DU CHANTIER DE JEUNES AU MONTAGE D’UN JUMELAGE ENTRE ECOLES - Témoignage de Charline

05/02/2018

En ce début d’année, des projets de chantiers/camps d’été sont en cours de montage par des jeunes désireux de vivre un échange culturel. L’Espace Volontariats d’Haïti les accompagne et les encourage dans leur démarche. L’été dernier, nous vous parlions de ces mêmes chantiers. Expériences reconnues enrichissantes par tous, elles donnent parfois aux jeunes l’envie de continuer dans la voie de la solidarité internationale et de monter d’autres actions. Charline PRAIZELIN, 25 ans, revient sur son expérience, et nous explique son projet de jumelage scolaire.
 
NOTRE PROJET EN HAÏTI 
 
Le but de ce témoignage est de vous raconter l’expérience de mission que j’ai vécue avec un groupe de six étudiants. Nous étions et nous sommes resté amis étant donné la richesse que nous à apporté cette mission et l’esprit d’ouverture au monde que nous avons gardé en commun. 
Tout commence à Angers lorsque que j’ai décidé de reprendre mes études en « Conduite et Conception de Projet Humanitaire » à l’école IffEurope. Les étudiants de cette école font partie de l’association « Graines En Vie » (reconnue d’utilité publique) dont le but étant de concevoir et conduire des projets solidaires à l’étranger.
Pour multiplier les choix de missions que nous souhaitons concevoir, chaque élève devait trouver une association partenaire (venant d’un pays étranger) et la proposer à l’ensemble de la classe. Notre groupe a choisi UJADSEL (« Union des Jeunes Actifs pour le Développement Socio- Economique de Léogane ») que j’ai connue par le biais d’un membre du GREF (Groupement d’Educateurs sans Frontières). Nous sommes donc partis au village de Cabaret-Bois-au-Bée, situé dans la commune de Léogane, à Haïti. Par ailleurs, l’UJADSEL à de nombreux projets, dont le principale étant l’accessibilité à la scolarité des enfants et des jeunes du village de Cabaret-Bois-au-Bée. Ainsi, quelques écoles ont vu le jour dans ce village et aux alentours, dont l’école Saint-Baptiste où nous avons mené notre projet. Par ailleurs, le directeur de cette école est aussi le responsable projet de l’UJADSEL. 
Aujourd’hui, avec le recul, je peux dire que nous ne nous rendions pas compte de l’ampleur de cette mission ni de l’impact qu’elle allait impliquer… 
 
Nous avons accordé beaucoup d’importance à ce que notre projet ait du sens pour nous. Le risque était de tomber dans « l’assistanat ». Afin de palier à ce problème et d’entreprendre au mieux notre collaboration avec l’UJADSEL, nous nous sommes posés les questions telles que : de quoi ont-ils besoin ? Avons-nous les compétences et les capacités de répondre à leurs besoins ? Est-ce en accord avec nos valeurs, notre vision de la solidarité ? En quoi cela va-t-il être bénéfique pour eux, mais aussi pour nous ? Quelle sera la suite une fois notre projet fini ? 
 
L’ECOLE SAINT-BAPTISTE DE CABARET-BOIS-AU-BEE 
 
Après le séisme de 2010 l’école fut détruite, elle fut reconstruite en 2015 grâce au partenariat de la communauté Haïtienne du Nord de la France et l’association l’UJADSEL basée à Haïti. 
En 2013 et 2014, le GREF est venu sur place pour former des enseignants Haïtiens afin que les enfants puissent retourner à l’école avoir accès à l’éducation et une formation professionnelle. 
 

Ecole Saint-Baptiste de Cabaret-Boi-au-Bé comprenant les classes de la primaires jusqu’à la grande section, au totale : 10 classes.

Notre logement spécialement aménagé pour nous accueillir, comprenant 3 chambres, deux salles de bain et une salle à manger.
 
DEROULE DE NOS JOURNEES 
 
Comme il était difficile de programmer un planning d’intervention puisqu’il nous manquait une certaine connaissance du terrain (les éléments facilitateurs ou indésirables pouvant impacter sur la mission), nous nous étions préparés à effectuer des modifications durant la première semaine. En effet, c’est ce qu’il s’est passé. Chaque personne de notre groupe était impliquée et nous avions une bonne gestion du monitoring (réunion avec les collaborateurs, c’est-à-dire les professeurs de l’école et les membres de l’UJADSEL, et nos réunions en internes). 
 
Nous avons donc abouti à ce planning, en résumé :
– Les matins : atelier lecture avec les enfants (par petit groupe de 6 enfants par personnes) 
– Les après-midi : soutien scolaire sur les matières que les enfants ont décidé de travailler. Activités jeux et animations avec les enfants 
– Les soirées : débriefing de la journée 
 
A savoir que les heures de cours des enfants se déroulent seulement les matins. La majorité des enfants effectuent ce trajet avec environ 1h de marche (si ce n’est plus) chaque jour, sans oublier la rivière qu’il faut traverser lors des crues. Au vu de ce contexte, nous avons été surpris de recevoir autant d’enfants lors des temps de soutien scolaire. Notre présence forçait leur curiosité mais leur motivation à étudier était sans limites ! Nous avions été victimes de notre succès ! Une fois les activités finies, le combat était rude pour se dire au revoir. 

Une séance de soutien scolaire 
 
En dehors de notre mission, nous partagions des moments de vie en communauté avec les cuisinières et les voisins qui venaient passer la soirée avec nous. Leur générosité et leur accueil à permis de laisser place à la communication et les échanges étaient faciles à entreprendre. Que ce soit la musique, la nourriture, la société…tous les sujets prêtaient à une discussion ou à un débat. 
Par ailleurs, Julien de France Volontaires est venu à notre rencontre quelques jours avant notre départ et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé les conséquences de notre venue dans ce village…La différence avec les précédentes missions réalisées à Cabaret était la reconnaissance ou la considération apportées du fait de notre hébergement sur place. 
 
En d’autres termes, le seul fait de notre venue et de ce partage interculturel a permis de revaloriser l’école. 

Une séance d’animation  
 
ET MAINTENANT ? 
 
Notre équipe de « Graines en vie 2017 » s’est dissoute pour laisser place aux nouvelles initiatives des actuels étudiants. Camille, Margot, Alexia, Arthur, Nicolas, Lucie et moi, sommes partis vers de nouveaux projets personnels et professionnels. Certains on continué leurs études dans le secteur social et solidaire, tandis que d’autres sont partis explorer le monde grâce au Service Volontaire Européen ou en « baroudant » avec un sac à dos. 
 
En ce qui me concerne, je ne souhaite pas que cette expérience reste seulement un souvenir pour moi. J’ai donc pour ambition de faire perdurer les initiatives de développement envers l’école Evangélique-St-Baptiste grâce à la connaissance du terrain, les contacts que j’ai pu garder et les partenaires que je pourrais trouver en France. 
  • Ainsi, l’idée de créer un jumelage entre une école primaire française et l’école haïtienne m’est venue à l’esprit pour répondre au réel besoin de développement social Haïtien et d’ouverture au monde. A travers l’échange de courriers plusieurs fois dans l’année, des jeunes de ces écoles partenaires pourraient apprendre à se connaître, et découvrir la culture de l’autre.
Grâce au soutien de France Volontaires et les différents contacts que j’ai gardés à Haïti, j’espère voir aboutir ce projet qui me tient à coeur .
 
Je souhaite terminer ce texte par un remerciement envers toutes les personnes avec qui j’ai travaillé, qui m’ont fait évoluer aussi bien professionnellement que personnellement. Sans eux, rien n’aurait été possible. La force de la solidarité permet de voir des projets se réaliser et grandir. 
« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » (Gandhi) 
 
Rédigé par Charline PRAIZELIN 
Approuvé par l’ensemble de l’ancienne équipe Graines en vie 
Alexia BOURSIER | Camille MEYER | Lucie OLIVEIRA | Nicolas MONON | Arthur LESAGE 
Margot GAYET