Assétou, la culture malienne en France

Assétou, de nationalité malienne, a effectué en 2013 un volontariat de service civique en France dans le cadre de la réciprocité. Avec cette expérience, elle a pu évoluer et s'engager dans le secteur de la culture dans son pays.

26/03/2020

Pourriez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

De nationalité malienne, j’ai 29 ans, je suis mariée et mère de deux enfants. Je suis titulaire d’un master en management des ressources humaines depuis 2014 et cette année, je prépare un mémoire pour l’obtention d’un master en communication.

Quelle était/est votre mission ?

Ma mission se déroulait dans le secteur éducation et culture : c’était un programme pilote permettant à des jeunes maliens et nigériens d’effectuer un volontariat du sud vers le nord pendant une période où le Mali n’était pas conseillé aux volontaires français pour des raisons sécuritaires. Ma mission avait pour objectif de renforcer les activités culturelles et pédagogiques de l’Alliance franco-malienne de Mopti qui était en perte de vitesse à la suite de la crise de 2012. Mopti est la cinquième région du Mali située au centre et elle a également été touchée par la crise sur le plan économique et social comme toutes les régions du Mali. L’arrêt du tourisme dans cette région a eu d’importantes conséquences sur les activités de l’alliance d’où mon rôle : appuyer la structure pour adapter ses activités aux conditions de la crise en m’inspirant de mon expérience en France.

Pourquoi avez-vous choisi de faire une mission de service civique ?

J’ai choisi de faire une mission de service civique car je voulais bénéficier de nouvelles expériences qui puissent me permettre de mieux définir mon orientation professionnelle dans un esprit de citoyenneté, de partage et d’échanges interculturels.

Qu’est-ce qui vous a marqué pendant votre expérience de service civique ?

Ce qui m’a marqué pendant cette expérience est l’intérêt que portaient les enfants sur le Mali lors de nos animations scolaires. C’était significatif pour moi car au-delà des clichés d’un pays fragile sujet à des attaques terroristes que renvoyait le Mali à l’époque, les enfants étaient curieux de savoir comment nous, volontaires avions appris à parler français et surtout dans quelles conditions. Ces questions parmi tant d’autres nous poussaient, en tant que Malien à faire des recherches sur notre histoire, notre culture et nos valeurs, dans le souci de véhiculer la bonne information, et nous permettaient de découvrir davantage notre patrimoine culturel. Sur un plan personnel, cette expérience m’a permis de gagner en autonomie.

Quel est votre parcours depuis la fin de votre service civique ?

Depuis la fin de ma mission en février 2013, j’ai travaillé en tant que chargée de coordination pédagogique et d’activités culturelles auprès de ma structure d’envoi. Par la suite j’ai fait 1 an comme prestataire chef de projet dans une société agroalimentaire, puis 3 ans et demi à l’Agence italienne pour la coopération au développement comme assistante du représentant. Depuis 9 mois, je fais partie de l’équipe de la Banque Mondiale au bureau du Mali. Mon objectif professionnel est d’occuper dans les années à venir un poste de chargée de communication afin de donner plus de visibilité à l’impact des projets de développement.

En parallèle, je suis présidente de l’association “Sobé Do Sangué” qui vient d’être créée, afin de promouvoir la culture malienne à travers un centre social et culturel.

Si vous deviez résumer votre expérience de service civique en une phrase, quelle serait-elle ?

Mon expérience du service civique est celle qui a défini mes aspirations professionnelles.