Une goutte d'eau fraîche

23/08/2018

La team Projet Vietnam 2018 sur les lieux du chantier

Pourquoi ce projet ? Qui en a eu l’idée ? Comment et avec qui cela s’est-il organisé ?

Nous étions tous attirés par la Solidarité Internationale. Après avoir passé un entretien au sein de La Goutte d’Eau, nous avons choisi le Vietnam car nous étions très intéressés par ce pays et sa culture. De plus, notre trésorière, Juliette a une petite sœur qui en est originaire.

Nous n’avions pas encore trouvé de contact local précis lorsqu’un groupe de la Goutte d’Eau nommé « Stop Ta Crue » (Vietnam 2017) nous a contacté pour nous proposer de poursuivre leur projet de rénovation d’un collège dans la province de Long An, à Dong Thanh. Ce collège a été très affecté par les crues il y a quelques années, et leur projet visait à rénover un bâtiment et à construire un bloc sanitaire. Ils ont également mis en place une formation au lavage des mains.

Cela nous a tout de suite intéressés et nous avons dès lors établi un contact avec nos deux principaux partenaires locaux : l’association franco-vietnamienne « Les Enfants du Dragon » (via ses responsables Marc de Muynck et Jean-Yves Gourin), et Mrs Linh (la professeure d’anglais du collège de Dong Thanh).

Ceux-ci nous ont beaucoup aidés, d’une part dans l’élaboration du projet (identifier les besoins précis du collège en terme de rénovation et de matériel) mais également d’un point de vue administratif (obtention de visas travail), quotidien (nous logions à l’orphelinat des Enfants du dragon, à quelques kilomètres de notre chantier), etc…

Ce projet s’est donc mis en place en totale collaboration avec eux.

Nous avons également monté ce projet, en collaboration avec 7 étudiantes de la faculté de pharmacie d’Hô Chi Minh. Celles-ci nous ont aidé en amont pour traduire les devis, nous conseiller pour l’achat des ordinateurs… Elles sont venues quelques jours sur le chantier avec nous mais nous ont surtout permis de mieux découvrir la culture Vietnamienne, par le biais de visites et de Weekends dans le Sud du Vietnam.

Nous avons aussi des partenaires français : l’entreprise CapSolidarités (qui nous a dispensé des formations et nous a aidé à élaborer nos dossiers de financement), le bureau de la Goutte d’Eau (qui nous a beaucoup conseillés et épaulés), etc…

 

 

Quelle était l’objectif ?

Notre projet se développe en 4 points :

–          Poursuite de la rénovation de 8 salles de classe (grattage de l’ancienne couche de chaux et peinture), et apport de nouveau mobilier (l’ancien ayant été endommagé par les crues).

–          Construction de 4 lavabos (le nombre total de lavabos étant actuellement insuffisant pour un effectif grandissant)

–          Mise en place d’une formation aux Premiers Secours auprès des élèves volontaires et de l’équipe enseignante, les accidents de voie publique étant fréquents, et les gestes qui sauvent peu connus. Nous avons embauché un formateur professionnel travaillant au Vietnam.

–          Achat et Installation de 10 ordinateurs dans le cadre de l’atelier d’informatique au collège.

 

      

Les volontaires à l’oeuvre

 

Avez-vous pu le mener à bien ?

–          La rénovation est bien menée et le chantier se poursuit après notre départ. Le nouveau mobilier est en train d’être choisi par la direction de l’établissement (comparaison de devis, …).

–          Les lavabos seront mis en place en début d’année scolaire, leur lieu exact étant en train d’être déterminé.

–          La formation aux Premiers Secours, pour des raisons d’autorisations administratives et également de planning, n’a pas pu être dispensée au collège. Nous sommes donc en discussion avec Marc afin de la proposer à la rentrée dans un autre collège, et également aux nourrices de l’orphelinat.

–          Les ordinateurs ont été reçus par le collège et seront installés dès la reprise des cours.

 

Avez-vous eu des financements ?

Oui, nous avons reçu l’aide de plusieurs subventions telles que l’aide Jeunesse et Solidarité Internationale (ou JSI), ou le Fond de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes (ou FSDIE du Crous), mais aussi l’aide de mairies ou d’écoles de nos régions respectives (avec lesquelles nous avons à l’occasion développé des partenariats durables).

 

Racontez- nous un peu votre quotidien sur le chantier

Nous partions de l’orphelinat entre 7h et 7h30 en vélo. Après avoir pris notre petit déjeuner sur la route, nous arrivions au chantier entre 8h et 8h30 en vélo.

Vuong, notre traductrice, nous aidait à comprendre les indications des ouvriers sur notre « mission » du jour : grattage des murs endommagés, nettoyage et ponçage des volets, peinture des salles et couloirs, …

Puis, nous allions manger à 11h30, prenions un petit temps de repos et nous remettions au travail vers 13h00.

Nos journées se terminaient à 17h, lorsque nous retournions en vélo à l’orphelinat.

 

Quelles sont les moments les plus marquants et les plus forts vécus durant votre séjour ? Les plus compliqués et difficiles ?

Dans un projet de solidarité internationale, la partie chantier occupe une place importante mais ce sont les échanges interculturels qui en découlent qui rendent le séjour marquant. En effet, nous avons toujours été accueillis avec énormément de gentillesse et de bienveillance. Que ce soit avec nos partenaires, les étudiantes vietnamiennes, le personnel de l’orphelinat dans lequel nous logions, notre interprète ou les enfants du collège, nous avons vécus des moments de partage et de découverte mémorables : matinées avec les professeurs d’anglais et les collégiens autour de la culture vietnamienne et française, soirées festives avec les locaux (diners, karaokés…), weekend de visite à Da Lat, Can Tho et Long Hai…

Les différences interculturelles sont extrêmement enrichissantes mais peuvent parfois amener à des incompréhensions et/ou entrainer des problèmes de communications. Nous en avons fait l’expérience avec l’organisation de la formation aux premiers secours qui devait se tenir pendant notre séjour mais qui a été déplacée à une date ultérieure. Nous avons également eu parfois des difficultés pour comprendre, malgré la présence de notre interprète, les objectifs et les directives du manager du chantier que nous trouvions parfois très indécis et peu réceptif à nos demandes.

Néanmoins, à force de communication et d’adaptation, nous avons réussi à trouver des consensus et à vivre au mieux cette belle expérience.

Photo de famille avec les élèves du collège de THCS Đông Thạnh

 

Qu’avez-vous pensé, que retiendrez-vous du Vietnam ?

Ce qui fait la beauté du Vietnam est, d’après nous, sa population. En effet, nous étions surpris de l’hospitalité des habitants, qui, nous connaissant que depuis quelques jours, n’hésitaient pas à nous inviter chez eux et préparer des plats locaux dans le but de nous faire découvrir leur culture.

Le karaoké occupe aussi une place très importante dans la société vietnamienne. Il a un véritable rôle de catalyseur social et permet de vaincre facilement les barrières de la langue : en effet, il est possible de croiser un karaoké à tout moment de la journée, n’importe où (dans la rue, le restaurant, ou chez l’habitant…).

Le Vietnam a aussi de magnifiques paysages à offrir. Nous n’hésitions pas à faire un détour chaque jour, en vélo, pour pouvoir apprécier les rizières verdoyantes et les temples très colorés, à l’architecture atypique qui se dressaient sur notre chemin.

La nourriture au Vietnam est totalement dépaysante : les plats locaux, principalement à base de riz, restent tout-à-fait abordables pour un occidental tout en lui faisant découvrir de nouvelles saveurs et des façons nouvelles d’aborder des ingrédients pourtant répandus en Europe. L’alimentation y est d’ailleurs bien plus équilibrée, avec très peu de graisse et une quantité déconcertante de légumes et fruits (souvent cultivés juste à côté) proposée à chaque repas.

 

Avez-vous prévu des suites à ce chantier de solidarité une fois de retour en France ?

            Le collège de Dong Thanh a bénéficié, en deux ans, de la solidarité de deux équipes de La Goutte d’Eau. Aujourd’hui, les bâtiments du collège endommagés par les crues sont rénovés et prêts à accueillir enseignants et élèves dans de meilleures conditions. Il est donc peu probable qu’une équipe de notre association intervienne dans ce collège.

Toutefois, il est tout à fait envisageable que le partenariat entre La Goutte d’Eau et Les enfants du Dragon se poursuive dans les années à venir et qu’une autre équipe construise un projet au Vietnam en lien avec eux.

Dès la rentrée, nous organiserons des conférences et rétrospectives pour partager notre expérience avec les personnes qui nous ont aidé à monter et financer le projet (notamment des communes et un lycée) mais également avec les étudiants de notre faculté lors de l’International Student Week en septembre.

 

Pour conclure quels seraient les conseils que vous donneriez aux prochains volontaires en mission au Vietnam ?

Gardez l’esprit ouvert, essayez de nouvelles choses, et surtout n’hésitez pas à aller vers les gens et (tenter) de leur parler ! Ils seront heureux de vous guider ou vous conseiller dans vos aventures. Puis s’aventurer hors des sentiers battus peut vous réserver de bonnes surprises !

 

Une équipe de choc!