Camille, volontaire en service civique au Vietnam

Depuis novembre 2018, Camille est volontaire en service civique auprès du Centre de la Francophonie de Vinh. Parcours, mission, intégration au Vietnam... Elle raconte comment se sont déroulés ses premiers mois.

20/05/2019

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Camille, j’ai 23 ans, et je viens du Sud de la France, Montpellier plus précisément.

La musique, la littérature et le dessin prennent une place importante dans ma vie, mais j’aime aussi m’engager et aider les personnes autour de moi. Je m’intéresse beaucoup aux problématiques interculturelles.

Quel est ton parcours ?

Après deux ans de prépa littéraire, j’ai intégré l’ISIT, une école de traduction et management interculturel. J’y ai effectué une année de licence en Management, Communication et Traduction, puis un Master en Communication interculturelle et traduction. Mes langues de travail sont l’allemand et l’anglais. J’ai d’ailleurs vécu à deux reprises en Allemagne dans le cadre de mes études.

J’ai effectué plusieurs stages : dans le milieu associatif, dans la traduction et dans le domaine de la formation interculturelle.

Parle-nous de tes missions et de ta structure d’accueil

Je suis actuellement en Service civique pour une période de 11 mois au Centre de la Francophonie de Vinh. C’est une structure qui œuvre pour la promotion de la langue et de la culture française dans le cadre d’une coopération décentralisée entre le département des Côtes d’Armor et les provinces de Nghệ An et Hà Tĩnh au Vietnam. Nous intervenons sur trois grands piliers : l’éducation et la culture autour de l’apprentissage du français, la santé et l’aide au développement. C’est sur cette dernière thématique que se concentre ma mission, son intitulé étant : soutien et appui aux programmes d’aide au développement.

Mon rôle principal est de m’assurer du bon fonctionnement des parrainages et micro-crédits financés par l’association dans la province de Nghệ An. Pour ce faire je m’occupe des audits, visites aux bénéficiaires, constitution de micro-projets types et communication autour de l’aide au développement. Nous participons par ailleurs tous à l’organisation d’évènements visant à la promotion de la langue et la culture française, et j’interviens comme mes collègues dans des classes pour le soutien à l’apprentissage oral du français (dans une école primaire et un collège de Vinh pour ma part).

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

J’ai fini mes études fin 2018 et ne voulais pas entrer directement dans le monde du travail. Intéressée par les problématiques interculturelles, il me semblait essentiel de passer de la théorie à la pratique en partant 1 an dans un pays à la culture très différente de la mienne, ce que j’ai fait. L’attrait pour les projets de solidarité internationale m’est venu au cours de mes études grâce à mon engagement dans l’association solidaire de mon école. A 23 ans, c’est pour moi le moment idéal de s’engager dans des projets qui ont du sens.

La mission proposée par Côte d’Armor – Vietnam me permettait d’allier ces deux motivations, tout en étant au contact des enfants. J’aimais par ailleurs l’idée de mettre en avant mes passions que sont la musique, la littérature, le cinéma etc.

Quels sont les aspects préférés de ta mission ?

Pour ce qui concerne les cours de français, j’apprécie énormément l’aspect pédagogique : imaginer des cours, puis les mettre en pratique avec les élèves.

De manière générale, le contact avec nos interlocuteurs, partenaires, élèves, bénéficiaires vietnamiens et autres me plait énormément. Je pense qu’il est important pour une association qui œuvre pour l’aide au développement, d’aller à la rencontre des bénéficiaires. C’est finalement même plus enrichissant pour nous que pour eux.

Par ailleurs, ce qui me plait dans une petite structure comme la notre, c’est d’avoir des tâches très diverses et complémentaires et de travailler en équipe avec mes collègues pour les mener à bout. L’autonomie qui nous est accordée nous permet d’apprendre énormément de choses, aussi bien sur le travail que nous faisons, sur le pays où nous agissons que sur nous même.


Quelles sont les compétences, savoir-faire et savoir-être que tu développes au cours de ta mission ?

  • Je développe ma capacité à m’organiser et à avoir une vision globale des projets que nous mettons en place, notamment pour les parrainages et micro-projets. Par ailleurs, la gestion des projets de développement me donne l’occasion de me réapproprier les outils de gestion de projet et mes vieux restes de mathématiques.
  • Nous devons communiquer à travers différents supports sur nos actions (articles sur le site web, vidéos, posts facebook etc.) ce qui me permet de développer mes capacités éditoriales, notamment en m’adaptant au support et au public visé. J’ai ainsi participé à l’actualisation du site internet, ce qui m’a permis de mettre à profit et développer mes compétences dans le domaine du webdesign.
  • D’un point de vue interculturel, je mets à l’épreuve la théorie en communication interculturelle que j’ai pu acquérir pendant mes études grâce aux relations avec nos partenaires locaux : j’apprends à m’adapter à des caractéristiques culturelles propres au pays, notamment le rapport au temps très différent entre Français et Vietnamiens.
  • Au sein de l’équipe, nous devons travailler main dans la main avec notre manager vietnamien et entre Français malgré nos différences de parcours, formations, cultures et personnalités. J’apprends à être à l’écoute de chacun, de leurs besoins et leurs interrogations.

Comment s’est passée ton intégration au Vietnam ?

Il est difficile au premier abord de rentrer en contact avec des Vietnamiens, mais en apprenant quelques mots, et en comprenant un peu mieux la culture, il est plus facile de partager avec les personnes sur place.

Il est difficile tout de même de ne pas pouvoir se « fondre dans la masse » et d’être constamment rappelé que l’on est blanc, surtout à Vinh où les « Hello » fusent lorsqu’on se promène dans la rue. J’ai l’impression qu’on ne sera jamais parfaitement intégrés mais on arrive tout de même à bien trouver notre place et à se sentir bien.

Est-ce que Vinh et le Vietnam correspondent à l’image que tu t’en faisais avant d’y être ?

J’avais fait quelques recherches sur Vinh donc je m’attendais à une ville peu touristique. Il y a finalement plus de choses à faire ici que ce que je m’imaginais. Et j’ai été agréablement surprise de voir à quel point le contact avec les locaux est plus facile dans une ville de taille plus réduite. Je ne pensais en revanche pas que ce serait une ville aussi traditionnelle au niveau des mœurs, et encore plus à Ha Tinh où nous allons parfois.

Le Vietnam me surprend tous les jours, et je suis contente que le pays ne corresponde pas à l’image que je m’en faisais. La plupart des surprises sont positives, à part peut-être la place de la femme que je pensais pas être aussi difficile ici. Mais ceci me motive encore plus pour nos actions d’aide au développement qui visent à aider les femmes et familles pauvres de la province.

As-tu des projets pour la suite ? Que comptes-tu faire et où ?

J’aimerais intégrer l’Institut de l’engagement qui permet aux anciens services civiques de mener à bien un projet professionnel en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé. Je souhaite que ceci me permette de travailler par la suite dans le milieu de la solidarité internationale, dans la gestion de projets interculturels si possible, avant peut-être de repartir en VSI en 2020.

Une petite anecdote pour la route ?

Je pense que beaucoup d’anecdotes auxquelles vous avez droit commencent de la même façon : la première semaine de ma mission nous avons été invités à un dîner avec les parents d’élèves… je ne m’attendais pas à ce que tous les parents viennent trinquer individuellement avec nous. La soirée a fini avec beaucoup d’alcool de riz et de chansons vietnamiennes au karaoké.

Un message pour les candidats français au volontariat au Vietnam ?

La culture vietnamienne est très différente de la notre, ce qui réserve un certain lot de surprises ! On ne s’ennuie jamais et c’est une expérience très enrichissante. Il faut se préparer à un certain choc culturel mais le plus important pour s’en prémunir est de ne pas avoir d’idées préconçues et d’accepter le rythme et la façon de faire vietnamienne.

Pour plus de renseignements, contactez France Volontaires Vietnam :par mail ev.vietnam@france-volontaires.org