Aymeric et Romain, volontaires engagés dans la protection du binturong à Palawan aux Philippines

Romain et Aymeric en sortie terrain

Après plusieurs mois d'attente, Romain a pu enfin rejoindre ABConservation en septembre 2021 pour sa mission de volontariat de solidarité internationale en tant que manager de l'association aux Philippines. Il est accompagné par deux employées philippines et d'un autre volontaire français, Aymeric, arrivé en mars 2022 en tant que Research Project Manager. Découvrez-en plus sur leurs missions, leurs parcours et leur structure d'accueil.

07/06/2022

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Romain: Après une première expérience marquante dans l’aide aux plus défavorisés aux Philippines, j’ai décidé de continuer à travailler dans des domaines où je pouvais continuer à approfondir mes 2 coups de cœurs : le travail social et l’Asie du Sud-est, j’ai ainsi travaillé en fondation environnementale puis été professeur en Indonésie, j’ai été responsable éducatif d’une ONG d’insertion professionnelle pour les plus défavorisés au Cambodge, j’ai travaillé au lycée français à Manille puis en tant que médiateur de rue à Bruxelles avant de rejoindre ABConservation, à Palawan, en tant que responsable des relations publiques puis responsable de branche philippine.

Pouvez-vous nous présenter votre structure d’accueil et ses activités ?

Romain: ABConservation, Arctitis Binturong Conservation est une association dédiée à l’étude et à la protection du binturong, un petit mammifère d’Asie du Sud-Est. Animal méconnu, nous menons une étude scientifique dans son milieu (la forêt) consistant à le suivre pendant plusieurs mois pour connaître son mode de vie (alimentation, interactions, zone de vie, impact …) pour pouvoir ainsi contribuer à sa conservation. En parallèle nous avons d’autres programmes : un programme d’éducation à l’environnement et un programme de développement avec le centre de la faune sauvage de Palawan pour avoir un impact plus global sur la protection du milieu de vie du binturong et de son habitat : la forêt.

Parlez-nous de vos missions et de vos motivations de faire un volontariat.

Romain: En tant que manager de la branche philippine d’ABConservation, mes missions, pour l’instant, ont plutôt consisté à préparer le terrain pour l’équipe scientifique : avoir les accords pour mener l’étude sur le terrain, créer ou approfondir des partenariats, aider l’équipe à se structurer… pour commencer l’étude scientifique en forêt (qui se déroulera sur au moins 3 ans). Mes motivations pour cette mission étaient vraiment par rapport à la structure et aux échanges avec mes présidentes en France. J’ai vite compris qu’il s’agissait d’une structure avec des personnes vraiment investies, avec beaucoup de dynamisme et une très grande envie. La confiance également (j’ai dû attendre 6 mois avant de partir à cause du covid) a été un facteur très important pour moi.

Aymeric: Ma mission est de mettre en place la première étude qui consiste à définir quels sont les meilleurs emplacements possible, en forêt, pour croiser des Binturongs. Ensuite je devrais essayer d’en capturer un pour lui installer un collier GPS et le suivre dans son milieu naturel pour observer et comprendre son comportement et son régime alimentaire. 

Pouvez-vous nous décrire une journée type en tant que volontaire ?

Romain: Nous commençons la journée, avec l’équipe (2 staffs philippines et 2 volontaires) par une courte réunion pour être au courant de nos avancées. Puis en général je me rends chez un partenaire (City ENRO : organe environnemental de Puerto Princesa ; PWRCC : centre de la faune sauvage de Palawan ; …) pour travailler sur nos avancées. L’après -midi je suis plus sur du management de programme ou sur du travail administratif. Nos bureaux font aussi lieu de logement donc je n’ai pas de trajet.

Quel est votre bilan à ce jour ?

Romain: Je suis content de cette mission et ai prévu de prolonger. J’apprécie beaucoup le cadre de travail et surtout la sincérité et la confiance que j’ai de la part de mes responsables en France. Ayant eu de nombreuses expériences professionnelles, je peux dire que j’ai vraiment de la chance d’être ici, avec cet encadrement. Même si ce fut long nous avons enfin eu les accords et pouvons commencer notre étude scientifique (notre projet principal). Le Covid et des changements au sein de nos partenaires nous amènent à reprendre tous nos partenariats. Donc aujourd’hui je suis vraiment impatient de commencer d’autres projets (centre de la vie sauvage, programme éducatif, campagne de communication…) qui seront mes priorités pour l’année à venir.

Quelles sont les difficultés rencontrées ? Et l’accomplissement dont vous êtes le plus fier pendant l’exercice de votre mission ?

Romain: La difficulté principale est liée à l’aspect administratif : réussir à recontacter les partenaires et obtenir les autorisations. Même si j’étais préparé, cela a été plutôt long. La fierté est d’y être enfin arrivé, d’être parvenu aussi à créer des relations plus fortes et de pouvoir me consacrer à d’autres projets.

Aymeric: La majorité des données disponibles sur le comportement du binturong, sa reproduction ou son régime alimentaire proviennent d’études en captivité et seulement trois études ont été réalisées en milieu naturel, ne permettant d’avoir une idée que vague de la taille de son territoire, de son régime alimentaire ou encore des interactions entre individus. La principale réticence des scientifiques à étudier cet animal réside dans le fait que le binturong est particulièrement difficile à observer de par son comportement naturel. En effet, vivant entre 10 et 20 mètres de hauteur et étant majoritairement actif la nuit, les méthodes d’étude classiques ne permettent souvent pas de collecter des informations précises et fiables.

Quelle est votre vision de l’approche environnementale aux Philippines ?

Romain: Je pense qu’il faut essayer d’accompagner une approche éducative de l’environnement car il semble que les personnes ne font pas forcément le lien. Par exemple un cycliste qui fait ce sport pour les paysages, la nature ne va pas réaliser qu’en jetant le contenant plastique de sa boisson il va lui-même à l’encontre de cela. Ainsi travailler sur un programme éducatif positif, constructif (tout en étant « fort » car beaucoup est à faire) est un challenge très intéressant selon moi.

Quels sont vos conseils pour les prochain·e·s volontaires pour cette mission ?

Romain: La mission devrait évoluer dans le futur grâce à nos avancées mais je pense que cette mission est vraiment une bonne opportunité pour s’épanouir professionnellement car il y a moyen de faire des projets, d’essayer, de recommencer… le cadre de travail est bon, la ville est belle, la plage n’est pas loin…

 

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