Clarisse, volontaire en service civique pour l'enseignement du français à Việt Trì, au Vietnam

Envoyée par le Service de Coopération et de Développement (SCD), Clarisse, étudiante en césure, est volontaire de service civique au Lycée Trường THPT Chuyên Hùng Vương à Việt Trì où elle appuie l'enseignement du français et participe au rayonnement de la francophonie au Vietnam.

04/06/2020

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Xin cháo, je m’appelle Clarisse, j’ai 23 ans et je suis volontaire française au lycée à option Chuyên Hùng Vương à Việt Trì depuis octobre 2019.

Quel est ton parcours ?

100% scientifique. J’ai étudié en France où j’ai obtenu deux licences d’ingénierie, une en génie thermique et une seconde en génie civil. J’ai continué en première année de master, toujours dans le domaine de l’ingénierie civile, et me voici en volontariat au Vietnam, en année de césure, avant de reprendre mon master à la rentrée 2020.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

Je ressentais l’envie de faire une pause dans mes études, de vivre une expérience unique. Je n’avais jamais voyagé seule, ni aussi loin, et je n’avais pas d’expérience en enseignement. Malgré tout, j’ai tenté ma chance en postulant pour cette mission de service civique. Ce qui m’attirait était la possibilité de vivre une aventure humaine et de développer de nouvelles compétences.

Quels sont les aspects préférés de ta mission ?

Les élèves vietnamiens sont assez timides en classe, mais au fur et à mesure des mois, les plus intéressés par l’apprentissage de la langue se sont ouverts à moi et j’aime la proximité que j’ai pu établir avec eux. Je ne pense pas qu’ils deviendront bilingues grâce à moi, mais je crois que ma présence à pu en pousser certains à s’investir davantage. Travailler en petits groupes ou seul à seul sont mes moments préférés, je peux alors échanger avec eux, faire des jeux, améliorer leur expression orale, leur prononciation et partager ma culture. En retour, à travers leurs mots, leurs histoires et tous les moments passés avec eux, j’ai pu découvrir le Vietnam vu et vécu par des jeunes lycéens.

Quelles sont les compétences, savoir-faire et savoir-être que tu développes au cours de ta mission ?

 La patience, l’écoute et la capacité d’adaptation. La révision de mon français aussi.

Pourquoi le Vietnam ? Et comment s’est passée ton intégration à Việt Trì ?

Je n’ai pas choisi le Vietnam, c’est lui qui m’a choisi. J’avais postulé à plusieurs missions civiques dans le monde, et le seul lycée qui a retenu ma candidature, est celui de Việt Trì. Mon intégration s’est faite rapidement dans la ville, grâce aux professeurs et aux élèves, qui m’ont baptisée d’un prénom vietnamien pour faciliter mon adaptation : Lan. La première semaine m’a plongée de suite dans le bain, je me suis calée sur le mode de vie vietnamien et je me suis aisément adaptée. Le plus difficile a été la langue, puis je me suis faite à l’idée qu’un niveau A2 en vietnamien était tout simplement hors d’atteinte pour moi.

Est-ce que le Vietnam correspond à l’image que tu t’y faisais avant d’y être ?

Honnêtement, je ne m’étais pas beaucoup renseignée sur le pays. J’en connaissais l’histoire et quelques traditions, mais je n’avais pas d’image toute faite. Ainsi, c’est sur le terrain que j’ai tout appris et découvert, de comment devenir une assistante de langue à comment manger avec des baguettes.

As-tu des projets pour la suite ? A la fin de ta mission de volontariat que comptes-tu faire et où ?

Je quitterai mon rôle de professeur pour reprendre celui d’étudiante et je vais finir mon master recherche en France, à Toulouse.

Une petite anecdote pour la route ?

 J’ai été étonnée de constater que les Français sont très appréciés au Vietnam, que ce soit pour la culture, la gastronomie, mais aussi la langue. Certains mots vietnamiens sont très proches du français, comme par exemple « xúc xích » qui veut dire saucisse. J’ai souvent rencontré des Vietnamiens, plus ou moins âgés, qui parlaient bien le français et j’ai eu des conversations inattendues où se mêlaient français, anglais et vietnamien.

Un message pour les candidats français au volontariat au Vietnam ?

Sur place, il est important de bien s’entourer, de ne pas hésiter à chercher de l’aide si besoin et d’avoir à l’esprit que le volontariat est un échange, on a autant à donner qu’à recevoir.