Portrait de Manon, VSI au Burkina Faso, et présentation de son projet de gestion durable des terres

26/05/2017

Bonjour Manon, Alors dis nous, qui es-tu et que fais-tu au Burkina Faso?

Je suis Manon Albagnac, volontaire en appui à la coordination du Réseau Sahel Désertification (ReSaD) qui regroupe des plateformes d’ONG au Mali, Burkina Faso, Niger et en France, et qui est coordonné par l’association CARI, basée à côté de Montpellier. Au Burkina Faso, le ReSaD est représenté par le SPONG qui regroupe 165 ONG et associations nationales ou internationales.

Quand es-tu arrivée au Burkina ? Est-ce ta première expérience à l’international et en tant que volontaires?

Je suis arrivée au Burkina Faso, en février 2016, il y a donc plus d’un an, ça passe vite ! J’avais déjà un peu voyagé avant d’arriver au Burkina Faso, puisque dans le cadre de mes études j’ai eu la chance de partir en stage en Australie et à Madagascar. Une fois diplômée, j’ai postulé à France Volontaire, car j’avais rencontré des VP à Mada, et que le volontariat me paraissait être une bonne voie pour démarrer un projet professionnel dans le milieu du développement, je suis donc partie pour une première mission dans une ONG mauritanienne. Je suis ensuite retournée à Madagascar où j’ai assuré l’animation de l’espace volontariats pendant 1 an et demi.

C’est donc ma 3ème mission en tant que VSI (cette fois-ci portée par le SCD).

Et en quoi consiste ta mission ici ?

Dans le cadre du ReSaD, nous travaillons avec des associations qui luttent sur le terrain contre la dégradation des terres. Au Sahel, la pression démographique sur les ressources naturelles, dont les terres, combinée aux changements climatiques notamment la grande variabilité des pluies, engendre un processus de désertification : la végétation ne pousse plus et les terres deviennent incultivables.

Des pratiques d’agriculture, d’élevage, et de gestion des espaces naturels, permettent pourtant de gérer durablement les ressources naturelles, de continuer à produire sur les terres sahéliennes, même avec peu de pluie et donc de s’adapter aux changements climatiques.

Les objectifs du ReSaD, sont de renforcer les associations du terrain, de participer à la diffusion des bonnes pratiques, et d’alerter les politiques nationales ou internationales sur les questions des terres.

Lors du dernier apéro des volontaires à l’EV, tu nous avais présenté ton projet d’élaboration d’un clip musical pour sensibiliser à la gestion durable des terres. Peux-tu nous en dire plus?

En arrivant au Burkina Faso, l’un des premiers artistes que j’ai vu en concert était Joey le Soldat (lors du festival RDV Chez Nous à Ouagadougou), j’avais bien aimé ses chansons, l’une d’entre elle parle de l’hivernage, et du travail des paysans pendant cette période, qui permet de nourrir la population le reste de l’année.

J’ai tout de suite pensée qu’un morceau et un clip comme celui-là serait un bon moyen de sensibiliser et d’attirer l’attention sur la lutte contre la désertification. Cela permet notamment de s’adresser aux jeunes qui, au Sahel, se désintéressent du monde rural et partent vers les villes. Je trouve également très intéressant de nouer des partenariats entre artistes et associations, qui souvent s’engagent pour les mêmes causes, avec des moyens d’actions complémentaires.

Joey le Soldat a tout de suite été très motivé par l’idée de faire un morceau puis un clip de sensibilisation à la gestion durable des terres.

Pour financer ce projet, nous avons lancé un crowdfunding qui permet de mobiliser des financements auprès de donateurs, via internet (lien). Le montant récolté jusqu’ici va nous permettre d’enregistrer le morceau, ensuite nous relancerons le crowdfunding et la recherche de partenaires pour pouvoir réaliser le clip de sensibilisation.

Une fois que le morceau et le clip seront réalisés, ils seront diffusés auprès des associations membres des plateformes du ReSaD et plus largement tout acteur qui intervient sur la question des terres. Ce sera un support pour sensibiliser les jeunes sahéliens et amorcer le dialogue avec eux pour connaître leur vision du monde rural de demain.

Merci Manon pour la présentation de ce projet !

Et bonne continuation au Burkina Faso