Forum politique de haut niveau: les organisations de volontariat valorisent la contribution des volontaires à l’Agenda 2030

Retour sur la conférence "Connecter les peuples, inspirer l’action – Le rôle des volontaires pour l’inclusion et l’égalité dans la réalisation des ODD" organisée par la Volunteer Groups Alliance (VGA), en marge du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, à New York.

15/07/2019

La Volunteer Groups Alliance (VGA), une coalition internationale réunissant des organisations et réseaux qui contribuent au développement durable à travers le volontariat et le bénévolat, a organisé un évènement parallèle, le 10 juillet, aux Nations unies, à l’occasion du Forum Politique de haut niveau sur le développement durable.

Intitulée « Connecter les peuples, inspirer l’action – Le rôle des volontaires pour l’inclusion et l’égalité dans la réalisation des ODD », la conférence a réuni une soixantaine de participants : des organisations de volontariat membres de VGA (France Volontaires, IAVE, United Way, VSO), de la société civile (ATD Quart Monde, America Solidaria, Caritas) et des représentants des Etats Membres (Canada, Danemark, France, Mexico, Panama, Russie et Thaïlande).

Cet événement avait pour ambition de montrer comment les volontaires contribuent à connecter les peuples et les communautés aux ODD afin de renforcer l’appropriation locale de l’Agenda 2030 et de partager des exemples d’intégration des volontaires dans les processus d’élaboration des Revues nationales volontaires (RNV) cette année.

Extraits de la conférence

Modéré par Mei Cobb, de United Way Worldwide, l’événement a d’abord donné la parole au Pakistan et à la France, qui avaient apporté leur parrainage.

Le représentant du Pakistan, Chaudhry Muhammad Shafique, de la Commission nationale des droits de l’homme, a partagé les leçons clés tirées de la collaboration avec des organisations de volontariat via VSO, dans le cadre des RNV.  Après avoir rendu hommage au sérieux et à la motivation des volontaires, il a mis en avant le rôle des volontaires pour atteindre les groupes marginalisés et collecter des données générées par les citoyens.

Vincent Jechoux, responsable du développement durable à la Mission Permanente de la France auprès des Nations unies a expliqué que « la France inscrit la mise en œuvre des ODD dans une dynamique la plus participative possible, avec le souhait d’impliquer la jeunesse ». La France soutient le volontariat international : environ 20 000 Français se mobilisent chaque année via le volontariat pour participer à des actions de développement et de solidarité partout dans le monde sur des périodes variant de quelques semaines à plusieurs années. Parallèlement, « la France soutient le développement du volontariat national dans les pays partenaires grâce à son opérateur France Volontaires ». Vincent Jechoux s’est félicité du fait que  de plus en plus de pays reconnaissent la contribution des volontaires dans leurs revues nationales volontaires, et ainsi améliorent la mise en œuvre des ODD, comme le Burkina Faso, le Cameroun, le Cambodge, la Côte d’Ivoire et le Ghana, notamment grâce aux efforts de France Volontaires.

Emma Morley, du programme de volontariat des Nations unies, a insisté sur le potentiel encore sous-exploité du volontariat, notamment dans sa dimension contributive aux ODD. Elle a appelé à un effort collectif global pour construire des éléments de démonstration solides, en particulier à travers le processus « Réimaginer le volontariat », lancé dans le cadre du plan d’action des Nations unies pour intégrer le volontariat dans l’Agenda 2030.

Shai Naides, de l’Unicef, a évoqué la décision de l’organisation d’investir dans un programme de volontariat ambitieux. Le contexte d’évolution de la nature et du champ du développement, et de méfiance envers les institutions, a incité l’Unicef à explorer de nouvelles manières d’interagir avec les individus. Il a souligné le pouvoir dont disposent les jeunes pour aider à créer du changement.

Les volontaires étaient également représentés. Selon Marcela Guillibrand, de Red Voluntarios de Chile : “Le volontariat offre un espace unique d’apprentissage de la citoyenneté, basé sur des pratiques de solidarité qui peuvent faire reculer l’exclusion sociale, et renforcer la cohésion sociale. La société peut ainsi compter sur des citoyens plus engagés, qui ont acquis des compétences, et qui vont, en fonction des différents rôles qu’ils seront amenés à jouer dans leur vie, se mobiliser pour le bien-être social”.

Flora, volontaire franco-mauritanienne actuellement en mission en Tunisie au sein de l’Association de sauvegarde de l’Oasis de Chenini (ASOC), envoyée par le Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI), en lien avec le SCD, a pu porter la voix des volontaires. Impliquée dans le projet TERO, financé dans le cadre de l’initiative EU Aid Volunteers et coordonné par France Volontaires, elle a pu livrer son témoignage sur la contribution des volontaires à l’ODD 13 sur la résilience et la lutte contre le changement climatique, notamment grâce à la complémentarité entre volontariat local et volontariat international. Flora a insisté sur la perspective unique apporté par les volontaires, leur engagement au niveau local, au plus près des communautés, tout en appelant à davantage de soutien et reconnaissance pour le volontariat.

Des recommandations pour les Etats membres

Dans son papier de positionnement publié à l’occasion du FPHN 2019, VGA rappelle que les volontaires et le soutien à leurs efforts sont essentiels au succès de la mise en œuvre de l’Agenda 2030, comme reconnu par le Secrétaire général de l’ONU dans son rapport sur le programme pour l’après-2015.

Dans ce sens, VGA formule quatre recommandations adressées aux Etats membres :

  • Reconnaître officiellement la contribution du volontariat à la mise en œuvre des ODD dans les Revues nationales volontaires (RNV) des États membres au niveau du FPHN ;
  • S’assurer de la reconnaissance et du soutien au volontariat dans les stratégies et les plans nationaux pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ;
  • Affirmer leur soutien total à la mise en œuvre de la résolution A/RES/67/290 qui soutient la participation d’acteurs non-gouvernementaux au FPHN ;
  • Veiller à ce que le cadre de responsabilité, de transparence et d’examen des ODD implique la consultation de la communauté à tous les niveaux, y compris la représentation des voix les plus marginalisées, ainsi que les volontaires qui travaillent étroitement avec eux.

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