Amandine, volontaire en service civique à Saraguro

Amandine Jamot est volontaire en service civique avec La Guilde à Saraguro, petite ville située dans les Andes, pour une durée d’un an. Au sein de la Casa Mashi Pierre, elle apporte un appui scolaire aux enfants notamment en les aidant à faire leurs devoirs.

09/06/2020

Quelques mots sur vous et sur vos motivations à venir en Equateur pour faire un volontariat ?

Je m’appelle Amandine, j’ai 23 ans. Après avoir fini ma licence sciences de l’éducation j’avais besoin de partir. J’ai donc fait un petit voyage de trois mois en Amérique du Sud durant lequel j’ai pu apprendre un peu d’espagnol. En rentrant j’ai eu envie de repartir. J’ai toujours voulu faire un volontariat, je n’avais juste pas encore rencontré le projet adéquat. Le fait d’avoir quelques notions d’espagnol m’a donné la confiance suffisante afin de postuler pour un volontariat en Equateur. Et me voilà partie.

Que signifie pour vous faire un volontariat ?

Dans ma tête, faire un volontariat c’était découvrir une nouvelle culture, un nouveau mode de vie et apprendre à vivre différemment. C’est donner de soi, partager, grandir et encore apprendre.

Quelles sont vos missions et votre quotidien en tant que volontaire ?

En Equateur, je suis volontaire pour la Fondation Mashi Pierre qui travaille pour les enfants. Elle a pour but de les aider scolairement en proposant un espace libre, dans lequel nous sommes là pour les aider à faire leurs devoirs. Mais également socialement car nous leur proposons des activités diverses et variées pour des moments de partage tous ensemble. Nous intervenons également dans de petites écoles isolées pour donner des cours d’anglais aux enfants. Ces écoles n’ont pas de professeurs d’anglais attribué par l’Etat qui a rendu obligatoire l’anglais dès l’entrée à l’école.

Qu’est-ce qui vous a surprise le plus en arrivant en Equateur ?

Tout d’abord, je crois que ce qui m’a le plus surprise est la facilité de se déplacer. Tu veux aller dans une autre ville ? Aucuns soucis, même au dernier moment. Pas besoin de préparer à l’avance ton voyage ni de réserver. Tout est plus spontané, il te suffit d’aller à la gare routière et prendre le premier bus qui s’en va. Et hop, tu peux partir.
En Equateur, j’ai été surprise de voir à quel point le climat pouvait changer d’une région à l’autre. Mais je pense qu’en plus de l’Equateur je suis arrivée à Saraguro. Saraguro est un monde à part dans lequel la culture indigène rythme la vie.
J’ai été agréablement surprise par ses paysages merveilleux, son rythme de vie plus tranquille et agréable. Tout est un peu plus rustique mais c’est ce qui lui donne tout son charme. La végétation est incroyable, il y a des fruits succulents, les plats sont fait à partir de la nature et tout ce qu’il faut pour s’épanouir.

Quel est votre regard sur votre pays d’accueil, sur la région dans laquelle vous vivez et sur ses habitants ?

L’Equateur est un petit pays où les longs trajets de bus ne font peur à personne. Les différentes régions apportent différents comportements et des paysages diverses et variés.
La Sierra, région dans laquelle je vis, a un climat plutôt frais jusqu’à ce que sorte le soleil. A Saraguro, il fait bon vivre. C’est un petit village où se mêlent richesses et pauvreté avec des écarts énormes mais une chaleur humaine agréable. Lorsque je suis arrivée dans ma nouvelle maison pour un an, ma propriétaire m’a accueillie en disant “Tu arrives dans cette maison et je te souhaite la bienvenue. Tu y seras toujours chez toi et la bienvenue.”. Mais comme tout petit village, les étrangers sont très vite remarqués et le regard des gens peut parfois être pesant.

Il existe également ici un clivage important entre les métisses et indigènes. Mais j’ai pu me vêtir de la tenue indigène sans me sentir juger au contraire. J’ai pu voir une sorte de fierté dans le regard des gens en me voyant avec leur tenue.
Le partage et la convivialité sont les moteurs de cette culture encore très présente ici.
C’est un monde à part du reste du monde, comme si le temps s’était arrêté. Cela lui donne ces bons et ces mauvais côtés. Cela rend Saraguro unique. Cela rend cette expérience inoubliable et plus qu’enrichissante. Merci à Saraguro de m’avoir fait vivre.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent vivre une expérience de volontariat ?

Si quelqu’un souhaite faire un volontariat, qu’il fonce. Nous n’avons qu’une vie et il n’y a rien de mieux que de la vivre à fond. J’ai tellement appris pendant mon volontariat car on apprend de l’autre comme l’autre apprend de nous. C’est un échange incroyable. Alors si tu es prêt à d’adapter, rester ouvert et échanger avec le monde, je ne peux que te conseiller de le vivre.