Une fenêtre sur le Fansipan

09/08/2018

Dans le grand jardin du parc national de Hoàng Liên à Sapa, au pied du plus haut sommet de l’Asie du Sud-est le Fansipan, Emeline nous fait découvrir les plantations d’orchidées du parc destinées à la population locale. « C’est un revenu non-négligeable, les orchidées sont des plantes prisées et chères et elles demandent des années d’attention avant de pouvoir être récoltées ».

L’appui technique, le suivi et la sélection des bénéficiaires de ces plantes ne sont qu’une partie d’un projet ambitieux mis en place par Agrisud international dès janvier 2017 dans le cadre de la coopération entre la région Nouvelle-Aquitaine et la province de Lao Cai débutée en 2002 et qui se manifeste dans plusieurs domaines dont le tourisme et le soutien à des cours de français. Ce projet inédit d’Agrisud constitue la partie liée au volet agriculture. Arrivée dès le début du projet et cheville ouvrière de sa mise en œuvre, Emeline connaît parfaitement les enjeux de développement dans la région. L’agroécologie est au cœur de son action : « Le but est d’aider à la diversification des cultures et à la croissance économique de manière durable en tenant compte des enjeux économiques, sociaux et écologiques ». Ce projet innovant se nomme IDEAS et a récemment reçu un soutien financier de l’Agence Française de Développement (AFD).

Emeline entourée de membres du projet IDEAS et de bénéficiaires du projet à l’occasion d’une formation

Ce projet, Emeline l’a fait sien car elle souhaite aider les populations locales comme elle a déjà pu le faire dans le passé en Equateur notamment. Diplômée d’une école d’ingénieurs en agro-développement (l’ISTOM), elle est partie pour cette belle aventure sur une base de deux ans, mais sera renouvelée d’un an pour continuer à suivre ce projet pilote. Coordinatrice du projet, elle travaille avec une équipe de 4 personnes (un coordinateur projet-parc et trois techniciens, tous d’ethnies différentes !) qui l’aident à faire le lien avec les villages dans lesquels le projet IDEAS se développe (8 villages actuellement). Les « rangers » ou gardes forestiers du parc apportent également leur aide en cas de besoin.

« Je vois plus mon contrat VSI comme un emploi à part entière, une véritable expérience professionnelle »

 

Marier sa vision de volontaire envoyée par une ONG française avec un savoir et une expérience locale  pour créer une plus-value est l’aspect le plus intéressant de la mission pour Emeline. Et l’adaptation ?  Il est plutôt facile de s’adapter au Vietnam, où les femmes sont assez respectées, même s’il faut s’avoir s’imposer et apprendre à digérer l’alcool de riz ! Etre perdu au milieu d’autres dialectes (Dzao, Hmong) paraissait également inimaginable avant son départ. « Maintenant ça va, je travaille mon vietnamien haha ! ». Après ce « saut dans l’inconnu » et la peur de trouver une culture très pudique et fermée, elle continue à s’émerveiller des sourires des populations des différentes ethnies qu’elle fréquente.

Dans les paysages magnifiques autour de Sapa qu’Emeline arpente chaque jour, je lui demande : « tu dois t’habituer à cette beauté à force ». Elle me répond « Au contraire, je me dis chaque jour que je suis dans un cadre unique » et d’ajouter :

« Je me vois bien rester au Vietnam »

 

Souhaitons-le-lui ! Le Vietnam lui va comme un gant.