Le Sommet Climate Chance, la rencontre des acteurs non étatiques africains engagés pour le climat

13/07/2018

Sommet Climate Chance

Jeudi 28 et vendredi 29 juin 2018, a eu lieu le Sommet Climate Chance, qui vise à diffuser et renforcer les actions de lutte contre le changement climatique en Afrique, notamment en mettant en lumière les bonnes pratiques, projets inspirants et exemplaires.

L’objectif de France volontaires était de profiter d’un évènement d’une telle ampleur (41 pays représentés, dont 27 pays africains, avec 600 participants) pour partager des initiatives portées par les volontaires dans la lutte contre le changement climatique et inciter de nouveaux acteurs à se mobiliser dans le cadre des engagements volontaires et solidaires.

Espace Volontariats de Côte d'Ivoire

Un temps de rencontre et d’échange pour construire des feuilles de route portées par les acteurs non étatiques

Coorganisé par l’association Climate Chance et l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), le Sommet Climate Chance répondait à 3 objectifs :

– Rassembler les acteurs non-étatiques africains dans leur diversité, et faire un point d’étape sur l’action climatique non-étatique en Afrique.

– Travailler sur des feuilles de route africaines sectorielles et opérationnelles, faisant le lien entre les enjeux climat et développement.

– Délivrer les messages communs, priorités d’action, engagements, propositions concrètes et recommandations des acteurs non-étatiques d’Afrique sur les enjeux climat.

atelier éducation et formation

Le sommet s’est articulé autour de panels d’échange, de temps de rencontre et de 10 ateliers thématiques, chacun portés par une coalition d’acteurs. Les échanges lors des ateliers se sont structurés sous la forme du Dialogue de Talanoa[1], qui vise à répondre à 3 questions :

– où en sommes-nous ?

– où souhaitons-nous aller ?

– comment souhaitons-nous y aller ?

Chaque atelier avait pour objectif de fournir une feuille de route permettant de répondre à ces questions et de s’organiser pour agir entre acteurs d’une même coalition au-delà du Sommet.

Sommet Climate Chance Abidjan

France Volontaires est intervenu au sein de l’atelier « Éducation et formation », mais a également participé aux coalitions « Aménager les villes africaines de manière durable », « Se préparer aux enjeux d’adaptation en Afrique notamment dans le secteur de l’eau », « Bâtiments et constructions durables » et « Structurer les filières durables ».

Suite à ce Sommet, une cartographie visant à faire connaitre et reconnaitre les initiatives en faveur de la lutte contre le changement climatique est en cours de réalisation : tous les acteurs non étatiques peuvent y référencer leurs bonnes pratiques en remplissant ce questionnaire.

La Déclaration d’Abidjan a également permis aux acteurs présents d’affirmer ensemble leur engagement et leurs priorités pour lutter contre le dérèglement climatique sur le continent africain.

coalition éducation et formation

Le volontariat, un levier à saisir dans la lutte contre le changement climatique

76% des aspirants volontaires seraient intéressés par des missions à l’international portant sur des enjeux climatiques. Il y a donc un véritable intérêt à s’appuyer sur les engagements volontaires et solidaires lorsque l’on mène des actions de lutte contre le changement climatique, en particulier pour des actions d’éducation et de formation.

Le volontariat permet en effet d’intervenir tant dans le secteur de l’éducation formelle (scolarité, formation professionnelle) que dans le secteur de l’éducation non formelle (éducation populaire, sensibilisation et mobilisation du public sur les enjeux climatiques).

Les volontaires sont porteurs d’innovation, ils permettent de renforcer des capacités là où ils interviennent et à leur retour ils sont porteurs de messages qui peuvent faire changer les mentalités. Au-delà de leur savoir-faire, ils mettent en œuvre une citoyenneté active.

France Volontaires, plateforme de 30 organisations engagées sur le volontariat international d’échange et de solidarité, est un réseau couvrant plus de 50 pays : ses partenaires sur tous les continents mobilisent et accompagnent près de 15 000 volontaires/an. La plateforme est donc un réseau capable de mettre en lien et de coordonner une multiplicité d’acteurs entre eux.

Quelques exemples :

– le projet « Territoires Engagés pour la Résilience des Oasis – TERO »,  dont l’objectif est de renforcer la résilience des communautés au changement climatique à travers l’implication de jeunes volontaires locaux : France Volontaires assure la coordination entre 6 organisations localisées au Maroc, en Tunisie, en France, en Italie et en Mauritanie.

Arthur, volontaire de solidarité internationale envoyé par France Volontaires auprès du gouvernement des Seychelles sur la gestion des déchets

– Julien, volontaire de solidarité internationale envoyé par France Volontaires pour l’ONG Village Exchange au Ghana pour mettre en place des formations de professionnels électriciens à l’énergie solaire et mener un projet d’électrification d’un village à 100% avec de l’énergie solaire.

Chloé, volontaire de solidarité internationale envoyé par le SCD, membre de France Volontaires, auprès de la Wild Chimpanzee Fondation (WCF) en Côte d’Ivoire pour la préservation des forêts primaires en coopération avec l’Etat ivoirien pour faire respecter la règlementation sur l’exploitation du bois.


Jean Bertrand, volontaire ivoirien en mission de service civique de réciprocité envoyé par le MESAD, partenaire de France Volontaires Côte d’Ivoire à la Mission Locale Le Havre Estuaire Littoral en France pour sensibiliser les jeunes à la préservation de l’environnement par des pratiques citoyennes

Félix, ancien volontaire togolais en mission de service civique de réciprocité en France, qui a créé le mouvement Eco-Jogging à son retour.

Théo, volontaire de solidarité internationale envoyé par le SCD, membre de France Volontaires, auprès de Man & Nature au Cameroun pour venir en appui à la structuration d’une filière durable valorisant des Produits Forestiers Non-Ligneux avec l’implication des communautés locales pour conserver la biodiversité.

Manon, volontaire de solidarité internationale envoyée par le SCD, membre de France Volontaires, pour appuyer la coordination du Réseau Sahel Désertification (ReSaD) qui lutte contre la dégradation des terres.

Toutes ces initiatives s’inscrivent dans l’agenda des Objectifs de Développement Durable (ODD), en particulier l’ODD 13, qui correspond aux mesures relatives à la lutte contre le changement climatique.

EVCI et MEAE au Sommet Climate Chance

[1] “Talanoa” est un mot traditionnel utilisé à Fidji et à travers le Pacifique pour refléter un processus de dialogue inclusif, participatif et transparent. Le but de Talanoa est de partager des histoires, de développer l’empathie et de prendre de sages décisions pour le bien collectif. Le processus de Talanoa implique le partage d’idées, de compétences et d’expériences à travers la narration.