L'Ambassadeur de France en visite au dispensaire St-Gabriel

15/03/2019

Le vendredi 1er mars, France Volontaires Guinée a participé à la visite de Monsieur  l’Ambassadeur de France, de Laurent Barbot – Conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) et du nouveau Représentant en Guinée de Terre de Hommes, David Bridier au dispensaire Saint-Gabriel de Matoto.
 
 
 
La dernière visite datant de la cérémonie des 30 ans en septembre 2017, le Directeur et volontaire Vincent CAMARET tenait à cette nouvelle rencontre au dispensaire, mais cette fois-ci, en activité.
Créé en 1987 par FIDESCO à la demande de l’archevêché de Conakry, le centre s’est fortement développé notamment avec l’ouverture du service maternité en 2002.
Le dispensaire a donc toujours su évoluer et s’adapter aux besoins / contextes locaux tout en gardant la même vocation : offrir des soins de qualité, accessibles aux plus pauvres avec une priorité donnée aux populations les plus fragiles que sont les enfants et les femmes enceintes.
Vincent CAMARET rappelle que les plus gros défis à relever pour le dispensaire sont au nombre de trois : 
Maintenir des soins de qualité avec des prix bas
Intégrer le dispensaire dans le système de santé guinéen tout en conservant ses spécificités
Etre prêt à faire face à des situations épidémiques (comme Ebola en 2014)
 
  
 
 
Nous avons pu visiter le centre en suivant le parcours du patient et en passant par les différents services du dispensaire : maternité, pharmacie, salles de soins, centre de dépistage etc. Deux heures passées à rencontrer l’équipe locale et les volontaires – 90 personnes au total donc 4 à 6 coopérants – qui mettent leur énergie et leurs compétences en commun pour aider et accompagner les 500 patients qui poussent la porte du dispensaire en moyenne chaque jour.
 
 
A la suite de cette visite, nous en avons profité pour poser quelques questions à Monsieur  l’Ambassadeur et Monsieur Barbot…
 
Quel est l’enjeu de cette visite au dispensaire Saint-Gabriel ?
 
Le dispensaire Saint Gabriel est la structure guinéenne qui accueille le plus grand nombre de volontaires français en Guinée. C’est une forme originale de coopération de terrain que la France est fière d’encourager, puisqu’elle repose sur l’engagement des volontaires, et représente une traduction concrète de ce qu’est l’amitié entre les peuples français et guinéen. 
 
Ce n’est pas la première fois que je me rends au dispensaire Saint Gabriel, dont j’ai déjà pu apprécier l’immense travail réalisé par les volontaires de FIDESCO et mesurer l’importance du dispensaire pour les populations de Matoto. On ne peut que se réjouir de la parfaite intégration du dispensaire dans son environnement.
 
Quel bilan tirez-vous de cette visite ?
 
Je suis impressionné par la qualité du travail, part la propreté des locaux, de la cour et par le nombre important de patients. Depuis son ouverture en 1987, le dispensaire a accueilli plus d’un million de patients. Ce simple chiffre suffit pour démontrer le rôle du dispensaire dans le quartier de Matoto. Le dispensaire Saint Gabriel, est emblématique d’une coopération réussie et intégrée dans son environnement.
 
32 ans de soins au service des Guinéens et une année 2018 un peu atypique comme nous l’explique Vincent CAMARET : « Les troubles sociopolitiques ont eu un impact significatif à la baisse sur l’affluence du dispensaire au 1er semestre (surtout concernant les enfants) qui a été en grande partie rattrapée au second semestre où nous avons connu une affluence record ».
 
 
Un mot pour les volontaires et les équipes qui travaillent sur place ?
 
L’ensemble des volontaires FIDESCO effectue un travail formidable. Je suis fier que des compatriotes donnent ainsi une image positive de la France et des français.
Les conditions de travail ne sont pas toujours faciles. Les volontaires sont au plus près des populations parmi les plus défavorisées de Conakry et côtoient tous les jours la misère mais ils gardent leur enthousiasme et leur engagement intacts.
Encore une fois, je tiens à les remercier pour le travail qu’ils accomplissent et pour l’image qu’ils offrent de la France.
 
Le volontariat est un des leviers pour contribuer aux solutions à apporter aux problèmes sanitaires de la Guinée. Quels sont les autres dont nous disposons et comment les institutions jouent leur rôle ?
 
Au-delà du volontariat comme au dispensaire Saint Gabriel, la France est très engagée dans le secteur de la santé.  Pour mémoire, la France s’est très fortement impliquée aux côtés des autorités guinéennes durant l’épidémie Ebola. Plus de 150 millions d’euros ont été dépensés, dont plus de 110 rien qu’en Guinée pour éradiquer la maladie. Durant toute cette période, la France n’a jamais coupé les liens avec la Guinée. Le lycée français était resté ouvert, Air France a maintenu ses vols et les étudiants guinéens continuaient d’être accueillis dans les universités et les écoles françaises.
Aujourd’hui, la France reste très présente dans le secteur santé, notamment par l’intermédiaire de l’Agence Française de Développement et d’Expertise France qui conduisent d’importants projets, que ce soit pour renforcer le système de laboratoire, pour consolider les acquis de la lutte contre Ebola en matière d’hygiène hospitalière, d’appui au système d’alerte et de riposte aux épidémies et plus généralement de renforcement du système de santé.
Par ailleurs, la France appuie de nombreuses interventions des partenaires multilatéraux comme le fonds mondial de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, ainsi que l’alliance mondiale pour la vaccination, et les projets  mère-enfant mis en œuvre par l’OMS, l’UNICEF ou le PAM.
 
L’impact des volontaires est réel mais difficilement démontrable.
Comment les institutions et les pouvoirs publics évaluent aujourd’hui le volontariat ? 
 
Le volontariat est souvent discret mais ses impacts sont réels et reconnus par les autorités guinéennes et françaises. Les autorités françaises ont  précisément créé France Volontaires afin, notamment, de développer et promouvoir toutes les formes de volontariat. Quant aux autorités guinéennes, je puis vous assurer qu’elles en mesurent elles aussi toute l’importance. L’exemple du dispensaire Saint Gabriel et sa place dans le système de santé de Conakry en est la parfaite illustration. C’est un établissement reconnu par les autorités locales.
 
 
Comment le volontariat a-t-il évolué ces dernières années en Guinée / et plus généralement dans le monde ? Qu’est-ce-que le volontariat de demain ? L’effort doit-il être fait sur la réciprocité ?
 
Le volontariat est une forme originale de coopération. C’est sans doute l’avenir de la coopération de terrain, la plus proche des populations. Elle doit être complémentaire des interventions plus institutionnelles de l’AFD et d’Expertise France ou du ministère des Affaires étrangères. Je crois que les deux se développeront conjointement et en bonne intelligence.
Le volontariat de réciprocité, qui permet à des Guinéens de se rendre en France dans le cadre de missions, illustre certainement l’avenir d’un volontariat qui se fonde sur l’échange. L’échange d’expériences, certes, mais aussi des hommes et des femmes.