Delphine, ancienne volontaire burkinabè à l'antenne de France Volontaires de Nantes

L'antenne de France Volontaires à Nantes a accueilli de 2019 à 2020, Delphine, jeune volontaire burkinabè qui a eu pour mission d'appuyer les activités menées en matière de plaidoyer et d'accompagnement des VIR présent sur le territoire français en cette période de crise sanitaire. Des perspectives pour les futurs volontaires internationaux voulant effectuer un volontariat en France, notamment avec l'ouverture du VSI en France.

03/09/2021

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je me nomme SEBEGO Anne Marie Rose Delphine, je suis burkinabè, originaire de la commune de Pella. J’ai 25 ans et j’habite actuellement à Ouagadougou.

J’ai été diplômée d’une licence en macroéconomie et gestion de développement à l’Université Thomas SANKARA. En plus de ce parcours académique, j’ai été membre de l’équipe de plaidoyer de l’Université Thomas SANKARA et en 2018, j’ai été élue déléguée générale des étudiants. C’était la première fois qu’une fille était élue dans les établissements publics après plus de 25 ans d’existence. Membre des alumnis du WOLOF 2018, J’ai été élue première dauphine à Miss Université Burkina 2016. Je suis également un membre actif de plusieurs associations : du département des jeunes de l’église apostolique, dans le Gouvernement Jeunesse Burkina, dans le club des étudiants en sciences économiques et de gestion, dans le groupe biblique au collège, du RAVIRES (réseau des anciens volontaires internationaux de réciprocité), la liste n’est pas exhaustive. Mon engagement dans la société me définit parfaitement.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

Très active dans le milieu associatif, un ami m’a parlé du dispositif via le Programme National du Volontariat au Burkina Faso, ses amis étaient partis en France dans le cadre d’un Volontariat International de Réciprocité. J’ai souhaité me découvrir à travers une expérience avec d’autres peuples, pouvoir donner ma partition pour un monde meilleur.

Quelle a été ta mission en tant que volontaire ?

J’ai effectué une mission de service civique dans Les Pays de la Loire en France, précisément dans la ville de Nantes de 2019 à 2020 à l’antenne de l’association France Volontaires.

J’ai pu sensibiliser différents publics aux engagements citoyens à l’international, y compris en réciprocité, dans des foires, des forums, des établissements. J’ai eu de nombreux échanges avec des associations sensibles à la solidarité internationale, et des personnes sensibles au volontariat sur les réseaux sociaux. La mise en réseau des volontaires sur les territoires était une de mes missions. J’ai également participé à la rencontre de 23 volontaires du monde entier en Bretagne le 26 novembre 2019. Ce fut un temps fort et riche de mon engagement. Mon appui au développement des offres de mission a été apprécié.

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

J’ai été surprise de voir que j’étais très attendue par mes collègues et mes colocataires. Le climat nantais avec le vent très glacial et la pluie m’ont également marqué.

Qu’as-tu appris et transmis ?

J’ai appris beaucoup de chose en relation avec les coopérations décentralisées, l’organisation des associations à dimension internationale et la gestion de projet en intégrant l’aspect interculturel.

En termes d’apport, j’ai pu consolider les liens entre les deux pays à travers les coopérations France-Burkina, participer au développement de nouvelles offres de missions, partager mon expérience et susciter une volonté de s’engager en volontariat à l’international auprès de plusieurs jeunes et associations.

Quelles ont été tes plus grandes difficultés rencontrées ?

Le climat était mon premier adversaire. Il fallait surmonter le froid, se déplacer sous la pluie, être capable d’intégrer le vent dans les activités. N’eut été cet aspect naturel, tout s’est bien passé pour moi.

Comment as-tu vécu la crise de la Covid-19 en France ?

Avec la crise de la Covid-19, ma mission a connu des modifications dans sa forme et avec un peu de nouvelles charges. J’étais désormais membre de l’équipe de plaidoyer, chargée de mener une bonne communication auprès des autres volontaires notamment pour la réorientation de leurs missions et pour la gestion de leur temps au quotidien.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Je suis aujourd’hui la responsable de l’agence Yen.com qui évolue dans l’administration culturelle, la maitrise de cérémonie, les prêts de voix et la conception d’affiches/logos. L’agence est en construction donc en plein mouvement dans ses offres de services.

Je suis également membre de l’équipe des formateurs du Français Langue Etrangère dans le cadre du programme compétence pour demain de l’association Solidarité Laïque.

J’étudie actuellement un master en macroéconomie appliquée et finance internationale à l’Université Thomas SANKARA et parallèlement un master en gestion de projet à l’Université Aube Nouvelle.

Une anecdote à nous raconter ?

C’était le jour de mon arrivée à Nantes. Une fois arrivée, Christophe mon collègue était déjà là pour m’accueillir. Je sors de l’aéroport avec deux grosses valises, un gros sac à dos et je m’attendais à emprunter directement un véhicule pour aller dans mon appartement afin de me reposer de ce long voyage. A ma grande surprise, il fallait marcher un bon moment pour emprunter les transports en commun et ce n’était pas pour aller directement à mon appartement, mais plutôt au bureau car c’était un jour ouvré. J’ai compris automatiquement que je venais de quitter le Burkina.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Pour les futurs volontaires, c’est bien de s’informer sur le pays d’accueil avant de s’y rendre. Mais il ne faut surtout pas que ces informations vous empêchent de découvrir de vous-même le pays d’accueil.