Doha, volontaire marocaine à Toulouse dans le cadre de la Saison Africa2020

Doha a 24 ans, elle est diplômée en architecture et vient du Maroc. Dans le cadre de la Saison Africa2020, il réalise une mission de service civique au sein de Les Abattoirs, un musée d'art contemporain à Toulouse. Elle nous raconte son expérience.

01/09/2021

Ta présentation

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je m’appelle Doha El Mohamadi, je suis marocaine et j’ai 24 ans. Je suis diplômée de l’École Nationale d’Architecture de Rabat.

En parallèle, j’ai fait du bénévolat dans une association appelée « Rabat Salé Mémoire » qui œuvre à la promotion du patrimoine culturel de Rabat et de Salé.  Pendant cette période, j’ai participé à la programmation culturelle et à l’organisation évènementielle pour les journées du patrimoine.

J’ai aussi assisté un artiste, Dynam, sur une fresque murale, lors du festival d’art de rue « Jidar – Toiles de rue » à Rabat.

Ta mission

Peux-tu nous parler de ta structure d’accueil ?

Ma structure d’accueil est « Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse ».

C’est un musée et un Fonds Régional d’Art Contemporain dont les missions consistent à promouvoir l’art à Toulouse et de le diffuser en région à travers des actions diverses : expositions, ateliers, conférences, conversations, etc.

Quel est -ou quels sont- les projets de ta structure d’accueil dans le cadre de la Saison Africa2020 ?

Dans le cadre de la Saison Africa2020, les Abattoirs développent plusieurs projets :

  • Les esprits de l’eau : 5ème édition d’horizons d’eaux, qui est un parcours d’art contemporain le long du canal du Midi avec une œuvre itinérante sur la péniche appelée Tourmente.  Il y a des expositions, à plusieurs arrêts le long du canal, soit en extérieur soit dans des lieux d’expositions partenaires. Des concerts sont aussi ponctuellement prévus par le festival « Convivencia ».
  • L’exposition Au-delà des apparences, il était une fois il sera une fois (Beyond what we see). L’exposition regroupe des travaux d’artistes femmes africaines autour de la notion de transmission, en Afrique mais aussi au-delà.
  • L’exposition Revue Noire, un projet d’art et de photographies d’Afrique.
  • Une série d’interventions dans le cadre du Sommet de Septembre, intitulées Créer les archives de l’art : il était une fois, il sera une fois. Elles réunissent des acteurs du monde de l’art autour des notions de transmission, d’écriture de l’histoire, de rapport aux archives qu’elles soient matérielles ou numériques ; le tout lié au contexte africain.

Le covid impacte-t-il la programmation et les projets généraux de ta structure d’accueil ? Si oui de quelle sorte, et comment rebondit la structure ?

Oui, la structure est restée longtemps fermée aux public à cause des restrictions sanitaires, ce qui implique que les expositions n’ont pas forcément été visitées, qu’il y en a plusieurs qui ont été annulées ou reportées.

Pour pallier à ça, la structure organise des évènements en ligne comme des visites virtuelles des expositions en cours, des conférences, des interventions d’artistes notamment durant « les jeudis des Abattoirs ».
Aussi, pendant leur fermeture, les Abattoirs ont maintenu les expositions dans les cours extérieures ou en région, dans les structures partenaires qui sont restées ouvertes (médiathèques, établissements scolaires, EPHAD, …)

Dans ce contexte, quelles sont tes missions au sein de ta structure d’accueil ? Peux-tu nous en parler en détail ?

J’assiste les commissaires d’exposition et j’accompagne le suivi de production sur les projets Horizons d’eaux #5 et Revue noire. J’aide à la régie dans le montage et démontage d’expositions au musée et en région.

Dans le cadre du Sommet de Septembre, j’ai collaboré à la réalisation et au montage des vidéos.

Qu’est-ce que selon toi ta présence apporte à ta structure ?

Je dirai que ma présence aux Abattoirs permet d’avoir un regard nouveau sur les projets en cours et un point de vue en plus. Je sers d’appui aux différents postes actifs aux Abattoirs.

Par moment, je fais le lien avec les artistes et intervenants africains.

Ce temps passé dans ta structure d’accueil te permet-il de mieux connaître certaines facettes du métier ?

Oui, j’ai pu en apprendre plus sur le fonctionnement interne d’une structure culturelle, le commissariat d’exposition, la conception d’expositions et d’évènements, le suivi de production, les prêts d’œuvres et la régie. J’ai aussi pu avoir accès aux réserves et à la collection des Abattoirs, et être en contact avec les partenaires.

Quelles sont les compétences que tu acquiers en ce moment dans ta mission, et qui te semblent importantes pour tes projets futurs ou pour la vie en général ?

J’ai l’impression d’avoir acquis plus de flexibilité du fait du contexte de ma mission.

J’ai pu approfondir mes connaissances et mes compétences en termes de suivi et conception d’expositions.

Sur le plan personnel, je dirais que je suis plus autonome et que je m’en sors enrichie en expériences humaines.

Est-ce qu’à travers cette expérience de Service Civique dans le cadre d’Africa2020, tu apprends des choses nouvelles sur des contextes africains ?

Dès le départ, les échanges avec les autres volontaires d’Africa2020 ont été riches et passionnants.

J’ai pu avoir une vision plus claire sur leur quotidien, en apprendre plus sur les cultures et les traditions de leurs pays. On a également échangé sur des questions comme la condition de la femme en Afrique, l’excision, les conditions de vie sur le continent, la politique et l’économie dans certains pays, la scène artistique africaine.

Ton expérience en France

Et sinon, parle-nous de la ville dans laquelle tu habites.

J’habite à Toulouse, dite ville rose pour la singularité de ses bâtiments habillés de briques roses. C’est une ville calme, cozy, ensoleillée où le sport favori est le rugby et où on dit « chocolatine » avec un accent charmant du sud.

Qu’est-ce qui te plait dans ta vie en France, ou au contraire, qu’est-ce que tu trouves difficile, étrange, inattendu ?

Ce qui me plaît : le rapport des gens à l’espace public, il y a moins de harcèlement de rue, la ville est bien desservie, toute l’offre culturelle.

Ce qui est difficile, étrange, inattendu : la vision d’outsider des gens sur l’Islam et le fait que les gens soient froids, pas facilement abordables.

Qu’est-ce que tu as amené dans ta valise et qu’aujourd’hui tu es particulièrement heureux.se d’avoir avec toi ?

Ma théière, mon tajine et mes épices.

Et après ?

Et enfin, est-ce que tu as une petite idée de ce que tu aimerais faire après ton volontariat ?

J’ai deux options en tête :

Soit trouver du travail en France dans le domaine des arts visuels, du commissariat d’exposition ou de l’architecture.

Soit rentrer au Maroc pour soit travailler dans une structure culturelle, soit monter mon agence créative en arts visuels/illustration.

En savoir plus :

Le programme de volontariat de la Saison Africa2020 :

Dans le cadre de la Saison Africa2020 et grâce à une coopération inédite entre France Volontaires, l’Institut français, l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence du service civique, onze jeunes venus de différents pays d’Afrique réalisent une mission de service civique auprès d’établissements culturels, acteurs de la Saison Africa2020, aux quatre coins de la France.