« Les femmes entrepreneures nous transmettent beaucoup et me font chaque jour me remettre en question et grandir en tant que femme », Marie, volontaire en service civique à Empow’her Côte d’Ivoire

08/03/2018

A l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, nous mettons en lumière le parcours d’engagement de Marie en matière d’autonomisation des femmes. L’égalité des sexes est le 5e Objectif de Développement Durable : dans tous les domaines, les volontaires participent à l’atteinte des ODD !

Marie, volontaire en service civiquePeux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie Bonnefois, j’ai 24 ans et je vis à Abidjan depuis six mois. Passionnée par la lutte contre les différentes formes de discriminations (notamment sexisme et racisme), j’ai orienté mes projets aussi bien personnels que professionnels au service de cette cause au cours des dernières années.

Quel est ton parcours ?

J’ai un double diplôme (Master 2) à Sciences Po Lyon et EM Lyon Business School. C’est dans cette deuxième école que j’ai co-fondé un collectif étudiant de lutte contre le sexisme, pour sensibiliser les étudiant.e.s mais aussi le corps enseignant à l’égalité femme-homme.

Après une année d’études à l’Université d’État de Rio de Janeiro (Brésil), j’ai fait quelques stages à Rio, notamment dans une petite association locale qui défend les droits des femmes. J’ai travaillé sur des questions de droits sexuels et reproductifs, d’accès aux services juridiques et de santé de base pour les femmes victimes de violences, et sur des actions de plaidoyer pour les droits des femmes en matière de politiques publiques. J’ai ensuite effectué mon stage de fin d’études auprès du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Madagascar, en consolidation de la paix. J’étais en charge des questions liées aux femmes et aux jeunes. C’est depuis septembre 2017 que je travaille auprès de Empow’Her Côte d’Ivoire.

Peux-tu nous parler de ta mission, de ta structure d’accueil ?

Je suis volontaire en service civique auprès de Empow’Her Côte d’Ivoire. C’est une ONG qui promeut l’autonomisation des femmes à travers l’entrepreneuriat, grâce à des programmes de formation et d’accompagnement. Nous nous adressons à des femmes déjà en activité, ou souhaitant créer leur entreprise. Les programmes de Empow’Her sont adaptés à tous types de niveau d’éducation, tous types de secteur d’activité, de taille d’entreprise, etc. Nous dispensons des formations sur des thèmes transversaux de l’entrepreneuriat : comptabilité simplifiée, gestion financière et des stocks, techniques de vente et commercialisation, bases du marketing et de la communication, étude de marché, rédaction d’un business plan, développement personnel (travail sur la confiance en soi, la prise de parole en public, etc.).

autonomisation des femmes en Côte d'Ivoire

Dans quelles mesures ta mission de volontariat contribue-t-elle à la réalisation de l’ODD 5 ? (Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles).

D’une part, les formations que l’on dispense sont des outils que les femmes doivent et peuvent s’approprier afin de gérer de manière optimale leur activité. Cela leur permet donc d’acquérir une certaine maitrise et donc autonomie, financière dans un premier temps, et a fortiori sociale, dans la mesure où leur rôle d’entrepreneure est davantage reconnu au sein de la communauté. Les femmes ivoiriennes portent beaucoup de charges, travaillent beaucoup, leur statut doit donc être valorisé à juste titre.

D’autre part, j’essaie de mener un travail de sensibilisation, qui s’adresse également aux hommes, pour expliquer les inégalités entre les sexes (en Côte d’Ivoire et dans le monde), et en quoi cela porte préjudice aux femmes, mais aussi à la société dans son ensemble. C’est une grande fierté lorsque des hommes viennent nous voir pour dire qu’ils se rendent compte que certains de leurs comportements ne sont pas normaux et qu’ils doivent les changer vis-à-vis des femmes de leur entourage.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

Beaucoup de raisons ont motivé mon choix de partir avec Empow’Her en Côte d’Ivoire. Mais ce qui m’a le plus séduite c’est l’aspect « empowerment », c’est-à-dire qu’on transmet des outils concrets aux femmes, qui sont ensuite capables de gérer leur activité et d’être indépendantes. Souvent, je trouve qu’il y a une relation compliquée, voire une certaine forme de dépendance des « bénéficiaires » d’un programme vis-à-vis de l’ONG qui le délivre. Je ne trouve pas cela très sain. La mission de Empow’Her me semblait être une réponse à ce problème. C’est aussi, selon moi, ce que veut dire « empowerment ». L’appropriation par les bénéficiaires des moyens de se rendre eux-mêmes autonomes et indépendants. C’est ce vers quoi il faut tendre, à mon avis. 

Quels sont les aspects préférés de ta mission ?

Les aspects que je préfère dans ma mission sont les formations, au cours desquelles on est en contact direct avec les femmes entrepreneures, qui nous transmettent beaucoup et me font chaque jour me remettre en question et grandir en tant que femme. Ce sont des moments d’échange très riches.

J’aime beaucoup aussi le volet sensibilisation, que j’ai pu développer récemment, car nous nous adressons à un public mixte, et il est pour moi passionnant de pouvoir sensibiliser les hommes à la thématique de l’égalité et de l’autonomisation des femmes. Le changement de mentalités (vers plus de tolérance, de respect et de non discrimination) est très long mais notre travail est de semer des graines au quotidien, dont nous verrons le fruit dans quelques années, voire décennies.

Journée internationale du droit des femmes

Pourquoi avoir choisi le domaine de l’égalité entre les sexes ?

C’est quelque chose qui s’est fait de manière plutôt inconsciente, et qui est très lié à mon histoire personnelle, à des rencontres avec des femmes féministes qui m’ont beaucoup inspirées et qui m’ont donné envie de m’engager dans cette voie. Je suis profondément affectée par les injustices et je ne conçois pas de rester passive face à celles-ci. Le combat pour l’égalité des sexes en fait partie, et j’ai décidé d’y œuvrer au quotidien.

Penses-tu continuer dans ce domaine ?

Bien sûr. L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes se fait par des biais multiples. À travers ma mission de service civique, j’ai pu embrasser l’aspect «autonomisation économique et sociale ». J’ai également travaillé de près sur la thématique des violences faites aux femmes, qui est un volet que j’aimerais approfondir dans le futur.

Vous souhaitez vous aussi agir pour les Objectifs de Développement Durable en Côte d’Ivoire au travers du volontariat ? N’hésitez pas à contacter l’Espace Volontariats de Côte d’Ivoire qui pourra vous accompagner dans vos démarches.