Charlotte, VSI à l'Alliance française du Cap

Depuis janvier 2019, Charlotte est Volontaire de solidarité internationale (VSI) à l’Alliance française du Cap, en Afrique du Sud. Face à la crise sanitaire, elle s’adapte et reste engagée en contribuant à des actions solidaires pour les townships d’Afrique du Sud. Elle raconte.

26/06/2020

Charlotte, 32 ans, est responsable des événements culturels et de la communication à l’Alliance française du Cap, association sud-africaine de droit local, dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité Internationale (VSI)[i] avec l’antenne de France Volontaires, à La Réunion. Sa mission consiste à planifier et à organiser les événements culturels en coordonnant l’aspect logistique avec les co-organisateurs, artistes et partenaires. Elle assure également la conception des outils de communication (affiches, invitations, newsletters…), la gestion du site internet et l’animation des réseaux sociaux de l’AllianceDepuis le début de la crise sanitaire, elle s’adapte et reste engagée en contribuant à des actions solidaires pour les townships d’Afrique du Sud. 

« Depuis le 27 mars, l’Afrique du Sud a mis en place un confinement (« lockdown ») très strict pendant deux mois. Les sorties étaient autorisées uniquement pour faire des courses ou pour aller chez le médecin. L’Alliance a été contrainte de fermer ses portes durant 2 mois.  Nous avons continué à dispenser les cours de français en ligne via la plateforme « Zoom » et annulé tous les événements culturels programmés sur l’année. J’ai donc dû adapter ma mission de volontariat et travailler à la maison. Il a fallu réinventer et imaginer des événements sous un nouveau format comme à l’occasion de la fête de la musique, célébrée par un concert en ligne via notre page Facebook. Depuis la semaine dernière, le pays est passé en confinement partiel. L’Alliance a rouvert ses portes, dans un premier temps, au personnel puis au public pour le service traduction et la médiathèque.

Au début, je ne mesurais pas la gravité de la situation. Après un mois, cela a été difficile de rester enfermée dans un appartement. Je suis une personne très sociable et je passe ma vie à l’extérieur, à découvrir le pays, la culture, voyager, randonner et à rencontrer de nouvelles personnes. Cette expérience a été un réel challenge personnel et j’ai eu la chance de la vivre avec ma colocataire Camila, Mexicaine. Je suis d’ailleurs très attachée au Mexique pour avoir vécue deux ans à Mexico City.  Nous nous sommes beaucoup soutenues mutuellement. Nous avons beaucoup appris l’une de l’autre et nous avons échangé et partagé sur nos cultures. Le plus dure à vivre a été la fermeture des frontières et le sentiment d’être bloquée en cas d’urgence. Etre loin de sa famille et de ses amis lors de cette crise nous a fait ressentir la distance et un isolement amplifié.

Cette crise m’a tout de même permis de me center sur soi-même, d’avoir une réflexion profonde afin de réaliser de nouveaux objectifs et projets. J’ai profité de ce temps pour vivre l’instant présent et penser à moi. Je me suis imposé un rythme quotidien avec des horaires réguliers pour travailler la semaine. Le reste de mon temps libre, je me suis réfugiée dans le yoga, la course à pied, la randonnée, le dessin et la cuisine. J’ai fait beaucoup de sport, ça m’a permis de me sentir plus libre et de me sentir bien dans la tête et dans mon corps. J’ai enfin appris et cuisiner et pour la première fois je fais mon pain au levain grâce à la recette de mes meilleures copines de métropole !

La crise sanitaire n’a pas changé ma vision de l’engagement et de la solidarité bien au contraire, elle l’a renforcée. Pour moi, cette crise sanitaire est corrélée à une crise sociale historique. C’est en ce sens que je veux aider et partager mon expérience plus que jamais dans le cadre de ma mission de VSI mais aussi sur un plan personnel via des actions de développement et de solidarité internationale. J’ai par exemple profité de mes dimanches libres pour aider à couper des légumes et faire des soupes pour les personnes vulnérables, notamment pour les townships. Une façon de me sentir utile dans ce contexte de crise sanitaire et sociale planétaire. Aujourd’hui, cette solidarité est incontournable pour garantir de meilleurs échanges, une ouverture sur le monde, le partage et le transfert de compétences humaines au profit d’un monde meilleur. »

Charlotte

 

Site de l’Alliance française du Cap 

 

[i] Mission de volontariat cofinancée par France Volontaires, le Département de La Réunion,  et les fonds européens Interreg V Océan Indien, au départ de La Réunion.