Jeunesse et engagement : Le volontariat au prisme des ODD

À la croisée de la solidarité, du développement économique et de la citoyenneté, le volontariat a été reconnu par les Nations unies comme « un moyen puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable », et le texte cadre de l’Agenda 2030 reconnaît explicitement les groupes de volontaires en tant que parties prenantes dans la réalisation des 17 ODD. A l’occasion du 6e anniversaire des ODD, Benjamin Pouénat, ancien volontaire du projet PrODDige du Service de coopération au développement (SCD), nous a partagé son expérience et sa vision de l’Agenda 2030.

04/10/2021

Le projet PrODDige

Le projet PrODDige (Promouvoir et Réaliser les Objectifs de Développement Durable pour Innover et Grandir Ensemble) est un projet, porté par le SCD, en partenariat avec France Volontaires, et cofinancé par l’Agence Française de Développement, la direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale d’Auvergne-Rhône-Alpes et la Ville de Lyon. Ce projet rassemble des volontaires du monde entier, pour réaliser un Service Civique autour des Objectifs de Développement Durable sur la métropole de Lyon. Les volontaires s’engagent sur une mission individuelle dans une structure partenaire du SCD, tout en participant à un projet de groupe, avec d’autres volontaires, visant à mettre en œuvre des actions de sensibilisation aux ODD sur le territoire. Pour la première promotion 2019-2020, le SCD a accueilli 18 volontaires de 10 pays différents : France, Pérou, Equateur, Haïti, Tunisie, Togo, Mali, Burkina Faso, Cambodge et Vietnam.

Journée “La France en transition” : l’engagement des jeunes mis en lumière

Le 24 septembre 2021 s’est déroulé le 6ème épisode de « la France en transition », avec de nombreuses tables rondes et témoignages réunissant des acteurs venant d’organisations internationales, de la recherche, de la société civile ainsi que de la sphère politique.
Dans la matinée, la table-ronde « Les leviers de l’engagement chez les jeunes » s’est tenue avec la participation de trois représentants de la jeunesse : Carla Monzali, membre du collectif “Pour un réveil écologique”, Eden Sabban, élève de terminale, éco-déléguée, et Benjamin Pouénat, ancien volontaire en service civique dans le cadre du projet PrOODige du SCD (membre de France Volontaires).  A cette occasion, Benjamin a pu revenir sur son expérience et sur l’opportunité du volontariat pour contribuer concrètement aux ODD.

Retrouvez le replay de la table ronde (début de la table ronde à 1:09:00) :

 

Benjamin, un volontaire engagé pour les ODD

Benjamin, 23 ans, originaire de Lorraine, est arrivé à Lyon il y a 3 ans pour finir ses études, en licence professionnelle en acoustique et vibrations. Plusieurs prises de conscience durant ses études l’ont poussé à quitter le domaine scientifique dans le but de s‘aligner avec ce qu’il pensait avoir un sens pour lui. Cette décision l’a mené jusqu’au service civique puis jusqu’à son emploi actuel dans la rénovation énergétique.

Sa mission de service civique au sein du projet PrODDige s’est déroulée autour de deux axes principaux. Au sein d’un groupe multiculturel, Benjamin a pu mettre en place un projet autour des ODD 13 « Les mesures relatives face à la lutte contre les changements climatiques » et 12 « Consommation et production responsables » consistant à sensibiliser les lycéens à ces deux ODD et créer une vidéo-guide sur les initiatives lyonnaises. Il a également participé à des missions de mobilité internationale des jeunes au CRIJ Auvergne-Rhône Alpes.

A l’occasion du 6e anniversaire des Objectifs de développement durable, Benjamin a bien voulu répondre à nos questions sur le lien entre son engagement volontaire et les Objectifs de développement durable :

       1.En quoi ton expérience de volontariat t’a permis de contribuer aux ODD ?

Mon équipe et moi-même avons contribué aux ODD par des projets construits au sein du service civique, qui visent ces ODD. Dans mon groupe projet, nous avons décidé de nous concentrer en particulier sur les ODD n°4 : “Education de qualité”, n°12 : “Production et consommation responsables” et n°13 : “Les conséquences liées aux changements climatiques”.

Nous avons d’abord réfléchi au public visé. Quoi de mieux que de discuter de ces sujets avec les personnes de notre âge ? En partant de nos ressentis communs, à travers nos cultures multiples – je rappelle, je travaillais avec Jordan le volontaire équatorien, Eva la volontaire Haïtienne et Floriane une volontaire française – nous avions toutes et tous ce sentiment d’impuissance face aux enjeux climatiques. Comment encourager une éducation au développement durable ? Comment créer des passerelles d’apprentissage et de prises de conscience ? Quels sujets pouvons-nous aborder ? Comment donner envie d’agir face au constat de nos sondages qui, pour la majorité, laissaient entrevoir une prise de conscience, mais sans mise en action ?

C’est pourquoi nous nous sommes décidés à faire appel aux structures locales, qui prennent des initiatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons choisi 4 thématiques qui englobent le pouvoir d’achat d’un citoyen : l’alimentation, le textile, les cosmétiques et le numérique. Nous avons alors vulgarisé l’impact de chaque thématique pour sensibiliser face aux publicités qui incitent à la consommation, et avons mis en avant la dimension de responsabilité. L’objectif n’était pas de jouer sur le levier de la culpabilité, ce qui aurait été contraire à notre discours et à celui de nos porteurs de paroles, mais plutôt de lancer une bouteille à la mer à toutes celles et ceux qui se font happer par l’appel de la surconsommation. Un réveil en somme : “est-ce que tu souhaites continuer dans cette direction ?

     2.Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté pour la suite de ton parcours ?  Es-tu toujours engagé pour les ODD ? 

Cette expérience m’a apporté une incroyable énergie et une envie d’agir qui perdure encore. C’est une expérience pleine d’innocence, de conscience, de raison, de partage, d’apprentissage, de bonheur et d’espoir. 17 jeunes venus du monde entier se réunissant pour un seul et même but : construire ensemble un monde plus responsable.  Apprendre à connaitre la culture de l’autre et prouver que peu importe d’où l’on vient, nous pouvons trouver des terrains d’entente et lutter ensemble contre les changements climatiques. Cela fait plus d’un an que mon service civique s’est fini, et nous sommes encore en contact via un groupe de conversation. Nous faisons de temps en temps des visios pour se revoir, donner de nos nouvelles, s’impatienter ensemble de la nouvelle promotion PrOODige qui va commencer en novembre. Je suis fier d’avoir fait partie de la première promotion, d’accueillir chaque année de nouvelles personnes qui s’engagent et de retrouver l’engouement et l’émulsion d’une telle aventure.

Après ce service civique, j’ai continué mon engagement à travers la formation Nouvelles Voies de l’Institut Transitions. Une formation de reconversion professionnelle, pour celles et ceux ayant vécu des prises de conscience et souhaitent prendre un virage à tête d’épingle dans leur vie professionnelle. Au programme : des cours d’histoire, d’économie, de philosophie et de biologie … Le plus passionnant pour moi étant de me retrouver entouré de personnes convaincues du besoin de trouver une alternative face au système existant. La solidarité dans l’engagement, c’est important !

Cela fait maintenant 6 mois que je suis devenu coordinateur habitat au sein de la communauté de commune Saône Beaujolais. J’accompagne les particuliers du territoire dans leur projet de rénovation énergétique de leur logement, et je découvre la vie en collectivité, à Belleville, où les objectifs sont ambitieux pour le développement durable. C’est très stimulant !

   3.Comment imagines-tu l’avenir du volontariat international à l’horizon 2030 ? 

Je serais heureux de voir ce programme s’étendre dans toute la France et même dans d’autres pays, car nous avons encore 8 ans pour aller aussi loin que possible !

Et, au-delà d’amplifier ce programme, je vois se développer des structures annexes qui entretiennent les liens entre chaque volontaire et perpétuent l’engagement pour rester connecté tout au long de ce combat. Je sais que dans certains des pays des volontaires de ma promotion, la politique ne donne pas la priorité aux ODD et leur entourage n’est que peu sensibilisé. Nous avons besoin de soutenir leurs engagements et œuvrer ensemble à une prise de conscience.

L’agenda 2030 nous permet de croiser les cultures du monde et de créer un imaginaire collectif. 193 pays ont signé, vous rendez-vous compte ? Il y a de quoi devenir humble et apprendre d’autrui, partager sa culture et construire ensemble. Comme nous l’avons toujours fait. Remettre au centre le rapport que l’on entretient avec le vivant en s’inspirant de la pensée Pacha Mama (Terre-mère) de l’Amérique du Sud.

Le programme est là, il n’y a plus qu’à agir. Cessons de trop réfléchir et d’être pessimistes, et essayons de croire en un avenir meilleur.

Pour aller plus loin :

Replay des tables rondes du 24 septembre “La France en transition” : Sessions du matin

Replay des tables rondes du 24 septembre “La France en transition” : Sessions de l’après-midi

Site du Service de Coopération au Développement (SCD)

Adoption de la Feuille de route de la France pour l’Agenda 2030: reconnaissance du rôle du volontariat et de l’engagement citoyen dans l’atteinte des ODD

Les volontaires s’engagent pour les Objectifs de développement durable