civile étaient présentes.

En Amazonie équatorienne, les cas de violences intra-familiales augmentent de manière alarmante ces dernières années. Plus de deux femmes sur trois sont victimes de violence. Dans 78% des cas, l’agresseur est le concubin ou l’ex-concubin. Patou Solidarité a été régulièrement témoin de violences faites aux femmes et en réaction, l’association a travaillé durant de longs mois afin de fonder ce refuge.

Depuis son ouverture, la maison a accueilli 18 femmes et 27 enfants. Cet espace les protège et leur apporte un soutien psychologique, social et juridique. L’association propose également aux femmes des groupes de paroles, des formations professionnelles pour leur permettre de se créer un autre avenir que celui de victime.

Myriam, directrice de Patou Solidarité, nous raconte l’histoire de Patou Solidarité et des objectifs de l’association.

« Tout d’abord, le rêve de contribuer à un changement positif quel que soit l’endroit. Puis, un coup de cœur dans tous les sens du terme pour l’Amazonie et son peuple, pour ses détresses, ses conditions de vie. Et petit à petit, à force de les côtoyer, de côtoyer les femmes kichwas et leurs enfants, sont nés les projets. Projet de parrainages et projet de maison d’accueil pour femmes victimes de violences et leurs enfants.

A travers la maison d’accueil, nous permettons à des femmes maltraitées ou en danger et leurs enfants de se mettre à l’abri et de rêver d’une nouvelle vie sans violence. Nous contribuons également à ce qu’elles reprennent confiance en elles et développons des projets de formations professionnelles afin de leur permettre d’avoir des ressources propres et de ne plus dépendre de leurs compagnons ».

Les volontaires, au coeur du projet

Yleanna effectue actuellement sa mission de service civique, aux côtés de Mathilde, Léa et Maxime. Morgane est ancienne engagée de service civique. Elles nous racontent leur mission de volontariat. Ils sont tous envoyés par le SCD (Service de Coopération au Développement).

Yleanna est mobilisée dans la communication de l’association et des projets en lien avec de la maison d’accueil pour les femmes victimes de violence et leurs enfants.

« En tant que chargée de la communication, j’ai pour rôle d’aider à socialiser au maximum notre refuge dans le pays et à l’étranger, notamment à travers les médias. Je participe régulièrement aux réunions du Comité des Droits Humains des Femmes de la province de Napo pour faire entendre la voix de Patou Solidarité sur les questions de violences de genre et d’égalité hommes-femmes dans la province de Napo. J’anime également nos réseaux sociaux et je suis l’actualité des violences faites aux femmes dans le monde afin de partager notre point de vue sur nos différents outils de communication. J’aide aussi dans l’organisation de tous les événements en faveur de notre maison d’accueil : marché français, course solidaire du 13 avril prochain ou encore notre soirée caritative du 02 février dernier. Et je peux être amenée à donner un coup de main pour les gardes à la maison d’accueil en cas de besoin. »

Morgane, ancienne volontaire était de son côté en charge des 36 enfants parrainés de l’association. « Je leur achète des vêtements, des affaires scolaires et de la nourriture sans dépasser le budget prévu. Nous organisons aussi des sorties au parc, des sorties pour se baigner, prendre un goûter etc. Ce sont des moments précieux qui offrent aux enfants une bouffée d’air frais et un temps où ils peuvent redevenir des enfants. Ce travail est complété par des actions de communication directe avec les parrains et les marraines pour leurs donner des nouvelles des enfants. En parallèle, je donne un coup de main à la maison d’accueil. Souvent, j’interviens pour les imprévus comme acheter des couches en urgence ! »

Mathilde aimerait que la maison d’accueil soit reprise par les femmes équatoriennes, qu’elles en deviennent maîtresses, qu’elles se l’approprient et qu’elles la développent à leur façon et qu’elles continuent de développer des stratégies de sensibilisation auprès des autorités locales, des institutions publiques et de tous les acteurs de l’accueil des femmes. « Le rêve serait de réussir à sensibiliser suffisamment afin que la violence ne soit déjà plus culturelle…Et que les femmes y participent pleinement, qu’elles soient elles-mêmes les actrices de ce changement. » confie-t-elle.

En savoir plus

Patou Solidarité avait témoigné de son engagement pour l’égalité des sexes, dans une vidéo, réalisée à l’occasion de la Journée du Volontariat Français 2017 :

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Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats Equateur : par mail [ev.ecuator@france-volontaires.org->mailto:ev.ecuator@france-volontaires.org] 

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