Résultats et apprentissages de VolinHa en Equateur

01/11/2017

Le 27 septembre dernier, à l’Alliance Française de Quito, s’est déroulé l’événement de dissémination sur les apprentissages du projet VolinHa  (Volunteering in Humanitariand Aid), financé par l’initiative EU AId volunteers de l’Union Européenne.
 
L´événement a réuni l’association Caritas, la fondation Plan Ecuasol et France Volontaires, ainsi que l’Institut de Recherche pour le développement (IRD) et des volontaires EU Aid Volunteers déployés dans plusieurs villes du pays. Parmi les assistants, l’événement a compté avec la présence des représentants de la Croix Rouge Equatorienne ainsi que de plusieurs associations locales intéressées sur le renforcement de leurs capacités en gestion du volontariat humanitaire et en prévention des risques afin de potentiellement devenir des organisations d’accueil de volontaires européens.  
 
 
Dans une première partie, Evelyne Ladet, Représentante de France Volontaires en Equateur,  a présenté le projet  VolinHa-HO. Ce dernier a contemplé deux volets, un premier sur  le renforcement des capacités des organisations d’envoi (européennes) et un deuxième volet sur le renforcement des capacités des organisations d’accueil (Hosting organisations), coordonné par France Volontaires en Europe. Cette première partie a permis de présenter les organisations qui ont composé le consortium (ActionAid Bangladesh, Cáritas Ecuador, COMHLAMH Irlande, Croix Rouge Burkinabais, Croix Rouge du Burundi, FOCSIV , France Volontaires, Croix Rouge des Philippines), ainsi que les principaux résultats obtenus après deux années de travail, dans les différentes pays d’intervention.
 

L’objectif principal du projet VolinHa  était celui de renforcer les dynamiques du volontariat local, bases sur lesquelles peuvent s’insérer des volontaires internationaux. Les volontaires locaux sont la source clé dans la gestion des crises, qui peuvent répondre aux enjeux liés à la migration, phénomène qui n’est pas particulier à l’Equateur mais se vit au niveau mondial.  Les volontaires internationaux viennent donc en appui des pratiques et des dynamiques locales.

Une deuxième partie a été consacrée à la présentation d’une organisation qui accueille déjà des volontaires EU AID volunteers. C’est ainsi que Paola Pinza, Directirice de la fondation équatorienne Plan Ecuasol, a partagé avec le public l’expérience positive et enrichissante d’être une organisation d’accueil de volontaires Européens. Cette structure accueille depuis février 2017, 20 volontaires européens qui travaillent auprès des communautés de 10 villes différentes, autour de la sensibilisation et la prévention des risques.
 

Ensuite, Raphael Poutignat, a témoigné sur son engagement en tant que volontaire Européen en Equateur. L’ouverture, le dialogue et la compréhension des dynamiques locales sont nécessaires pour appuyer et renforcer le travail et les pratiques locales de communautés.

Pour clôturer cette deuxième partie, Jean-Luc Le Pennec, Représentant en Equateur de l’Institut de Recherche pour le Développement, partenaire de la fondation Ecuasol, a soulevé les risques auxquels est confronté le pays (sismiques, volcaniques, climatiques) ainsi que le  dialogue nécessaire et coopératif entre la recherche, les associations et les pouvoirs publics pour mener un travail efficace de prévention des risques, en particulier au sein des populations les plus vulnérables.

Finalement, dans une troisième partie, c’est Caritas Ecuador, une des organisations partenaires du consortium du projet qui a présenté les résultats et apprentissages du projet en Equateur.
 
Volin-Ha en Equateur
Témoignage de Maria Cristina Landivar-Responsable du volontariat 
 
 Caritas Ecuador, àt ravers la pastorale de mobilité humaine, est une des organisations qui ont fait partie du projet VolinHa de l’initiative EU AID Volunteers de 2015 jusqu’à 2017.  
 
Le consortium était composé de 8 partenaires, parmi lesquels : ActionAid Bangladesh, Cáritas Ecuador, COMHLAMH Irlande, Croix Rouge Burkinabais, Croix Rouge du Burundi, FOCSIV , France Volontaires, Crroix Rouge des Philippines). Tout au long de ces deux années, à travers VolinHa et le consortium, 90 communautés locales auprès desquelles des formations en cascade ont permis de former 490 formateurs et 2272 volontaires locaux, sur:
– La réduction des risques de désastres,
-Premiers secours et psychologiques
-Système d’alerte rapide
-Cartographie sur les risques et la création de comités locaux pour réduire les risques de désastres, avec des autorités locales.
 
Au sein de Cáritas, le projet VolinHa a permis de travailler dans 4 provinces localisées dans la frontière avec la Colombie, en ciblant la mobilité humaine, problématique qui a été au cœur de la formation des équipes locales et de volontaires. La migration est importante dans la zone frontalière avec la Colombie, en particulier dans les régions de Carchi, Imbabura, Sucumbíos et Orellana.
 
La Pastorale de mobilité humaine comptait déjà avec un travail de sensibilisation des populations d’accueil au sein de la frontière au nord et au sud, sur la problématique de la mobilité humaine.  Le projet VolinHA, s’est inséré dans cette stratégie et est venu renforcer ce que Caritas menait déjà avec ses équipes locaux, en particulier le développement du volontariat au niveau local. Par ailleurs, le projet a été associé aux actions menées à travers la campagne « Campagne pour l’hospitalité », mise en œuvre dans toute l’Amérique Latine et promut par le Service Jésuite pour les réfugiés (SJR).

Pendant la mise en place du projet, certaines difficultés ont été rencontrées comme le manque d’information sur ce qu’est le volontariat. En Equateur, une culture du volontariat commence à s’affirmer mais reste présente l’idée d’un volontariat ponctuel, d’assistance et de dons, au lieu d’un volontariat à long terme, qui implique un engagement total. Le défis de pouvoir opérer ce changement de perception autour du volontariat est toujours présent et sur lequel nous devons toujours travailler.

 
C’est grâce au projet VolinHa que nous avons pu aborder en profondeur, lors d’ateliers de formations, les stéréotypes et préjugés sur les migrants afin de promouvoir les valeurs de l’accueil et de l’hospitalité ainsi que le respect de la diversité culturelle.
 
L’impact le plus important du projet est celui d’avoir réussi à assoir avec les équipes locales, volontaires locaux et migrants, et populations d’accueil, les concepts et visions de la mobilité humaine, ainsi que les bases sur lesquelles nous souhaitons construire nos sociétés et les possibilités d’actions et mesures à mettre en œuvre.