ODD 5 : Égalité entre les sexes

Le volontariat participe de la construction d'une citoyenneté active. Basés sur un enrichissement et une compréhension mutuels, les volontaires contribuent à l'apaisement des sociétés et au renforcement de la cohésion sociale. Focus sur l'ODD 5 égalité entre les sexes.

• Environ les deux tiers des pays des régions en développement ont atteint l’égalité des sexes dans l’enseignement primaire.

• En Asie du Sud, en 1990, seulement 74 filles ont été inscrites à l’école primaire pour 100 garçons qui l’ont été. En 2012, les taux de scolarisation étaient identiques pour les filles et les garçons.

• En Afrique subsaharienne, en Océanie et en Asie occidentale, les filles rencontrent encore des obstacles pour entrer à l’école primaire et secondaire.

• En Afrique du Nord, les femmes représentent moins de 20% de l’emploi salarié dans le secteur non agricole. Dans le reste du monde, la proportion de femmes dans l’emploi salarié hors secteur agricole a augmenté de 35% en 1990 à 41% en 2015.

• Dans 46 pays, les femmes occupent aujourd’hui plus de 30 % des sièges dans au moins une chambre du Parlement national.(1)

LES OBJECTIFS D’ICI À 2030

  • 5.1 Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles.
  • 5.2 Éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle et d’autres types d’exploitation.
  • 5.3 Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine.
  • 5.4 Faire une place aux soins et travaux domestiques non rémunérés et les valoriser, par l’apport de services publics, d’infrastructures et de politiques de protection sociale et la promotion du partage des responsabilités dans le ménage et la famille, en fonction du contexte national.
  • 5.5 Garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique.
  • 5.6 Assurer l’accès de tous aux soins de santé sexuelle et procréative et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en matière de procréation, ainsi qu’il a été décidé dans le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et le Programme d’action de Beijing et les documents finals des conférences d’examen qui ont suivi.
  • 5.a Entreprendre des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles, dans le respect du droit interne.
  • 5.b Renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier l’informatique et les communications, pour promouvoir l’autonomisation des femmes.
  • 5.c Adopter des politiques bien conçues et des dispositions législatives applicables en faveur de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles à tous les niveaux et renforcer celles qui existent.

Source (1) et (2) : http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/gender-equality/

1 Français sur 3, prêt à s’engager pour une cause solidaire à l’international

73 % des aspirants volontaires seraient intéressés par des missions à l’international portant sur les enjeux d’égalité hommes-femmes.

« Les aspirants à un engagement solidaire à l’international seraient prêts à s’engager avant tout dans des missions concernant l’accès à l’éducation (91%), les droits humains (87%), la lutte contre la pauvreté et les inégalités (87%), la paix (86%), l’environnement (83%), la santé (78%), le climat (76%) ou encore l’égalité hommes-femmes (73%). »

Source : Etude Opinion Way pour France Volontaires et Courrier International : « Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international » – Novembre 2017

MARIE, ENGAGÉE DE SERVICE CIVIQUE

  • Chargée de mission
  • Envoyée et accueillie par Empow’Her – empow-her.com
  • Côte d’Ivoire

Je suis volontaire en service civique auprès de Empow’Her Côte d’Ivoire. C’est une ONG qui promeut l’autonomisation des femmes à travers l’entrepreneuriat, grâce à des programmes de formation et d’accompagnement. Nous nous adressons à des femmes déjà en activité, ou souhaitant créer leur entreprise. Les programmes de Empow’Her sont adaptés à tous types de niveau d’éducation, tous types de secteur d’activité, de taille d’entreprise, etc. Nous dispensons des formations sur des thèmes transversaux de l’entrepreneuriat : comptabilité simplifiée, gestion financière et des stocks, techniques de vente et commercialisation, bases du marketing et de la communication, étude de marché, rédaction d’un business plan, développement personnel (travail sur la confiance en soi, la prise de parole en public, etc.) ».

D’une part, les formations que l’on dispense sont des outils que les femmes doivent et peuvent s’approprier afin de gérer de manière optimale leur activité. Cela leur permet donc d’acquérir une certaine maîtrise et donc autonomie, financière dans un premier temps, et a fortiori sociale, dans la mesure où leur rôle d’entrepreneure est davantage reconnu au sein de la communauté. Les femmes ivoiriennes portent beaucoup de charges, travaillent beaucoup, leur statut doit donc être valorisé à juste titre.
D’autre part, j’essaie de mener un travail de sensibilisation, qui s’adresse également aux hommes, pour expliquer les inégalités entre les sexes (en Côte d’Ivoire et dans le monde), et en quoi cela porte préjudice aux femmes, mais aussi à la société dans son ensemble. C’est une grande fierté lorsque des hommes viennent nous voir pour dire qu’ils se rendent compte que certains de leurs comportements ne sont pas normaux et qu’ils doivent les changer vis-à-vis des femmes de leur entourage.

De nombreuses raisons ont motivé mon choix de partir avec Empow’Her en Côte d’Ivoire. Mais ce qui m’a le plus séduite c’est l’aspect « empowerment », c’est-à-dire qu’on transmet des outils concrets aux femmes, qui sont ensuite capables de gérer leur activité et d’être indépendantes. Souvent, je trouve qu’il y a une relation compliquée, voire une certaine forme de dépendance des « bénéficiaires » d’un programme vis-à-vis de l’ONG qui le délivre. Je ne trouve pas cela très sain. La mission de Empow’Her me semblait être une réponse à ce problème. C’est aussi, selon moi, ce que veut dire « empowerment ». L’appropriation par les bénéficiaires des moyens de se rendre eux-mêmes autonomes et indépendants. C’est ce vers quoi il faut tendre, à mon avis.

Les aspects que je préfère dans ma mission sont les formations, au cours desquelles on est en contact direct avec les femmes entrepreneures, qui nous transmettent beaucoup et me font chaque jour me remettre en question et grandir en tant que femme. Ce sont des moments d’échange très riches.

J’aime beaucoup aussi le volet sensibilisation, que j’ai pu développer récemment, car nous nous adressons à un public mixte, et il est pour moi passionnant de pouvoir sensibiliser les hommes à la thématique de l’égalité et de l’autonomisation des femmes. Le changement de mentalités (vers plus de tolérance, de respect et de non-discrimination) est très long mais notre travail est de semer des graines au quotidien, dont nous verrons le fruit dans quelques années, voire décennies.

Ce choix de domaine est quelque chose qui s’est fait de manière plutôt inconsciente, et qui est très lié à mon histoire personnelle, à des rencontres avec des féministes qui m’ont beaucoup inspirée et qui m’ont donné envie de m’engager dans cette voie. Je suis profondément affectée par les injustices et je ne conçois pas de rester passive face à celles-ci. Le combat pour l’égalité des sexes en fait partie, et j’ai décidé d’y œuvrer au quotidien.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes se fait par des biais multiples. À travers ma mission de service civique, j’ai pu embrasser l’aspect « autonomisation économique et sociale ». J’ai également travaillé de près sur la thématique des violences faites aux femmes, qui est un volet que j’aimerais approfondir dans le futur. »

Propos recueillis par l’Espace Volontariats de Côte d’Ivoire – www.evfv.org

En savoir plus sur Marie

Je m’appelle Marie, j’ai 24 ans et je vis à Abidjan depuis six mois. Passionnée par la lutte contre les différentes formes de discriminations (notamment sexisme et racisme), j’ai orienté mes projets aussi bien personnels que professionnels au service de cette cause au cours des dernières années.

J’ai un double diplôme (Master 2) à Sciences Po Lyon et EM Lyon Business School. C’est dans cette deuxième école que j’ai co-fondé un collectif étudiant de lutte contre le sexisme, pour sensibiliser les étudiant.e.s mais aussi le corps enseignant à l’égalité femme-homme.

Après une année d’études à l’Université d’État de Rio de Janeiro (Brésil), j’ai fait quelques stages à Rio, notamment dans une petite association locale qui défend les droits des femmes. J’ai travaillé sur des questions de droits sexuels et reproductifs, d’accès aux services juridiques et de santé de base pour les femmes victimes de violences, et sur des actions de plaidoyer pour les droits des femmes en matière de politiques publiques. J’ai ensuite effectué mon stage de fin d’études auprès du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Madagascar, en consolidation de la paix. J’étais en charge des questions liées aux femmes et aux jeunes. Je travaille auprès d’Empow’her Côte d’Ivoire depuis septembre 2017.

En savoir plus sur Empow’Her

Empow’Her est une association française d’intérêt général qui s’engage depuis 2011 pour l’autonomisation des femmes dans le monde. Dans un monde où hommes et femmes ne peuvent toujours pas contribuer de manière égale et libre au développement de leur société, nous misons sur l’entrepreneuriat pour promouvoir plus d’équité sociale et offrons un tremplin aux femmes pour développer leurs propres solutions. Convaincus que l’entrepreneuriat constitue un véritable levier pour appuyer la pleine participation des femmes au développement politique, social et économique de leurs communautés, nos actions visent à :

  • Révéler et développer le potentiel entrepreneurial qui réside en chaque femme dans une logique d’autonomisation économique et d’enrichissement.
  • Soutenir et pérenniser le projet de femmes entrepreneures en collaborant avec des initiatives existantes et acteurs locaux.
  • Sensibiliser le grand public sur le statut des femmes dans le monde et aux enjeux posés par l’entrepreneuriat féminin.

Visitez le site d’Empow’Her

Communiqué de presse, 08/03/2018

Journée internationale des droits des femmes

La contribution des volontaires à l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable n°5 : égalité des sexes et autonomisation des femmes.

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, met en lumière le parcours de volontaires dont les missions et l’engagement personnel font avancer la cause de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes.

A la croisée de la solidarité, du développement et de la citoyenneté, le volontariat a été reconnu par les Nations unies dans le cadre de l’Agenda 2030 comme « un moyen puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ». France Volontaires valorise aujourd’hui, dans un Livret dédié, les actions des volontaires et de leurs structures d’envoi et d’accueil qui œuvrent au quotidien pour atteindre l’ODD 5. Quelques extraits :

  • Le projet du « Centre Socio-Culturel Afoulki » au Maroc, qui mobilise notamment une volontaire de solidarité internationale, améliore la situation socio-économique de femmes en situation de précarité des douars environnants, en favorisant leur autonomisation. Des ateliers d’alphabétisation et des ateliers de formations professionnelles leur sont proposés ainsi qu’un accompagnement dans la mise en place d’activités génératrices de revenus (AGR).
  • Zoé, Volontaire en VSI en Inde avec le Service de Coopération au Développement évoque son expérience avec sa structure d’accueil, Equal Community Foundation. Cette association a créé « un programme d’éducation informelle pour les garçons adolescents qui grandissent dans les quartiers pauvres de la ville, afin de changer leurs attitudes et leurs comportements pour prévenir les discriminations et violences faites aux femmes. »
  • Les bénéfices de ces projets se font également ressentir chez les volontaires : « Les femmes entrepreneures nous transmettent beaucoup et me font chaque jour me remettre en question et grandir en tant que femme » témoigne Marie, volontaire en service civique à Empow’Her en Côte d’Ivoire.

Un sujet qui répond à des préoccupations grandissantes au sein de la société. Selon l’étude réalisée par OpinionWay en décembre 2017 pour France Volontaires et Courrier International : « 73 % des aspirants à un engagement solidaire à l’international seraient prêts à s’engager dans des missions concernant l’égalité entre les sexes. » [1]

Plus d’informations sur le volontariat et les ODD

Pour plus de renseignements, contactez Lucie Morillon : lucie.morillon@france-volontaires.org

[1] Source : Étude OpinionWay pour France Volontaires et Courrier International : « Les Français et les engagements volontaires et solidaires à l’international » – Décembre 2017