135KM à pied : Défi relevé pour Audrey, VSI à Conakry

18/06/2018

Audrey Salmon est volontaire pour FIDESCO et envoyée auprès de l’école Sainte Marie à Conakry ; elle revient du pèlerinage de Boffa, un événement annuel emblématique qui réunit 25 000 personnes de nationalités différentes et qui fait partie du paysage culturel et religieux de Guinée.

Pour la petite histoire… cela fait maintenant 55 ans (1963) que de nombreux fidèles catholiques se rendent à Boffa (à pied) durant la première semaine du mois de mai. Berceau du christianisme en Guinée, c’est là-bas qu’entra le premier missionnaire catholique en 1875.

Malgré la fatigue du voyage (imaginez-vous marcher de Conakry à Boffa donc environ 133km), elle a quand même gardé un peu d’énergie pour nous raconter ce périple et le souvenir qu’elle garde de cette cinquantième édition…

Hello Audrey, raconte-nous un peu comment ça s’est déroulé…

Je suis vivante, les pieds en compote mais avec plein de beaux souvenirs en tête ! C’était une expérience unique et je ne regrette pas du tout d’y avoir pris part.  

Des appréhensions au départ ?

Le plus dur c’était surtout de partir sans vraiment savoir ce qui allait m’attendre. Je ne savais pas du tout comment ça allait s’organiser, quel type de sac je devais prendre, avec qui j’allais marcher, quelles affaires prévoir etc. Un peu de stress parce que c’était complètement l’inconnu mais c’est aussi ce qui est génial ; c’est souvent dans ces contextes là qu’on est le plus ouvert à la découverte et le plus souvent surpris.

 

Qu’est-ce-qui t’a poussé à y participer ?

C’est une ancienne volontaire FIDESCO qui m’en avait parlé et qui avait participé. Et puis c’est un peu LE pèlerinage guinéen. On vient en tant que volontaire aussi pour découvrir la culture, le pays et ses coutumes ; du coup ça aurait été dommage de passer à côté. Il y a toute une émulsion autour de cette marche ce qui rend l’événement encore plus particulier et mystérieux. J’étais aussi curieuse de découvrir l’histoire de Boffa et le sanctuaire.

Quelles différences tu notes avec ceux que tu avais déjà fait en France ou ailleurs ?

Deux choses essentiellement :

La tenue : ici la plupart des marcheurs sont en tong et en chaussettes.

Les conditions de logement : il n’y a pas de gîtes, tu dors sur des nattes. Certains villageois offrent l’hospitalité ou laissent leurs champs accessibles.

 

Comment se passaient tes journées ?

De 18h à 11h du matin tu marches. La nuit c’est mieux parce qu’il fait moins chaud et parce qu’il y a moins de monde sur les routes et donc moins de risques d’accident. On a des pauses donc 3h pour pouvoir dormir et reprendre des forces.

Toutes les paroisses suivent le même trajet et s’arrêtent au même lieu de pause. Nous marchons tel un grand cortège, chaque paroisse séparée d’une centaine de mètres. D’ailleurs quand tu es amené à marcher avec des paroisses différentes et donc des groupes différents, tu vois que l’ambiance change d’un groupe à un autre.

Le reste du temps, nous sommes organisés en campement et tu essayes de te trouver de l’eau pour te doucher, tu manges avec le reste du groupe et tu te trouves un endroit qui te paraît agréable pour une petite sieste. Il y a aussi des temps de prière et la messe chaque jour avec tous les pèlerins et prêtres du diocèse. Moment de ressource indispensable ! 

 

Qu’est-ce-que tu retiens ?

La bienveillance des gens et les rencontres que j’ai pu faire. Les premiers jours on était tous très concentré sur notre marche donc chacun était un peu dans sa bulle. Au fur et à mesure, on a vraiment pu échanger entre paroissiens. A Boffa aussi, quand nous sommes enfin arrivés, les gens étaient plus disponibles et donc j’ai vraiment senti une forte solidarité et un bonheur commun d’avoir atteint l’objectif de départ.

 

Ce qui t’a le plus marqué pendant ce périple ?

L’énergie des gens. Après des heures de marche, il y a une dynamique commune qui se créée tout d’un coup : les gens chantent, dansent, courent même. Je trouve que ça illustre bien la persévérance générale des Guinéens ; ici les gens ont une sacrée volonté.

 

Ce qui a été le plus dur ?

Les pieds, ça fait mal le bitume. Et les réveils brutaux avec le mégaphone aussi 

 

Quand tu aperçois enfin Boffa et que vous arrivez au lieu Saint, que se passe-t-il ensuite ?

En fait, Boffa c’est vraiment le début du pèlerinage. Tout ce qu’on a fait avant n’est qu’une préparation, pour se préparer individuellement à l’arrivée dans le sanctuaire.

Sur place, on a des temps de prières, des conférences sur des thèmes divers et variés comme par exemple « Soyons témoin du Christ en acte et en vérité ». Il y a aussi des veillées culturelles avec concerts et témoignages, des processions.

 

Audrey nous a partagé les photos prises sur place, en voici quelques-unes pour vous aider à vous rendre compte de l’ambiance générale et du contexte…