Le Volontariat au Congo par Amandine et Sihem.

18/05/2018

Amandine a 24 ans et est géographe, spécialisée dans l’environnement. Sihem a 25 ans et a étudié les langues, l’histoire et la géographie. Toutes deux se sont engagées au sein de l’association ESI Congo comme service civique international pour un an, envoyées par La Guilde. Arrivées fin mars, elles nous racontent leur premier mois de mission.

Basée à Pointe-Noire, ESI Congo (Endangered Speces International) est une association de référence au Congo en matière de conservation. Leur crédo ? Consolider la conservation des gorilles et des chimpanzés et lutter pour la protection de la biodiversité. 

4 pôles définissent les orientations de la structure : pôle scientifique, pôle développement communautaire, pôle gouvernance locale et pôle sensibilisation. Les actions d’ESI Congo sont essentiellement basées dans le district de Kakamoeka dans le Kouilou. L’association développe également des programmes écotouristiques dans le village de Louaka.

Amandine assiste le responsable dans la coordination des projets d’ESI. Planification, rapports d’exécution… C’est son rayon ! Elle va prochainement s’atteler à un plan de développement local qui réunira tous les acteurs de Kakamoeka pour établir une stratégie efficiente de conservation des grands singes.

Sihem est affectée au pôle sensibilisation. Elle mène une campagne de sensibilisation contre la viande de brousse en partenariat avec les entreprises, développe des programmes d’éducation environnementale dans les établissements scolaires, sensibilise les chasseurs à la chasse durable et s’occupe également de la communication.

Pourquoi le volontariat ?

Amandine. Je cherchais une mission dans un pays en voie de développement dans l’environnement, j’avais envie de toucher à des dynamiques encore non-appréhendées même pendant mes études. Le service permet d’acquérir de l’expérience et d’être bien accompagnée. J’ai été séduite par les missions d’ESI : des missions de conservation intimement liées au développement local. L’action d’ESI porte des valeurs que je partage. J’espère pouvoir apporter à ESI et au Congo. L’opportunité aussi de travailler ailleurs et la chance de pouvoir voyager à la découverte d’une autre culture ! Le volontariat c’est partir à la rencontre d’un pays et de ses habitants.

Sihem. Le service civique permet d’avoir une expérience professionnalisante sur une longue durée. En temps que jeune diplômée, un an est valorisant. L’aspect de l’engagement est également prégnant ainsi que l’opportunité de pouvoir travailler à l’étranger. Nous sommes bien encadrées avec ESI Congo, La Guilde et France Volontaires. Cet encadrement confère un cadre optimal pour vivre pleinement l’expérience du volontariat.

J’ai étudié la géographie humaine, j’ai en master en «Mondialisation, dynamique des espaces et développement durable dans les pays du sud». Ces études m’ont permis d’aller à Cuba pendant 6 mois. Je suis franco-algérienne, de mère marocaine : inconsciemment cela a eu une incidence sur mon désir d’œuvrer pour le développement. Je voulais me prouver que j’étais capable d’aller dans un pays en voie de développement dans une zone difficile comme l’Afrique Centrale et étudié du concret. Le projet d’ESI m’a séduite.

Vos premières impressions ?

Amandine. Je suis arrivée de nuit : l’éclairage dans la ville, le nombre de taxis et la conduite m’ont vraiment surpris ! C’était l’inconnu. Peu à peu je découvre ce pays et fait des rencontres. Les paysages sont magnifiques. Je retiens beaucoup de rires et de joie.

Sihem. On mange bien au Congo ! Pareil qu’Amandine, je suis arrivée de nuit…. Les secousses du taxi : mais où est la route ? C’est vraiment le lendemain que j’ai découvert ma rue : des habitations précairement construites, peu ou pas de trottoirs, peu de bitumes, les caniveaux à ciel ouvert… J’ai vraiment mesuré les manques du pays en termes d’infrastructures routière et d’assainissement  et me suis rappelée les indicateurs de développement que j’étudiais à l’université. A présent je suis dans le concret. C’a été un choc pour moi. J’étais désireuse de m’approprier l’espace au plus vite : me rendre au centre-ville, longer la côte… Je me suis très vite sentie à l’aise et en deux semaines j’arrivais à me repérer. Je prends peu à peu consciente des logiques qui animent les ponténégrins : de petits entreprenariats partout, beaucoup de débrouillardise… Ce qui était de prime abord repoussant devient fascinant. C’est un terrain intéressant qui pousse à la réflexion.

Et après ? Des projets ?

Amandine. Un autre volontariat est envisageable, ailleurs. Tout dépend de la manière dont va évoluer ma mission, peut-être aurais-je l’envie de rester ! J’ai envie d’évoluer dans le domaine de l’environnement et la protection de la biodiversité. La suite dépendra des opportunités qui me seront offertes.

Sihem. Je rejoins Amandine, c’est encore tôt mais je suis d’ores et déjà convaincue d’une chose : continuer de travailler à l’étranger. J’aimerais à la suite de cette mission repartir assez vite. C’est une région qui en vaut la peine : j’aimerais réitérer l’expérience en Afrique subsaharienne. Je songeais à aller au Maroc mais plus le temps passe, plus j’envisage de rester dans cette région. Mon intérêt pour la sous-région grandit.

Bons plans ! ESI Congo développe des activités écotouristiques pour partir à la découverte des grands singes ! Les fonds reviennent à l’association et aux communautés locales de Louka ! Plus d’infos sur leur page Facebook @esicongo.