Charlotte, volontaire en service civique apporte un soutien scolaire à des enfants en Equateur

Charlotte Lecloux est volontaire en service civique à Saraguro, une petite ville située dans les Andes, pour une durée d’un an. Envoyée par la Guilde, elle apporte un appui scolaire aux enfants au sein de la Casa Mashi Pierre.

03/06/2020

Quelques mots sur vous et sur vos motivations à venir en Equateur pour faire un volontariat ? 

Je m’appelle Charlotte, j’ai 23 ans et j’ai terminé mon BTS Tourisme en juin 2019. J’ai toujours été passionnée par les langues étrangères et le contact humain. J’avais en tête de partir un an à l’étranger pour une mission de volontariat en Amérique du Sud parce que j’adore la langue espagnole (j’avais postulé en Colombie et en Uruguay aussi). J’ai choisi l’Amérique latine parce que ce continent m’attirait. J’ai voulu me lancer dans l’aventure du volontariat pour combiner ma passion pour les langues et le social. Avant de rentrer officiellement dans le monde du travail, je voulais passer une année à donner de mon temps, à être au contact d’une autre culture. Et puis apporter de l’aide dans un domaine, ici l’éducation.

Que signifie pour toi faire un volontariat ?

Pour moi faire un volontariat c’est faire un échange, c’est partager ses capacités et ses connaissances tout en en recevant des nouvelles. C’est apprendre, beaucoup, sur soi même et sur le reste du monde (pour ceux qui font un volontariat à l’étranger plutôt). C’est vouloir donner du temps. Pour ma part, j’ai eu parfois la sensation de mettre ma vie en « pause », alors qu’en fait ma vie a juste pris un tournant différent. Le volontariat, ça fait changer sa vision du monde je pense, ça permet de réfléchir au fonctionnement de nos sociétés. C’est des rencontres aussi, beaucoup de rencontres. C’est un bel échange humain.

Quelles sont vos missions et votre quotidien en tant que volontaire ?

Alors pendant l’époque pré-coronavirus, j’étais volontaire dans une fondation qui accueille des jeunes de 6 à 17 ans les après-midis et les matinées je donnais des cours d’anglais dans des écoles. A la fondation, mes principales missions étaient d’aider aux devoirs, réaliser des activités avec les enfants (cuisine, activités manuelles, bingo etc). Et je devais préparer des cours d’anglais. Je travaillais dans 3 écoles, avec des élèves qui allaient de la petite section au CM2. Aujourd’hui la fondation est malheureusement fermée, mais je continue à envoyer toutes les semaines les cours d’anglais via whatsapp aux profs. Tous les élèves n’ont pas accès à ce que j’envoie malheureusement mais la plupart oui !

Qu’est-ce qui t’a surpris le plus en arrivant en Equateur ?

Le premier pas à la sortie de l’aéroport je pense que c’est les montagnes de Quito. C’est un super souvenir. Je me rappelle les bus qui roulaient la porte ouverte, les taxis qui klaxonnent sans arrêt… j’avoue ça ça m’avait surprise.  Après, je ne pourrais pas lister tout ce qui m’a surprise.. J’ai la chance de vivre à Saraguro, plongée dans la culture indigène, c’est un monde complètement différent. La culture est incroyable avec les rituels,  les croyances, la langue Kichwa, les fêtes, la musique, la nourriture… Tout a été surprenant, et dès les premiers jours. Je pourrais écrire un livre je pense. Je remercie la vie de m’avoir fait connaître ça. Je ne vivrai plus pareil. 

Quel était est votre regard sur votre pays d’accueil, sur la région dans laquelle vous viviez et sur ses habitants ?

Avant de venir je ne savais pas grand chose sur l’endroit où j’allais atterrir.. vraiment c’était l’aventure. Aujourd’hui c’est différent, ça fait 8 mois que je vis là et j’ai appris pas mal de choses. Vivre à Saraguro ça m’a fait me remettre en question sur ma propre culture, sur ma propre éducation (parce que beaucoup de choses marchent différemment ici). Avec un regard critique, il y a des choses nouvelles qui m’ont plu et d’autres moins. Par exemple, les gens vivent du partage, tout le monde se connaît et on a eu la chance de fêter Noël avec… 400 personnes peut-être. A chaque événement il y a toujours de la nourriture pour tout le monde, on partage tout, on boit tous dans le même verre à une fête, les familles sont accueillantes, sont habituées à cuisiner pour des dizaines de personnes. Il y a un lien humain incroyable, un lien qui je crois n’est plus très présent dans nos société occidentales. D’un autre côté, la société ici est très machiste, par exemple pendant les mingas (dans les communauté indigènes les gens se réunissent parfois avec pelles et pioches pour s’occuper des terres, si il a trop plu dégager les roches etc ça s’appelle des mingas). Certaines femmes bêchent aussi la terre mais globalement, les hommes font comprendre que nos tâches à nous c’est plutôt la cuisine. Dans les exercices pour les enfants que donnent les profs, c’est souvent marqué dans la consigne de demander de l’aide à « maman ». Papa est inexistant ? Dans tout ce qui concerne l’école… je crois que oui. La femme n’a vraiment pas une place facile ici. Bref comme partout, il y a des bons côtés et des côtés moins sympas. Bon et sinon les montagnes les paysages sont incroyables. Vraiment incroyables. C’est magnifique les montagnes andines !

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent vivre une expérience de volontariat ?

Foncez. C’est jamais facile, mais ça va vous faire grandir, ouvrir l’esprit. ça va vous rendre riche de rencontres et de souvenirs. Et bien penser qu’il va falloir apprendre à s’adapter à de nouvelles règles et à se remettre en question parfois 😉