Yero, ancien volontaire parti en France pour appuyer Peuple Solidaires Jura

Yero est un ancien volontaire burkinabè parti avec le dispositif du service civique à Lons-Le Saunier, dans le jura français en 2018. Son témoignage est l’occasion de découvrir avec recul sa mission, ainsi que la suite de son parcours post-volontariat au Burkina.

18/06/2021

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je me prénomme Yero MALBILA, jeune burkinabè de 29 ans, originaire du Centre-Nord, dans la province du Namentenga au Burkina Faso. J’ai étudié deux années la géographie à l’université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo. J’ai depuis longtemps été un bénévole (membre) dans des associations étudiantes et villageoises, notamment sur la préservation de la culture burkinabè, pour organiser des activités et mobiliser du monde. Avant de partir en France, j’ai effectué un volontariat national au mois de mai 2018 à la mairie de Boala, dans la province du Namentenga, comme agent de développement communautaire pour en apprendre le fonctionnement, et les activités communautaires proposées.

Pour quelles raisons ce projet d’engagement ?

C’est grâce à mes premières expériences que j’ai voulu m’engager en tant que volontaire à l’international. J’ai connu le dispositif de réciprocité avec l’association partenaire de mon village : Peuple Solidaires Jura, qui y œuvre depuis 2011, et également à travers le Programme National du Volontariat au Burkina Faso. J’ai toujours été engagé pour l’intérêt général et la vie associative. Ce projet d’engagement était pour moi l’occasion de découvrir d’autres cultures, de se faire une nouvelle expérience personnelle et de pouvoir échanger sur l’inter culturalité. Le partage que j’ai établi avec les jeunes français qui étaient venus pour un chantier solidaire de trois mois dans mon village, m’ont donné l’envi de faire de même en France.

Quelle a été ta mission en tant que volontaire ?

Je suis parti à Lons-Le-Saunier, dans le département du Jura, de juillet 2018 à janvier 2019 pour effectuer un volontariat dans l’association Peuples Solidaires Jura qui est en partenariat avec la commune de Boala, au Burkina. Ma mission a été de développer mes connaissances dans le domaine touristique à travers des stages dans des offices de tourisme du Jura et dans un village vacances. J’ai pu participer à la vie de l’association en animant des stands dans de nombreux événements (Festival Alimenterre, festival de solidarité, festival résistive, la fête de l’Humanité à Paris, Université d’été, tandems solidaires dans des écoles primaires et collèges, festival Regain, manifestation contre les violences faites aux femmes, …).

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

L’accueil réservé a été très chaleureux. C’était un dépaysement total à mon arrivée en France. Les échanges étaient très fructueux, et le climat avec le soleil qui se couchent à 23h00, c’est très perturbant. Au Burkina, il fait nuit toute l’année à 18h30. Placer des personnes âgées dans des maisons de retraites, ça a été un choc culturel pour moi, on ne voit pas ça chez nous. Le voisinage est également très différent, les gens se parlent peu contrairement à ici.

Qu’as-tu appris et transmis pendant ta mission ?

J’ai beaucoup appris : l’estime de soi, la confiance en soi, l’autonomie, développer son leadership, développer l’esprit d’entreprenariat, l’humanisme envers les autres, la solidarité, la préservation et la valorisation de nos valeurs culturelles, du patrimoine, l’engagement dans la vie associative. J’ai pu voir que l’Europe n’est pas l’eldorado, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

J’ai pu transmettre la culture burkinabè et donner une autre perception de la vie africaine. Certains pensaient qu’il n’y avait pas de télévisions, pas de nourritures, … Au sein de l’association, une augmentation des nouvelles adhésions et des subventions c’est fait remarquer en ma présence.

Qu’est-ce que ton expérience t’a apporté dans ta vie professionnelle et personnelle ?

Je suis depuis décembre 2020, le président de l’association du Réseau des Anciens Volontaires Internationaux de Réciprocité d’Echange et de Solidarité au Burkina Faso (RAVIRES) et bénévole dans les activités de plusieurs associations. Je suis également devenu entrepreneur dans l’élevage au village.

Une anecdote à nous raconter ?

« L’entrée, le plat principal et le dessert le jour de mon arrivée, j’ai beaucoup trop mangé, la table était remplie de plats, puis ils amènent encore d’autres plats, j’ai encore mangé. Au Burkina Faso, au village, on mange juste le plat principal. »

Un conseil aux futurs volontaires ?

Que chacun s’adonne à son engagement et que chacun se donne à fond pour réaliser sa mission. La transmission de la culture burkinabè à travers les échanges interculturels est importante.