Agnès, Service Civique avec KeepSmiling

21/06/2018

« Je me présente, je m’appelle Agnès, je voudrais bien réussir ma vie (petite appropriation assumée des paroles de notre Balavoine), être aimée (et oui jamais trop). On m’a suppliée de parler de moi, ce que j’ai donc accepté. Que dire de mon parcours ? N’est-il pas simplement celui d’une jeune femme humble de 25 ans caressant l’espoir secret qu’un jour elle obtiendrait le Prix Nobel de la Paix, devant une foule embrasée et des écrans captivés. Allez, trêve de plaisanterie et passons aux choses sérieuses. 

Le Bac, le choix crucial d’une voie, peu d’enthousiasme puis un déclic en lisant par hasard un article évoquant l’humanitaire et la gestion de projets dans ce domaine. Le seuil d’un avenir désormais au-devant, mon imagination s’emballe ; un moi en pantalon de lin parcourant les pays arides, aider, gérer, porter ma pierre et contribuer à la construction d’un nouveau sentier, plus paisible pour tous. Bref un but, qui me semble naturel et une volonté inlassable, irréductible. Direction la fac de droit et l’engagement dans diverses associations au fil des ans (la Croix-Rouge, la SPA, l’AFEV, et l’UNICEF), le regard rivé sur mon but.Mais fuyez-le, il revient au galop : l’ennui universitaire abyssal. Et c’est ainsi que j’ai fui vers les terres néo-zélandaises. Un nouveau souffle, la maturité qui tape à la porte (et qui repart aussitôt), les découvertes perpétuelles, le sentiment de se sentir jeune et libre. Après une année en tant qu’au pair, je retourne sur ma terre natale, en Bretagne, et intègre la filière science politique pour finir sur un Master 2 dans le domaine de la gestion de projets en ONG, à Lyon, comme prévu. C’est donc avec un diplôme presque en poche que je me retrouve à finaliser avec un stage au sein de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou au Burkina Faso où j’ai pu travailler sur diverses thématiques : la protection de l’enfance, le genre, et la migration burkinabé. Un stage peu palpitant bien qu’intéressant souvent coincée entre quatre murs et sous une lumière blafarde, mais au carrefour de collègues sympathiques et bavards. Ce fut surtout une nouvelle confirmation d’un besoin d’être sur le terrain : voir, agir, bref, être actrice de projets vecteurs de changements, ou tout du moins garants d’un pansement. Je souhaite ardemment faire partie de ceux qui tendront une main et mettront au service des autres un peu de leur force. Après tout, chacun ne devrait-il pas faire sa part, avec en écho des élans de réciprocité ? 

Enfin, la fin des études ! Hallelujah ! Oh soulagement, et lever des voiles vers un service civique qui me permettra d’acquérir une autre expérience de terrain et de gestion de projets. J’imagine cette expérience comme un tremplin vers la carrière professionnelle dans le domaine de l’éducation et de la protection de l’enfance à laquelle je me destine (« La face du monde peut changer en une génération, tout dépend de la manière dont nous traitons nos enfants… », Églantine WEB) ainsi qu’une opportunité de compléter mes compétences dans un pays que je ne connais pas. En ce sens, je candidate pour plusieurs missions et l’une d’elle retient mon attention, heureusement, je suis acceptée à Marrakech. Naïve que je suis, je remplie ma valise de tee-shirts et délaisse certains pulls. J’ai été trompée sur la météo… Néanmoins, me voici désormais membre de l’équipe Keepsmiling qui œuvre en faveur des enfants en situation de rue partielle ou totale, sur Marrakech. Notamment, Jemaa El Fna, la grande place touristique où s’entremêlent extrême pauvreté et matérialisme touristique dans une assourdissante mélodie qui ne s’éteindra que dans la nuit.

 

Notre association s’est donnée pour mission la réintégration sociale de ces enfants et les accompagne en entamant un véritable travail éducatif auprès d’eux. En tant que volontaire et appui, je suis chargée de préparer des activités pédagogiques et d’animation pour les enfants, d’effectuer des maraudes, mais aussi en parallèle de créer un projet pour mettre en place un dispositif d’hygiène mobile au bénéfice des enfants en situation de rue totale. En effet, nous estimons crucial de mettre à leur disposition un camping-car aménagé pour leur procurer un accès à l’hygiène et un suivi plus régulier. Et ce, en espérant finalement une réinsertion familiale, sociale pour certains d’entre eux. 

Ce volontariat m’ouvre les yeux sur une problématique que je connaissais peu et tous les blocages qu’il peut exister dans une société, sa culture et ses institutions pour résoudre cette problématique ; et en conséquence, sur la détermination dont il faut faire preuve. Il y a des hauts et des bas, mais c’est à chacun de trouver le moyen de sauter par-dessus les murs ou de se frayer d’autres chemins. Par ailleurs, j’ai eu la chance de tomber dans une équipe agréable où la bonne entente règne, attention à ne pas se laisser distraire d’ailleurs !

Je suis au milieu de cette expérience de service civique se déroulant sur une année et je peux affirmer que le temps passe très vite. Profiter et mettre à profit sont les maîtres mots de cette expérience.« 

 

Pour en savoir plus sur KeepSmiling :

– site internet

– page Facebook