ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces

Le volontariat participe de la construction d'une citoyenneté active. Basés sur un enrichissement et une compréhension mutuels, les volontaires contribuent à l'apaisement des sociétés et au renforcement de la cohésion sociale. Focus sur l'ODD 16 Paix, justice et institutions efficaces.

Constats

  • La justice et la police font partie des institutions les plus touchées par la corruption
  • La corruption, la fraude, le vol et l’évasion fiscale coûtent quelque $1,26 trillions par an aux pays en développement cette somme d’argent pourrait être utilisée pour aider ceux qui vivent avec moins de 1,25 $ par jour pendant au moins six ans
  • L’enregistrement des naissances a eu lieu chez 73% des enfants de moins de 5 ans, mais seuls 46% des enfants d’Afrique subsaharienne ont été enregistrés.
  • Environ 28,5 millions d’élèves du primaire qui ne sont pas scolarisés vivent dans des zones touchées par le conflit.
  • Le taux d’enfants quittant l’école primaire dans les pays touchés par les conflits a atteint 50% en 2011, ce qui représente 28,5 millions d’enfants. Ce chiffre illustre l’impact des sociétés instables sur l’un des principaux objectifs du programme de développement durable à l’horizon 2030 : l’éducation.
  • L’État de droit et le développement sont étroitement liés et se renforcent mutuellement, ce qui les rend essentiels pour le développement durable au niveau national et international
  • La proportion de personnes placées en détention sans condamnation est restée presque constante au cours de la dernière décennie, soit 31% de l’ensemble des détenus.

Les objectifs d’ici à 2030

· 16.1 Réduire nettement, partout dans le monde, toutes les formes de violence et les taux de mortalité qui y sont associés

· 16.2 Mettre un terme à la maltraitance, à l’exploitation et à la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants

· 16.3 Promouvoir l’état de droit aux niveaux national et international et donner à tous accès à la justice dans des conditions d’égalité

· 16.4 D’ici à 2030, réduire nettement les flux financiers illicites et le trafic d’armes, renforcer les activités de récupération et de restitution des biens volés et lutter contre toutes les formes de criminalité organisée

· 16.5 Réduire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes

· 16.6 Mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux

· 16.7 Faire en sorte que le dynamisme, l’ouverture, la participation et la représentation à tous les niveaux caractérisent la prise de décisions

· 16.8 Élargir et renforcer la participation des pays en développement aux institutions chargées de la gouvernance au niveau mondial

· 16.9 D’ici à 2030, garantir à tous une identité juridique, notamment grâce à l’enregistrement des naissances

· 16.10 Garantir l’accès public à l’information et protéger les libertés fondamentales, conformément à la législation nationale et aux accords internationaux

· 16.a Appuyer, notamment dans le cadre de la coopération internationale, les institutions nationales chargées de renforcer, à tous les niveaux, les moyens de prévenir la violence et de lutter contre le terrorisme et la criminalité, en particulier dans les pays en développement

· 16.b Promouvoir et appliquer des lois et politiques non discriminatoires pour le développement durable

Source : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/peace-justice/

1 Français sur 3, prêt à s’engager pour une cause solidaire à l’international

86 % des aspirants volontaires seraient intéressés par des missions à l’international portant sur la paix.

« Les aspirants à un engagement solidaire à l’international seraient prêts à s’engager avant tout dans des missions concernant l’accès à l’éducation (91%), les droits humains (87%), la lutte contre la pauvreté et les inégalités (87%), la paix (86%), l’environnement (83%), la santé (78%), le climat (76%) ou encore l’égalité hommes-femmes (73%). »

En 2016, 8% des volontaires internationaux se sont engagés dans des missions de promotion de la société civile et de la bonne gouvernance dont 5 % des volontaires de solidarité internationale (VSI), mobilisés dans le cadre de missions de promotion de la société civile et de la bonne gouvernance

Source : Etude Opinion Way pour France Volontaires et Courrier International : « Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international » – Novembre 2017

Emilie, VSI au Liban

« Je m’appelle Emilie, j’ai 25 ans et j’habite au Liban depuis environ trois ans. Je suis volontaire de solidarité internationale au Liban depuis 1 an et demi, auprès des Sœurs du Bon Pasteur. Cette mission est le fruit du partenariat avec les Apprentis d’Auteuil. Je suis chargée du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation d’un projet éducatif pour la construction d’une « paix positive » dans trois des centres des sœurs : un centre socio-éducatif, un établissement scolaire et un foyer de protection pour mineures.

Ce projet est principalement financé par le Centre de Crise du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Ma mission consiste à suivre la mise en œuvre de ce projet, en mesurer les impacts et participer à un travail de capitalisation sur les nouvelles pratiques pour une construction profonde de la paix, tels que : des ateliers de sensibilisation entre jeunes de communautés différentes, des cours de théâtre, un travail d’accompagnement auprès de familles en situation de vulnérabilité, etc.

L’objectif est de participer à l’amélioration de la cohésion sociale entre les différentes communautés (Libanais et Syriens, chrétiens, musulmans et druzes) par l’éducation et le renforcement des liens au sein de la famille. Le contexte est délicat, dans la mesure où une partie de la société libanaise peine à refermer ses blessures profondes laissées par la guerre civile (1975-1990) et par la présence de l’armée syrienne au Liban jusqu’en 2005, sans qu’un processus de réconciliation nationale n’ait jamais réellement eu lieu. Cela se manifeste par des tensions entre les communautés, qui certes cohabitent les unes à côté des autres, plus ou moins pacifiquement, mais sans toujours s’accepter ni se tolérer. L’arrivée de réfugiés syriens depuis 2011 (environ un million) n’a malheureusement pas participé à l’amélioration de ce contexte. Les préjugés négatifs à leur égard sont nombreux : ils sont principalement accusés de contribuer à l’insécurité et de perturber le marché du travail.

Dans ce contexte, les Sœurs du Bon Pasteur développent des projets éducatifs, sociaux et de santé, venant en aide aux personnes vulnérables et marginalisées, en particulier auprès des femmes et des enfants, sans discrimination. À travers ce projet mais plus largement dans le cadre de toutes leurs actions, elles œuvrent à mettre un terme aux injustices de la société. Elles agissent tant sur le terrain que lors de la participation à des événements de plaidoyer notamment pour la défense des filles et des femmes, la lutte contre le trafic humain et l’éducation. Ces événements de plaidoyer ont lieu soit dans la région soit à l’étranger – elles ont un statut consultatif en tant qu’ONG auprès de l’ECOSOC, à l’ONU et interviennent dans ce cadre à New York, Genève et Vienne.

Sur le terrain, dans leurs centres socio-éducatifs par exemple, des jeunes de communautés différentes participent ensemble à des activités scolaires (soutien scolaire) et extra-scolaires (travaux manuels, sport, sorties, camp d’été, etc.), tout en recevant un soutien psycho-social si besoin. Ce travail mené auprès des jeunes les aide à transformer les préjugés qu’ils ont parfois en un regard d’accueil et d’acceptation de l’autre tel qu’il est. »

En savoir plus sur Emilie

Ma première année au Liban était une année de césure, une pause entre mes deux années de master. Je me suis engagée en tant que bénévole chez les Sœurs du Bon Pasteur. Je suis passionnée par l’éducation, donc je me suis investie dans les activités de soutien scolaire proposées dans un des centres sociaux de l’association. Par ailleurs, deux matinées par semaine, j’effectuais des tâches administratives au bureau de développement des missions. A côté de mon bénévolat, j’ai suivi des cours d’arabe libanais pour mieux m’intégrer et communiquer. Cette année m’a permis de concrétiser mon désir de travailler dans le domaine de la coopération, en particulier dans celui de l’éducation. Je me suis ainsi inscrite en master 2 spécialisé dans ce domaine, à l’Institut d’étude du développement économique et social (IEDES) de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Après ma première année, j’ai senti que mon action aurait davantage de sens si elle s’inscrivait dans un cadre long et que je voulais continuer à agir avec les Sœurs du Bon Pasteur. Leur mission me tient particulièrement à cœur : leur engagement auprès des personnes les plus vulnérables s’inscrit dans une démarche porteuse d’un sens profond et la passion qui les anime au quotidien m’inspire pour mes futurs projets. À ce moment précis, les sœurs étaient en train de concevoir ce projet de cohésion sociale et de créer un poste de VSI, par l’intermédiaire de France Volontaires. De mon côté, je terminais mon semestre d’étude et devais réaliser un stage pour valider mon master. J’ai été sélectionnée, ce qui était une opportunité parfaite pour à la fois poursuivre ma mission chez les sœurs, tout en mettant à profit ce que mon master m’apportait. Ce que je préfère dans mon poste, c’est de suivre la mise en œuvre du projet et de voir tout ce qui est développé pour les jeunes et leurs familles sur le plan éducatif et social.

Si j’accorde autant d’importance à l’éducation, c’est que je suis profondément touchée par les injustices et inégalités et que je suis convaincue que l’éducation permet d’impacter directement ces problématiques, grâce à des structures complémentaires au système scolaire. En effet, lorsque des enfants et jeunes n’ont pas de cadre propice pour étudier en dehors de l’école, qu’ils n’arrivent pas à suivre en classe et que leurs professeurs ne peuvent pas les accompagner de près, des lieux où ces élèves peuvent venir faire leurs devoirs et être suivis par des tuteurs, sont de réelles opportunités. Cette mission m’a ainsi permis de mieux affiner : l’accompagnement d’enfants en difficultés scolaires. J’ai compris que je ne pourrais pas travailler à plein temps dans un bureau toute ma vie et que poursuivre dans ce domaine me permettrait de mieux concilier bureau et « terrain ». C’est donc vers cela que je m’orienterai après ma mission, en France pour commencer car les besoins sont grands également.

En savoir plus sur les Sœurs du Bon Pasteur

Les Sœurs du Bon Pasteur sont une congrégation catholique, fondée en 1835 et ayant le statut d’ONG. Présentes dans 72 pays sur les cinq continents, elles agissent particulièrement auprès des femmes et des enfants blessés par les circonstances de leur vie et vivant en marge de la société. Engagées dans la lutte contre la pauvreté, elles accompagnent les personnes dans le besoin et s’associent avec d’autres groupes humanitaires pour améliorer et changer les structures qui portent atteintes aux droits de l’homme, de la femme et de l’enfant. Depuis 1893, les Sœurs du Bon Pasteur sont présentes au Moyen Orient, au Liban et en Syrie où elles se dévouent pour la protection et la défense des droits des femmes, des enfants et des familles vulnérables.

Communiqué de presse, le 10 décembre 2018

Journée mondiale des droits de l’homme

LES VOLONTAIRES INTERNATIONAUX, ACTEURS DE PAIX, DE JUSTICE, ET INSTITUTIONS EFFICACES

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » C’est ainsi que débute la Déclaration universelle des droits de l’homme et c’est pour défendre ces valeurs que des milliers de volontaires se sont engagés en dans des actions de solidarité internationale. A l’occasion des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, fêtée tous les 10 décembre, France Volontaires rappelle l’importance du volontariat pour relever les défis de la paix et de la justice à l’horizon 2030.

À la croisée de la solidarité, du développement et de la citoyenneté, le volontariat a été reconnu par les Nations unies dans le cadre de l’Agenda 2030 comme « un moyen puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ». France Volontaires valorise aujourd’hui, dans un livret dédié, les actions des volontaires et de leurs structures d’envoi et d’accueil qui œuvrent au quotidien pour atteindre l’ODD 16 « Paix, justice et institutions efficaces » :

• à l’image de Vanina, volontaire en Volontariat de Solidarité Internationale (VSI), qui œuvre auprès de l’association Coginta, en Guinée, pour un meilleur accès à la justice et à la bonne gouvernance des institutions ;

• Vincent, volontaire en Service Volontaire Européen (SVE), en Italie. Envoyé par les Céméa et accueilli par Ce.Sto, il participe à l’intégration et à l’accompagnement au quotidien des demandeurs d’asile et des réfugiés ;

• Bénédicte, VSI à Madagascar, coordonne des projets de défenses des droits des enfants, notamment des enfants incarcérés, avec l’association « Grandi Dignement » ;

• Émilie, volontaire de solidarité internationale, a choisi d’investir le champ de l’éducation, pour lutter contre les injustices et les inégalités au Liban ;

• le Comité de Coordination du Service Volontaire International lance la campagne « Raising Peace ».

L’étude Opinionway réalisée en décembre 2017 pour France Volontaires et Courrier International, révélait que « les aspirants à un engagement solidaire à l’international seraient prêts à s’engager avant tout dans des missions concernant les droits humains (87%), la lutte contre la pauvreté et les inégalités (87%), et la paix (86%). »[1]. En 2016, 8 % des volontaires internationaux, se sont engagés dans des missions de promotion de la société civile et de la bonne gouvernance dont 5 % des Volontaires de Solidarité Internationale, mobilisés dans le cadre de missions de promotion de la société civile et de la bonne gouvernance [2]. Dans un monde en mutation, la paix, la justice et l’efficacité des institutions sont plus que jamais d’actualité.

En cette journée symbolique, France Volontaires appelle à partager la campagne onusienne dédiée : #StandUp4HumanRights.

Qu’est-ce qu’un engagement volontaire et solidaire à l’international ?

Être volontaire, c’est donner son temps, son énergie et ses compétences au service des autres, tout en se réalisant et en donnant un sens à ses engagements. Et ce, quels que soient l’âge, la fonction, le parcours personnel de chacun. Il existe de nombreux statuts, de nombreuses organisations qui envoient des volontaires à l’international. Mais chacune possède sa spécificité : une durée de quelques semaines ou de plusieurs mois ou années, dans un esprit de découverte interculturelle ou pour une mission d’expertise.

Les engagements volontaires et solidaires à l’international offrent une rare opportunité d’un exercice de citoyenneté et de responsabilité. En un temps marqué par le repli sur soi, le volontariat soutient le projet de rester ouvert sur le monde, de favoriser les relations de sociétés à sociétés et d’exprimer une solidarité active. Si les valeurs attachées au volontariat restent similaires, les pratiques des acteurs sont constamment en mutation pour s’adapter aux nouveaux défis auxquels sont confrontées sociétés d’accueil et sociétés d’envoi des volontaires.

France Volontaires est la plateforme française des Volontariats Internationaux d’Echange et de Solidarité.

Association qui agit dans le champ de la solidarité internationale et Opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, elle réunit l’Etat, des collectivités territoriales et des associations autour d’une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international. Elle s’appuie sur une présence en France et sur un réseau d’Espaces Volontariats en Afrique, Asie et Amérique latine. Centres de ressources, ils informent, orientent et accompagnent les acteurs du volontariat international (candidats, volontaires et bénévoles, structures d’accueil, structures d’envoi, pouvoirs publics, etc.).

Téléchargez le communiqué de presse

• A l’occasion des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les Nations unies organisent la campagne digitale #StandUp4HumanRights

• Contact presse : service.communication@france-volontaires.org

[1] Source : Etude Opinion Way pour France Volontaires et Courrier International : « Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international » – Novembre 2017

[2] Volontaires partis en VSI, VEC ou VIA. Source : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères