Agathe, sage-femme au Cameroun

Agathe est partie il y a près d’un an au Cameroun pour une mission de volontariat de solidarité internationale avec Fidesco. Sage-femme dans un hôpital à Yaoundé, elle nous raconte son expérience.

05/12/2019

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je m’appelle Agathe, j’ai 30 ans, je suis mariée et j’ai un enfant de 15 mois, qui avait 4 mois à notre arrivée au Cameroun. J’exerce le métier de sage-femme depuis 7 ans.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

Ce projet d’engagement était comme une évidence, je me sentais appelé à ça. J’avais besoin de me donner gratuitement et d’aller à la rencontre des autres. Et enfin besoin de se « dépouiller » du superflu. Avec mon mari nous étions sur la même longueur d’onde. C’était un vrai projet de couple.

Quelle est ta mission en tant que volontaire ?

Ma mission : Sage-femme dans un hôpital de quartier tenu par des sœurs. On ne m’avait pas donné de directives particulières donc le 1er mois j’ai observé pour savoir où je pouvais être le plus utile. Finalement j’ai trouvé ma place en faisant les consultations prénatales. 

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

  • perte totale de repères
  • accueil chaleureux des gens du quartier 
  • pauvreté matérielle importante 

Qu’as-tu appris/transmis ?

J’ai appris à vivre simplement : des jours sans eau courante, dans un quartier accessible par une piste, et avec des revenus modestes. J’ai aussi appris à m’adapter à une autre culture et surtout une autre façon de pratiquer la médecine. Ce que j’ai transmis : certainement un peu de ma culture, et peut-être une autre image « du blanc ».

Tes meilleurs souvenirs ?

Notre vie quotidienne au quartier et les liens que nous avons tissés.

Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées ?

Ne pas juger certaines façons de faire notamment la façon de s’adresser aux patientes que je trouve très agressive. Gérer certaines choses du quotidien avec un bébé de 4 mois. Par exemple trouver des petits pots quand on voyage, c’est plus d’une heure de route A/R, et un budget important par rapport à nos indemnités. Et l’accès périlleux de notre quartier quand il pleut, la montée de la piste en voiture est impossible sauf en 4×4.

Que retiens-tu du pays dans lequel tu as effectué ta mission ?

Les couleurs vives de la joie, des rires, des tenues qui contrastent avec les couleurs sombres de la pauvreté, des difficultés quotidiennes.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Je ne sais pas trop… je pense un quotidien ordinaire avec au moins un engagement durable tourné vers les autres.

Un conseil aux futurs volontaires ?

ABANDONNEZ-VOUS !!!  Donnez-vous sans attentes particulières.