Sortie du film "La jeune fille & le ballon ovale"

L’association Terres en Mêlées présente “La Jeune fille et le ballon ovale” diffusé sur France Ô, émission Archipel - le 14 janvier 2018 à 14h.

12/01/2018

Véritable ode à l’émancipation de la femme par le rugby, ce documentaire produit par les Docs du Nord, retrace le parcours de Marcelia,16 ans, maman d’un petit garçon de 3 ans, de l’apprentissage du rugby dans sa communauté de pécheur au sud ouest de Madagascar jusqu’à sa participation au premier championnat national de rugby scolaire de Madagascar. Au-delà de l’invitation au voyage, de l’initiation au rugby de Marcella, c’est toute l’odyssée vers son émancipation que retrace ce film documentaire remarquablement réalisé par Christophe Vindis et dont l’ensemble des scènes sont issues de la vie réelle de Marcelia et de ses co-équipières.

SYNOPSIS

Elle s’appelle Marcelia. Elle vient d’avoir 16 ans. Elle habite dans le village d’Antsepoka et vit avec toute sa famille de la pêche le long de la Côte Saphir au Sud-Ouest de Madagascar. Elle n’est pas souvent allée à l’école. Elle élève Cristiano, son fils de deux ans, tout en continuant à mener sa vie de jeune fille avec ses copines du village. Marcelia est comme beaucoup de filles de son âge à Madagascar, elle doit se battre pour s’affirmer face aux garçons.

A l’été 2014, Pierre (fondateur/directeur Terres en Mêlées) , un Français, est arrivé dans son village sur une pirogue, amenant avec lui une étrange balle en forme d’oeuf. Marcelia découvre alors que lorsqu’elle tient ce ballon dans ses mains, il lui donne une force prodigieuse. Elle avance avec une détermination nouvelle, même lorsque des garçons se mettent sur son chemin. Match après match, d’essais en essais, les duels gagnés s’enchaînent et les murmures d’admiration du village commencent à monter de la dune où sont postés les spectateurs. Émerveillé par la vitesse, l’agilité et l’intelligence de Marcelia balle en main, tout le village vibre dès qu’elle se saisit de ce ballon.

« Pour la première fois, j’existe à leurs yeux et je n’ai plus peur des garçons… »

Cette prise de conscience et de confiance va amener Marcelia à sortir de son village. Retenue dans l’équipe de rugby à 7 de sa région, elle sera amenée à voyager très loin des siens, jusqu’à la capitale du pays, Antananarivo. Pour elle, une « Vézo » - peuple pauvre et rejeté par les élites de Madagascar - le plus dur des combats commence. Elle devra repousser les regards méprisants et surtout éviter les pièges tendus par la grande ville. Elle va apprendre à mieux se connaître et comprendre comment ce ballon change sa vie ! Mais surtout, elle veut devenir un exemple à suivre pour ses soeurs d’Antsepoka. Ce film raconte son odyssée, vers la reconnaissance et l’émancipation.

« Depuis de nombreuses années, je rêvais de partir avec mes ballons de rugby sur des terres inconnues, vierges et sauvages à la rencontre de peuples aux cultures et traditions préservées. Mes recherches m’ont amenés jusqu’au Vézo, peuple semi nomade du Sud Ouest de Madagascar. En découvrant cette Côte Saphir, j’ai immédiatement compris qu’ici se trouvait le terrain idéal pour passer à l’action. En août 2014, j’ai mené durant 4 semaines une mission d’exploration
le long des 200 km de côtes immaculées de la Côte Saphir, au nord de la ville de Tulear. C’est durant cette expédition que j’ai eu la chance de rencontrer les enfants d’Anstepoka et Marcelia. Leur rencontre fut déterminante dans mon parcours de vie car j’y ai découvert les miracles que le rugby génère dans un village privé d’école, sans aucun commerce ni contact avec le monde extérieur.

INTENTIONS DU RÉALISATEUR Christophe Vindis

« À travers son personnage féminin principal, ce film est une fable moderne, un conte initiatique qui parle de condition humaine et d’émancipation. Depuis quinze ans, je parcours le monde ovale pour raconter mon histoire du rugby. Rien de prétentieux, juste le désir de donner un regard plus sociologique de ce sport. Déjà une dizaine de films composent ce que certains ont qualifié de collection, en lui donnant un nom, « Du rugby et des Hommes ». Et naturellement celui que je commence aujourd’hui s’inscrit dans la lignée des précédents épisodes. Mais il aura une place particulière, parce-que s’il répond à une exigence récurrente, comment parler de rugby en sortant volontairement de la problématique strictement sportive pour se pencher sur des réalités culturelles, sociales voire économiques, il inaugurera un nouveau chapitre de mon travail, que l’on pourrait intituler « Du rugby et des Femmes ».

« LA FIGURE DE MARCELIA EST FORTE PARCE QU’ELLE PORTE EN ELLE LE COMBAT UNIVERSEL DU DÉPASSEMENT DE SA CONDITION. »

C’est mon ami Pierre Gony qui m’a parlé de Marcelia. Nous nous sommes souvent retrouvés au bord des mêmes terrains de jeu et de combat. Il connaît bien mon travail documentaire, et je connais depuis longtemps son engagement humanitaire et éducatif dans le monde du rugby. Pierre a toujours été sensible aux films que j’ai pu réaliser. J’ai souvent été l’auditeur attentif des histoires rapportées de ses missions en Afrique, ou en Asie. Lorsqu’il est rentré d’un de ses voyages à Madagascar et qu’il m’a raconté l’histoire de Marcelia, c’était comme écouter un récit que la puissance transformait en un conte moderne. Les personnages, les lieux, ce voyage initiatique et ses enjeux, tous les ingrédients d’une dramaturgie forte étaient ainsi réunis. Marcelia et le film nous tendaient les bras. Parce que dépasser sa condition de femme en pratiquant le rugby n’a rien de commun à Madagascar, alors raconter ce cheminement incertain, en images et en sons, est vite devenu pour moi une évidence.

La figure de Marcelia est forte parce qu’elle porte en elle le combat universel du dépassement de sa condition. Sa condition de personne que l’on soumet du simple fait qu’elle est une femme mais aussi parce qu’elle appartient à une communauté pauvre et méprisée. 

Alors je conçois ce film comme une digue, une barricade. Quand je me penche sur l’histoire de Marcelia, elle entre forcément en résonance avec mon éducation. Je suis issu d’une famille et d’une génération où la cause paraissait entendue. Et cela, même si le combat, ici, n’est toujours pas terminé… Nos mères s’étaient battues tant bien que mal pour s’émanciper, dans une société où les femmes ont attendu 1945 pour avoir le droit de vote. J’entendais chez moi Ferrat chanter Aragon « La femme est l’avenir de l’homme ». Sauf qu’ aujourd’hui, au coeur même de nos sociétés développées un mouvement inverse, réactionnaire dans sa définition la plus brute, refait surface. Ce que l’on imaginait gagner est menacé par une vague conservatrice qui tend à saper le fondement de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ma fille aînée a presque l’âge de Marcelia, et c’est aussi pour elle que je fais ce film. Pour qu’elle sache que rien n’est jamais acquis, qu’elle comprenne la force et la détermination qu’il a fallu et qu’il faut encore aux femmes pour s’émanciper. »

SUR UNE IDEE ORIGINALE DE PIERRE GONY (fondateur et directeur de Terres en Mêlées)

« Depuis de nombreuses années, je rêvais de partir avec mes ballons de rugby sur des terres inconnues, vierges et sauvages à la rencontre de peuples aux cultures et traditions préservées. Mes recherches m’ont amenés jusqu’au Vézo, peuple semi nomade du Sud Ouest de Madagascar. En découvrant cette Côte Saphir, j’ai immédiatement compris qu’ici se trouvait le terrain idéal pour passer à l’action. En août 2014, j’ai mené durant 4 semaines une mission d’exploration le long des 200 km de côtes immaculées de la Côte Saphir, au nord de la ville de Tulear. C’est durant cette expédition que j’ai eu la chance de rencontrer les enfants d’Anstepoka et Marcelia. Leur rencontre fut déterminante dans mon parcours de vie car j’y ai découvert les miracles que le rugby génère dans un village privé d’école, sans aucun commerce ni contact avec le monde extérieur.

« (...) JE ME SUIS DIT QU’ON AVAIT L’OPPORTUNITÉ DE PORTER UN MESSAGE UNIVERSEL DE PAIX ET D’ESPOIR POUR LE MONDE ENTIER. »

Le ballon a littéralement transformé ce village et, durant 3 ans, j’ai pu mesurer avec TEM l’impact et les bienfaits que l’éducation par le rugby peut provoquer dans la vie et le quotidien des jeunes filles en particulier.

Alors, quand mon ami le réalisateur Christophe Vindis a écouté mon récit avec l’envie d’aller à la rencontre de Marcelia et des ses frères et soeurs Vézo, je me suis dit qu’on avait l’opportunité de porter un message universel de paix et d’espoir pour le monde entier.

« (...) CES MILLIERS DE JEUNES FILLES QUI TROUVENT UNE RAISON DE CROIRE EN ELLES, D’ESPÉRER ET DE GRANDIR DIGNEMENT AVEC LE RUGBY. »

C’est ainsi que ce film est né, pour donner la parole à Marcelia et à ces milliers de jeunes filles qui trouvent une raison de croire en elles, d’espérer et de grandir dignement avec le rugby. C’est la raison d’être de Terres en Mêlées depuis sa création en 2011 et c’est le combat que nous menons tous les jours sur les terrains en France au Maroc, Togo, Burkina Faso et Madagascar »

UNE SORTIE DU FILM EN FANFARE PREVUE A TULEAR !

À l’occasion de la première diffusion du documentaire sur France Ô, Terres en Mêlées organise un grand événement à Tuléar le dimanche 14 janvier.

  • 14H00 - Un tournoi d’ouverture de la journée réunira plus de 200 enfants sur le terrain de l’école normale Application. Le public aura l’occasion de découvrir en action les protagonistes du documentaire. En effet, l’événement réunira l’ensemble des équipes féminines créées par l’association dans le cadre du lancement des quatres premières Rugby Academy à Madagascar (Tuléar, Mikéa Lodge, Ihorombe et Salary Bay).
  • 18H30 - Le Vakok’Art de l’Alliance Française accueillera la première projection du film à Madagascar en présence de Marcelia, de son éducatrice et de toutes ses coéquipières. L’ensemble des partenaires historiques de Terres en Mêlées à Madagascar seront également de la soirée : Le DREN Atsimo Andrefana, la mairie de Tulear, Malagasy Rugby, Mikea Lodge, Salary Bay, Tozzi Green Madagascar, la ligue régionale de rugby Atsimo Andrefana.
  • 19H30 - Un cocktail VIP organisé par l’ORTU réunira les officiels, les partenaires et toute l’équipe éducative de Terres en Mêlées.

TERRES EN MELEES : UNE RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

Le travail de Terres en Mêlées est aujourd’hui reconnu par World Rugby comme l’un cinq meilleurs projets mondiaux d’éducation par le rugby dans le cadre du programme “Spirit of Rugby”. Outre cette reconnaissance, World Rugby apporte son soutien financier, matériel et médiatique aux associations choisies.

Association pionnière mêlant éducation par le rugby et solidarité internationale, Terres en Mêlées a été fondée en 2011 par Pierre Gony, ancien joueur et entraîneur du Stade toulousain, convaincu que le rugby est un puissant vecteur d’éducation, de partage et de liens entre les peuples. Devenue mission centrale de l’association, cette approche a rapidement mis en évidence diverses problématiques sociales :

  • difficultés d’accès à la pratique d’activités ludiques et/ou sportives pour les enfants évoluant dans des environnements difficiles (quartiers défavorisés, pays en développement, zones rurales, zones isolées)
  • besoin d’émancipation des jeunes filles,
  • manque de mobilité,
  • besoin d’ouverture sociale et culturelle des jeunes,
  • nécessité de favoriser les échanges interculturels entre les jeunes à travers le monde,
  • déficit d’information et de réponses proposées à la jeunesse pour faire face aux menaces environnementales.

Terres en Mêlées développe ses projets éducatifs dans cinq pays sous l’étendard du programme Rugby solidaire : France, Togo, Burkina Faso, Maroc et Madagascar en s’appuyant sur un solide réseau d’enseignants et d’éducateurs locaux : 450 professeurs formés et diplômés et 20 éducateurs engagés à plein temps.

Plus de renseignements, sur le site internet de Terres En Mêlées

La jeune fille & le ballon ovale

  • Un film de Christophe Vindis
  • Idée originale : Pierre Gony
  • Production : Les Docs du Nord
  • 1er diffuseur : France Ô
  • © Christophe Vindis