Self défense dans un village du Cameroun : deux retraitées françaises engagées

C'est à 70 km de Yaoundé que se sont rendues Catherine, 64 ans, et Nicole, 75 ans, deux bénévoles marseillaises, pour enseigner à de jeunes lycéennes à se défendre.

07/05/2021

Catherine 64 ans et Nicole 75 ans, deux bénévoles marseillaises ont travaillé au planning familial presque toute leur vie. Dans leur jeunesse, elles ont eu une formation en self défense le wendo « la voix des femmes ». Elles ont décidé de créer leur propre association pour transmettre à leur tour. C’est dans cette optique qu’elles collaborent avec l’association Orphelins Sida International (OSI), partenaires de l’association camerounaise Association pour la Santé, l’Education et le Développement (ASED) dans son programme de lutte contre le VIH infantile.

Cette belle collaboration les conduira au Cameroun le 17 mai dernier dans la petite ville de Sa’a dans la région du centre, à 70 km de la capitale Yaoundé où les attendent Agnès, coordonnatrice ASED, et 15 jeunes élèves du lycée de Sa’a.

L’association ASED, créée en 2004 prend part à des projets de santé publique, la lutte contre le paludisme et le VIH/Sida infantile. En 2020, OSI et ASED lancent une vaste campagne de sensibilisation des jeunes filles du lycée de Sa’a à la santé sexuelle et reproductive. Cette campagne a eu pour point culminant un stage de self défense destinées à quelques lycéennes volontaires pour devenir paire-éducatrice qui n’a pu avoir lieu qu’un an après en raison de la pandémie.

Ces jeunes filles en classe de seconde du lycée général de Sa’a ont reçu une formation théorique, pour être de bonnes paires éducatrices. Il faut savoir être à l’écoute, ne pas juger…

Elles ont reçu une formation physique également. « Ne pas tuer ! » il a fallu rappeler aux jeunes filles riantes et excitées à l’idée de pouvoir de se défendre. Il faut savoir se défaire de prises fermes, d’immobilisations, savoir faire mal pour surprendre et pour fuir ou alerter des passants !

Certaines de ces jeunes ont tenu à nous dire quelques mots sur leur ressenti vis-à-vis de cette formation :

Fabiola, 17 ans,

« Ça me tenait à cœur de savoir me défendre car ma cousine s’est fait agresser par mon oncle il y a deux ans. C’est un moyen pour moi de donner une bonne leçon aux garçons parce qu’ils nous prennent comme les plus faibles et les plus nulles. Et bah avec moi ce n’est pas comme ça ! Avec cette formation je sais me défendre.

Même s’il faut crier au monde entier qu’il ne faut pas avoir peur des garçons je le ferais. Quand je serai grande, je ferai des centres de formations comme ça parce que ça permet aux filles de ne plus avoir peur ».

Manuella, en classe de seconde elle aussi :

« Ça me plaît parce que ça me permet de me défendre contre les violences sexuelles, je n’ai jamais été victime de violence heureusement mais maintenant je sais me défendre ! »

Comme Nicole et Catherine, de nombreuses initiatives solidaires à travers le monde existe pour partager des savoirs utiles à des situations particulières.

Et vous seriez vous prêt.e.s à monter un tel projet ? À vous engager à l’international ?

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