Foulematou, volontaire malienne en service civique à Château-Thierry pour la Saison Africa2020

Foulematou a 24 ans, est malienne et rêve de devenir réalisatrice de cinéma. Dans le cadre de la Saison Africa2020, elle réalise une mission de service civique au sein de L’Échangeur, une association artistique à Château-Thierry. Elle nous raconte son expérience.

08/09/2021

Ta présentation

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je me nomme Foulematou Natalia Sylla, je suis malienne, j’ai 24 ans. J’ai une licence pro en mise en scène théâtre et j’ai suivi des formations accélérées dans la réalisation cinéma et télé. J’ai réalisé deux court-métrages et assisté le réalisateur Aboubacar Gakou sur son projet de série télé. Présentement, je suis volontaire dans la structure L’échangeur pour une durée de onze mois, j’appuie le pôle communication à réaliser des capsules vidéo des artistes en résidence ou en studio libre.

Que signifie le volontariat pour toi ? 

Être volontaire pour moi, c’est de donner son temps, ses expériences et son amour dans un domaine choisi.

Quelles ont été tes motivations pour partir en tant que volontaire ?

La découverte d’un nouveau monde et la recherche d’expérience dans un univers différent.

Ta mission

Peux-tu présenter ta structure d’envoi ? 

Ma structure d’envoi se nomme Blonba, c’est une structure culturelle qui accueille des artistes en spectacle ; le directeur Alioune Ifra est un metteur en scène, dramaturge et réalisateur, qui organise des spectacles vivants au sein de la structure. Blonba organise des formations de DJ pour les femmes. Au sein de la structure, il y a un espace café qui permet aux gens d’échanger et d’assister à des concerts ou spectacles. Blonba loue aussi ces locaux à d’autres structures de production télé ou de cinéma.  

J’y ai effectué un stage de janvier à décembre 2020. Pendant mon stage, j’ai assisté Alioune Ifra dans la mise en scène de ses spectacles théâtraux. J’ai aussi aidé à la planification, l’organisation et la mise en place des spectacles. 

Peux-tu nous parler de ta structure d’accueil ? 

L’Échangeur est un centre de développement chorégraphique nationale qui accueille les artistes danseurs ou les compagnies de danse. Il accompagne chaque année plusieurs équipes artistiques en leur donnant les moyens techniques et financiers pour créer, répéter, chercher. 

Quel est son champ d’action, son histoire, ses dynamiques ?

L’échangeur – CDCN se situe à Château-Thierry et a été labellisé par l’État et les collectivités territoriales centre de développement chorégraphique en octobre 2011. Christophe Marquis en est le directeur. Cette année, L’Échangeur fête ses 30 ans.

Il organise deux festivals dont « KIDANSE » et « C’est comme ça ».

Le festival « Kidanse », est à son cinquième édition et est destiné aux jeunes publics. Il leur donne la possibilité de s’intéresser à la danse et à l’histoire de la danse à travers des ateliers organisés par le pôle de médiation “POP” (relation avec la population). Le festival est aussi une programmation de représentations de spectacles de danse, d’expositions ou de projection de films.

Le festival « C’est comme ça », est une programmation de spectacles, concerts et de divertissements. Il permet aux compagnies et aux danseurs individuels de présenter leurs derniers projets.

Quel est le projet de ta structure d’accueil dans le cadre de la Saison Africa2020 ?

L’échangeur a prévu un QG à partir du mois de septembre pour le festival « C’est comme ça » et prévoit des résidences d’artistes africains, des spectacles, des concerts et des expositions. 

Dans le contexte de crise sanitaire (annulation ou report d’événements…), quelles sont tes missions au sein de L’Échangeur ?

J’aide le pôle communication à réaliser des capsules vidéo appelées « La minute de L’Échangeur ». Cette « Minute de L’Échangeur » est une vidéo composée d’échanges et de captations des artistes qui sont soit en résidence ou en studio libre. Ces échanges expliquent le projet ou le parcours de l’artiste. J’ai ainsi réalisé sept capsules. J’ai aussi réalisé un teaser du spectacle « L’âne chargé d’éponges et l’âne chargé de sel » qui est une fable de Jean de La Fontaine et qui sera représenté dans le cadre du quadricentenaire de Jean de La Fontaine.

Ce temps passé dans ta structure d’accueil te permet-il de mieux connaître certaines facettes du métier ?

Réaliser des vidéos sous plusieurs contraintes est un défi pour moi. Je fais face à la contrainte du minutage de la vidéo exigé par la production (chaque vidéo prend deux minutes maximum), ensuite la contrainte du temps de réalisation exigé par la production, et je m’adapte à la disponibilité des artistes qui sont très souvent focus sur leur projet. L’organisation de la réalisation des minutes de L’Échangeur varie des projets et de la disponibilité des artistes. 

Travailler dans une structure avec des règles et des heures de travail m’était inconnu, j’ai donc appris à m’adapter au règlement intérieur. 

Par ailleurs, dans ma mission, j’ai découvert des espaces et des organisations qui viennent en aide aux personnes en situation d’illettrisme. 

Les artistes que je rencontre lors des spectacles me permet d’avoir un répertoire d’amis et de futurs contacts (collaborateurs éventuels). 

Quelles sont les compétences que tu acquiers en ce moment dans ta mission, et qui te semblent importantes pour tes projets futurs ?

Mon expérience dans le domaine du montage se développe, je découvre et j’apprends des techniques de montage et des logiciels essentiels dans le domaine de la vidéo. Je m’adapte à une vie professionnelle et mon expérience dans la réalisation est plus pointilleuse car j’arrive à faire face à de nouveaux défis. 

Est-ce qu’à travers tes missions ou à travers les échanges avec les autres volontaires, tu apprends des choses nouvelles sur des contextes africains ?

L’interculturalité avec les autres volontaires a plus confirmé la ressemblance entre les différents rites et traditions africaines.

Lors d’une visite d’exposition, j’ai découvert un projet de monnaie panafricaine appelé AFRO, l’apprentissage de ce projet m’a énormément ému et me donne une bouffée d’espoir d’un avenir meilleur.

La visite des musées, les formations dans le montage vidéo et le coaching sur le développement de nos futurs projets, organisées par nos tuteurs  au sein de France Volontaires, Gabrielle et Thierry, m’ont été d’une grande satisfaction, j’ai appris et j’apprends de nouveaux environs et une nouvelle façon de travailler mes projets.

Ton expérience en France

Et sinon, comment s’est passée ton installation en France ?

Au début c’était un peu compliqué car je n’avais pas l’habitude de vivre dans un immeuble et de surcroît toute seule. Mais ça m’aide à être plus autonome et me permet d’apprendre et de forger ma personnalité.

Quelles ont été tes premières impressions ? Qu’est-ce qui t’a surpris et auquel tu ne t’attendais pas ?

L’accueil depuis l’aéroport avec France Volontaires, le lien créé avec les autres volontaires, l’accueil de l’équipe de L’échangeur, l’installation de mon appartement et la présence soucieuse de mes tuteurs et du reste de l’équipe.

Qu’est-ce qui te plait dans ta vie en France, ou au contraire, qu’est-ce que tu trouves difficile, étrange, inattendu ?

L’expérience acquise dans ma mission est pour moi primordiale et importante, les rencontres et les échanges sont pour moi un moyen d’apprentissage, d’approfondissement de connaissance sur différentes personnalités des Hommes.  Cela me permet d’être plus performante dans mon domaine de scénarisation. 

L’aspect difficile se trouve au niveau de la distance avec ma famille, et le froid qui est un point climatique légèrement insupportable. 

Qu’est-ce que tu as amené dans ta valise et qu’aujourd’hui tu es particulièrement heureux.se d’avoir avec toi ?

J’ai amené de la spiruline, qui est une algue que je prends comme complément alimentaire et de l’artemisia qui est une herbe de nombreuses vertus pour prévenir les malaises.

Et après ?

Et enfin, est-ce que tu as une petite idée de ce que tu aimerais faire après ton volontariat ?

Après le volontariat j’aimerais bien continuer dans le cinéma, reprendre les projets que j’ai laissé en cours de réalisation, et apporter l’expérience acquise dans mon volontariat au sein de BLONBA.

En savoir plus :

Le programme de volontariat de la Saison Africa2020 :

Dans le cadre de la Saison Africa2020 et grâce à une coopération inédite entre France Volontaires, l’Institut français, l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence du service civique, onze jeunes venus de différents pays d’Afrique réalisent une mission de service civique auprès d’établissements culturels, acteurs de la Saison Africa2020, aux quatre coins de la France.

Notre rubrique sur le programme de volontariat Africa2020