Abou, volontaire ivoirien engagé auprès de migrants au Maroc

Pendant 1 an, Abou a participé à un projet de coopération sud-sud en matière de migration et développement en tant que VSI chargé d'appui aux migrants subsahariens dans la région du Souss-Massa au Maroc. Retour sur son expérience de volontariat.

01/08/2022

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Frederic Kadjo ABOU Junior, célibataire sans enfants et de nationalité ivoirienne, provenant de la région de San-Pedro. J’ai été Volontaire de Solidarité International (VSI) à Agadir au Maroc, en matière de migration dans le cadre d’un projet de coopération sud-sud (ndlr : coopération sud-sud en matière de migration et développement entre le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, projet cofinancé par l’Union Européenne et le Ministère allemand fédéral de la Coopération économique et du Développement et mis en œuvre par Expertise France et la GIZ (agence de coopération internationale allemande pour le développement)).

Peux-tu présenter la structure qui t’a accueilli au Maroc et tes missions ?

Ma structure d’accueil est Migration et Développement. C’est une association franco-marocaine de droit français, créée en 1986 par des migrants pour mener des actions de développement durable.

Mes missions portaient sur l’appui d’urgence aux migrants subsahariens :

  • Ecoute et orientation tout en les sensibilisant sur les droits notamment les droits sociaux
  • Les structurer en association tout en assurant le suivi de leur vie associative.
  • Appui à la gestion des ateliers sur la thématique de la migration.
  • Appui sur le projet de mobilité et de réciprocité qui consistait à envoyer 10 jeunes marocains en service civique en France plus précisément dans la région PACA.
Atelier sur le projet de mobilité et réciprocité du service civique

 

Pourquoi as-tu voulu faire un volontariat ? Et pourquoi au Maroc ?

Le volontariat pour moi était un rêve que je convoitais depuis plusieurs années et je me demandais à quel moment cette opportunité se présenterait à moi.

Je voulais faire du volontariat car pour moi cet engagement est une opportunité précieuse qui permet à tout jeune d’enrichir son quotient intellectuel tout en acquérant des nouvelles compétences, expériences et de connaitre puis maitriser ses capacités humaines.

Mon choix s’est porté sur le Maroc car c’est un pays arabo-musulman avec une très riche diversité culturelle et une économie qui se rapproche de l’Europe. Depuis sa réintégration au sein de l’Union Africaine le 30 janvier 2017 et le 05, 06 juin 2017 au 51e sommet de la CEDEAO à Monrovia, il a adopté une politique migratoire vis-à-vis des pays subsahariens. C’est cela qui m’a amené à plus m’y intéresser.

Est-ce que tu as connu des difficultés ?

Non, car la pratique du football a été un moyen d’intégration facile pour moi.

Quel est ton meilleur souvenir ? Que retiens-tu de cette expérience ?

Mon meilleur souvenir s’identifie à travers ma rencontre sur le terrain avec les migrants subsahariens du village de Taddart avec qui nous avions un entretien. J’étais chargé de jouer le rôle de médiateur entre cette communauté et ma structure d’accueil.

Je retiens de cette expérience une grande responsabilité et une ouverture approfondie sur l’interculturalité.

Qu’est-ce que France Volontaires t’a apporté ou peut apporter aux volontaires selon toi ?

France Volontaires m’a appris à m’adapter à toute situation en cas de changement de dernière minute, une situation que j’ai vécue à travers la délocalisation de ma structure d’accueil et mon voyage pour rentrer dans mon pays d’origine. France Volontaires permet d’être un ambassadeur de sa culture lorsque tu es hors de ton pays.

Quels sont tes projets pro/perso maintenant que tu es de retour en Côte d’Ivoire ?

Mon projet est de réinvestir mes compétences en postulant dans des associations internationales exerçant dans le domaine de la migration pour apporter mon expérience et les compétences que j’ai acquis.

Quels conseils tu donnerais à quelqu’un qui veut faire une mission de volontariat ?

Le conseil que je donnerais est de franchir le pas. Le volontariat est une opportunité que toute personne doit prendre au sérieux dans la mesure où elle consiste à un renforcement des capacités professionnelles et une ouverture approfondie sur l’interculturalité qui contribue au développement d’une jeunesse et d’un pays.