Retour sur le partenariat FV Guinée et le PAM

27/03/2018

 
Bonjour Edouard, dites-nous tout… Comment est né le partenariat entre France Volontaires Guinée et le PAM
 
Pour réaliser ses projets, le PAM a bien évidemment besoin de subventions et a notamment un appui financier de la part de l’état Français. C’est donc au cours d’une réunion avec l’Ambassade de France que la question du volontariat s’est posée pour renforcer nos équipes terrain. On nous a parlé des alternatives possibles puis de fil en aiguille nous avons fini par rencontrer Telngar, Représentant National pour France Volontaires
De là, nous avons échangé ensemble sur les missions et conditions, monté les termes de référence, tout cela en très peu de temps car les besoins étaient urgents. Nous sommes ravis du résultat puisque nous avons pu concrétiser rapidement le projet et accueillons aujourd’hui Manon et Agathe sur deux projets de sécurité alimentaire.
Pour un peu plus de contexte, nous avons dû faire face à quelques restructurations suite à la baisse des ressources après la crise Ebola ; le volontariat nous a donc apporté une réponse concrète pour pouvoir continuer notre travail auprès des communautés.
 
Qu’est-ce-qui vous a motivé à faire venir des volontaires ? Quelles ont été les motivations premières ?
 
Pour le PAM, l’essentiel était de trouver des personnes avec l’envie et la motivation de travailler auprès des communautés dans la lutte contre la faim et d’observer la vie locale et communautaire pour comprendre comment cela s’articule.
Travailler avec des personnes vulnérables pour leur donner une voix : c’est là tout l’enjeu de ce que nous faisons au quotidien. Cette proximité attendue et essentielle pour mener à bien les missions ne pouvait pas être mieux incarnée que par un volontaire. C’est une question de mentalité : on a tout de suite senti l’implication, l’énergie et c’est cet engouement et cette volonté d’engagement qui nous ont convaincu.
 
Manon et Agathe ont passé une semaine ici à Conakry dans vos bureaux, quel était l’objectif de cette visite en amont ?
 
Se familiariser avec la nouvelle vision du PAM pour l’atteinte de la Faim zéro d’ici 2030, comprendre les arrangements en place, connaître les gens avec qui elles vont travailler et mettre des visages sur des noms… c’est la meilleure façon de bien commencer une mission, vous ne trouvez pas ? Nous avions à cœur de leur transmettre notre enthousiasme et de briser les barrières avant leur départ respectif à Labé et Boké.
 
C’est donc l’heure pour elles de partir… Pouvez-vous nous résumer brièvement leurs missions ?
 
Il faut d’abord revenir sur les raisons qui ont poussé le PAM à faire intervenir des volontaires dans les villes de Labé et Boké…
 
A Labé, c’est la vie des mères et des nourrissons qui est en jeu. Il y avait un travail urgent à faire auprès des mamans pour les accompagner pendant la période critique de la grossesse mais aussi après, pendant les 1 000 premiers jours de l’enfant (période la plus critique pour les nouveaux nés) afin d’offrir une meilleure prévention de la malnutrition chronique. Agathe aura donc pour mission d’être auprès des mères pour leur apprendre les bonnes pratiques en matière d’hygiène, des gestes simples mais qui peuvent faire la différence dans une ville où le défi de l’amélioration des conditions d’hygiène est grand et où, à contrario, l’éducation nutritionnelle est faible. La réussite de la mission sera aussi liée à la confiance que la volontaire aura réussi à instaurer avec les communautés.
Il y a aussi un volet « identification des producteurs locaux » puisque là-bas les ressources ne manquent pas et sont à portée de main. Il faut maintenant organiser et mettre en relation tous ses acteurs pour qu’il y ait une gestion indépendante et durable sur ces enjeux de lutte contre la faim et de malnutrition.
 
A Boké, nous sommes toujours sur une thématique nutrition et santé mais dans un contexte complètement différent. Boké connait un taux de scolarisation très bas et nous nous sommes rendu compte que la cantine scolaire pouvait être une réponse à cette situation. La cantine assurant aux enfants au moins un repas dans la journée, certaines familles se tournent donc vers l’école.
 
Manon devra donc tourner son travail dans la création d’un lien entre l’école et les communautés. Elle travaillera avec les groupements de femmes tout comme avec les producteurs locaux pour engager ces derniers au niveau des enjeux d’alimentation scolaire. Ce projet de cantine scolaire basé sur les productions locales a déjà été initié à N’Zérékoré, en Guinée Forestière, et servira de modèle à Manon pour lui permettre d’analyser les actions concrètes, de comprendre comment tout s’est articulé et de repartir avec les bonnes pratiques à exporter pour Boké. 
Cette stratégie de ravitaillement basée sur les productions locales présente beaucoup davantage sur les questions économiques (augmentation des revenus), de santé (nutrition et habitude alimentaire) et d’éducation (stimuler la fréquentation et l’assiduité à l’école). 
 
Nous leur souhaitons donc une belle réussite et une bonne installation.
 
Last but not least… Maintenant qu’elles sont sur le sol guinéen et que les projets vont commencer, comment voyez-vous la collaboration FV / PAM pendant les prochains mois de mission ?
 
Nous avons un fort besoin d’accompagnement sur les questions de communication, de visibilité et de valorisation des projets. Nous faisons essentiellement des rapports, émettons beaucoup de statistiques mais trouvons peu de temps pour raconter l’histoire qui est la nôtre en Guinée, pour raconter les vies de nos bénéficiaires, les actions de terrain et les changements qu’elles apportent dans la vie des personnes vulnérables. 
La mission d’accompagnement et de formation que propose l’Espace Volontariat de Conakry est intéressante pour les équipes du PAM car c’est aussi ce qui nous permettra d’avoir un regard extérieur et nouveau ; nous espérons pouvoir renforcer nos compétences avec les équipes de l’EV sur ces enjeux de communication et de proximité.
 
Par ailleurs, l’expérience commence à Labé et Boké pour plus de facilité car ce sont deux villes plutôt proches de Conakry et donc du bureau mais nous avons d’autres équipes affectées dans des villes plus éloignées où les besoins sont là… J’espère donc que nous pourrons faire venir plus de volontaires motivés dans les mois/années à venir.
 
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A l’heure où nous finissons d’écrire cet article, Manon et Agathe sont dans un taxi (probablement un peu secouées par les nids de poule et la circulation énergique propre à la Guinée). Nous les retrouverons prochainement à Boké et Labé pour qu’elles nous parlent plus concrètement de leur quotidien et de leur ressenti après quelques mois de mission.
 
Won na témoui ! (A bientôt)