Il témoigne... Lucas, Service Civique à Salemata

02/03/2018

Lucas, Volontaire de Service Civique

Association CAURIS

Salemata, région de Kédougou, Sénégal

 

« Salemata est une ville de 2 500 habitants, coincée entre sept collines, enclavée, au bout du Sénégal Oriental. La découvrir se mérite, on y accède après avoir traversé une route difficile, des pistes de latérite aux nuages de poussière étouffants. Pourtant, c’est ici une des zones les plus préservées du Sénégal, en plein cœur du Pays Bassari, classé au patrimoine mondial de l’Humanité.

C’est là que se déroule ma mission. Salemata possède un collège, le seul à vingt kilomètres à la ronde, un lycée, chose encore plus rare car le premier lycée se trouve à Kédougou situé à quatre vingt kilomètres. Nombreux sont donc les élèves à venir étudier dans cette petite ville qui est le cœur battant de la zone. Des élèves venant d’Ethiolo, d’Epingué, d’Egenga… Avec la création des structures scolaires le taux de scolarisation a explosé, le logement de tous ces élèves qui viennent, le plus souvent, de villages éloignés, à vite posé problème. C’est dans ce cadre que l’association CAURIS (Cellule d’appui aux relations interculturelles au Sénégal) intervient et moi avec, modestement.

 

CAURIS a mis en place un internat (Le « Foyer Egenga ») pour recevoir ces élèves en difficulté de logement. Vingt-huit élèves sont, à ce jour, accueillis, dans cette structure qui leur permet d’avoir le gîte et le couvert, à proximité de l’endroit où ils étudient.

  • Mon rôle est multiple au sein de cette structure. Ma première mission et sans doute la plus importante, est d’assurer un suivi scolaire des jeunes en donnant des cours de soutien l’après-midi et en les accompagnant dans leur travail personnel, chaque soir, de vingt heures à vingt-deux heures.
  • Ma deuxième mission est d’assurer le bon entretien de l’internat (potager, cases des élèves, salle de classe).
  • Troisième mission gérer les comptes de la structure et assurer le lien avec les parrains français de l’internat.

 

 

Mes élèves ont de douze à vingt-et-un ans, douze filles, seize garçons, de la sixième à la terminale. Cette mission demande une certaine capacité à s’adapter. Je dois faire des maths, du français, de l’histoire, des langues, de la physique, le tout à sept niveaux différents.

 

La mission me plaît, le contact est bon, voire très bon avec les élèves, ma mission est d’une utilité certaine et la zone vaut vraiment le coup d’être découverte. Bien sûr, comme la zone est vraiment très enclavée, il faut parfois faire contre mauvaise fortune bon cœur (coupures d’eau, d’électricité, pas de grands magasins sur place, connexion internet limitée). Mais pour compenser il y a la possibilité de découvrir les cultures locales, de comprendre l’existence parfois difficile des gens qui vivent ici et d’effectuer, comme le dit Nizan, la seule espèce valide de voyage qui est « la marche vers les Hommes ». »