Abou, volontaire de solidarité internationale, contribue à la sécurité alimentaire en Mauritanie

Après une première expérience réussie dans le domaine de la sécurité alimentaire, Abou Dia, 43 ans, a choisi de s’engager en tant que volontaire pour le GRDR en Mauritanie. Sa mission de chargé de projets en création d’activités agro-pastorales consiste principalement à accompagner des apprenants lors de leur formation autour des techniques de maraîchage.

22/12/2020

Ta présentation

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je m’appelle Abou Dia, j’ai 43 ans. Je vis en Mauritanie depuis 14 mois, ma plus longue expérience d’expatriation jusqu’à présent. J’ai déjà participé à des missions professionnelles au Mali et au Congo Brazzaville, mais c’est ma première expérience de volontariat.

Quelles ont été tes motivations pour partir en tant que volontaire ?

Bien que l’essentiel de mes expériences aient eu lieu au Sénégal, mon pays, j’ai appris à prendre plaisir dans les missions internationales, la rencontre de nouvelles communautés hors de mon pays est devenue une passion. Au Mali et au Congo, j’ai fait connaissance de modes de vie particuliers et intéressants chez les Peuls du Macina et les Pygmées du bassin du Congo. Bref, le partage d’expérience avec d’autres communautés, cette envie de donner et de recevoir constitue pour moi la première source de motivation.

Comment tu t’es retrouvé en Mauritanie ?

Je coordonnais un projet de résilience et de sécurité alimentaire dans la région de Matam frontalière avec la Mauritanie. Mais je gardais à l’œil toutes les actions similaires menées dans la zone, du côté de la Mauritanie en particulier. A quelques mois de la fin de mon contrat, je sentais le désir de poursuivre cette expérience dans la zone, la Mauritanie n’était pas écartée compte tenu de la proximité géographique. Quand j’ai pris connaissance d’un projet de sécurité alimentaire pour lequel le GRDR cherchait un chargé de mission, j’ai postulé. Au début, il était question d’un contrat local avant qu’on me propose le statut de VSI.  J’ai regardé sur le net pour en savoir plus et j’ai vu que les principes de volontariat s’intégraient parfaitement à mon engagement associatif et citoyen mené dans ma communauté d’origine (pour rappel, je suis un membre actif des mouvements associatifs).

Ta mission

Quelle est ta mission ?

Je suis chargé de la mission « Création d’activités agro-pastorales au GRDR » dans le cadre du projet « Sécurité Alimentaire Formation Insertion Résilience Et Emploi » (SAFIRE) financé par l’Union Européenne. Le GRDR, en consortium avec Terre des Hommes Italie, ECODEV et la Croix rouge française pilote une composante du projet à Nouakchott. Un espace test agricole a été créé dans la commune de Riyad au PK17. Il doit accueillir chaque année 30 apprenants maraîchers pendant 3 ans pour une formation de 9 mois sur les techniques de maraîchage. Mon travail consiste à accompagner les apprenants maraichers dans l’élaboration de leur projet professionnel qui leur permettra de s’autonomiser et de s’insérer sur le plan professionnel.

Comment as-tu adapté ta mission pendant cette pandémie de la COVID-19 ?

Avant la pandémie, les 30 maraîchers étaient mobilisés du lundi au vendredi de 9 h à 12 h pour des séances collectives théoriques et pratiques ainsi que des entretiens individuels au besoin. Avec la crise sanitaire, des mesures de réadaptation ont dû être planifiées. Les 30 maraîchers ont été scindés en 5 groupes de 6. Chaque groupe devait passer une fois par semaine tout en respectant les mesures de distanciation. Un dispositif de lave main a été installé et des masques distribués. Cette stratégie nous a permis de poursuivre nos activités jusqu’à la fin de l’année. Dans l’imminence d’une nouvelle vague de contamination avec les récentes mesures prises par le gouvernement, nous avons réadapté notre calendrier en procédant par équipe de 15 devant se relayer tous les 2 jours. Nous avons également réduit les séances théoriques en salle en se focalisant sur les travaux pratiques : chaque apprenant maraîcher travaille individuellement sur sa parcelle ce qui réduit sensiblement les contacts et les risques de contamination. Et enfin pour optimiser la lutte contre la COVID 19, des masques ont été distribués à l’ensemble des apprenants.

Que peux-tu nous dire de ton expérience ?

Sur le pays en général

La Mauritanie est un vaste pays sahélo-saharien situé entre le Sénégal et le Maroc avec un très long littoral. C’est un pays qui regorge de ressources naturelles (pétrole, or, phosphate, fer, etc.) pour seulement moins de 4 millions d’habitants. On note dans l’ensemble un climat politique apaisé.  J’ai retrouvé les mêmes ethnies composant le Sénégal. Mais je peux dire que j’ai appris davantage sur la culture maure, le mode de vie des nomades du désert.

La vie au quotidien                                                                                     

Pour moi, la découverte de la Mauritanie est un prolongement de ce que je connaissais déjà en tant qu’originaire de la région du fleuve Sénégal. Etant Peul je me suis facilement intégré auprès de la population que je trouve très hospitalière. Mais dès que je me suis installé à Nouakchott, j’ai vite constaté un mode de vie à forte influence du désert. Ici la perception du temps est différente, il faut 9h pour que la journée commence et elle se termine tard dans la nuit. J’ai l’impression que tout le monde est pressé, en circulation dans les rues, au niveau des espaces publics, etc. De façon générale, je n’ai pas de problème sécuritaire.

Le mot de la fin

Un conseil aux futurs volontaires ?

La Mauritanie est un pays spécial avec beaucoup de potentialité. Pour les candidats au volontariat, ils y trouveront un climat socio-politique pour l’essentiel stable et de la sécurité. Les populations sont très accueillantes. Pour ceux qui compte descendre sur le terrain au niveau des populations locales, il faut se préparer face aux barrières linguistiques, ici tout le monde ne parle pas français : la maîtrise du hassaniya et du poular serait un grand atout.