Giulia, chargée d'appui auprès de ACRA Tchad

A 33 ans, Giulia est volontaire de solidarité internationale au Tchad auprès d'une ONG qui œuvre en faveur des personnes réfugiées.

13/04/2021

Tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Giulia, j’ai 33 ans et je viens de Ferrara, une petite ville pas très loin de Bologne, en Italie. J’aime beaucoup voyager. J’ai d’ailleurs séjourné dans des pays aux cultures différentes comme l’Inde, le Maroc, la Tunisie ou encore la Grèce dans le cadre du travail et de mes études et je suis désormais au Tchad pour effectuer un volontariat de solidarité internationale depuis octobre 2020.

Quel est ton parcours ?

Après des études en sciences politiques, et différentes expériences auprès d’enfants atteints de poliomyélite en Inde ou encore du conseil des droits humains au Maroc, je me suis engagée dans le domaine de la migration. Je travaillais avec une coopérative au Nord de l’Italie qui insérait des migrants de grands centres d’accueil au sein de plus petits groupes. Comme le sujet de la migration et de l’insertion des personnes réfugiées me préoccupe, j’ai décidé d’aller plus loin dans mon engagement et de partir au Tchad pour travailler avec l’ONG ACRA.

Tu nous parles de ta mission ?

Je suis chargée d’appui au projet DIZA – EST qui est un projet de développement des zones d’accueil à l’est du Tchad. C’est une approche entre humanitaire et développement auprès des autochtones, réfugiés, déplacés et retournés au Tchad.

Je travaille principalement dans la capitale à N’Djamena mais j’effectue des missions de terrain pour pouvoir suivre les activités du projet. Mon rôle est d’apporter un appui technique à la rédaction des rapports et au suivi des activités comme la distribution d’argent par exemple. Je rédige aussi des appels à manifestations afin d’obtenir des financements pour nos projets, je rencontre les partenaires du projet DIZA, je fais le suivi du budget…. C’est un poste assez transversal qui me permet d’appréhender tous les aspects de la coordination d’un projet.

Peux-tu nous présenter ta structure d’accueil?

J’effectue ma mission au sein de l’ONG italienne ACRA (association de coopération rurale en Afrique et Amérique latine). Elle a été créée en 1968 et ses premières missions ont d’ailleurs eu lieu au Tchad. Aujourd’hui, l’ONG s’est spécialisée dans le développement avec la mise en place de programmes de sécurité alimentaire, d’assainissement, d’éducation, de protection de l’enfant ou encore de santé.

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur ta mission ?

Quand je suis arrivée au Tchad, le Covid était présent depuis plusieurs mois déjà dans le pays alors les gens y étaient habitués.

Cependant, on impose désormais des mesures sanitaires plus strictes lors de nos activités. C’est par exemple le cas lorsque l’on organise des formations auprès des populations ; on est obligés de limiter le nombre de personnes et d’expliquer aux participants l’importance de rester à distance les uns des autres ou encore de porter un masque.

Que t’apporte ton engagement de VSI ?

J’ai beaucoup appris et j’apprends tous les jours que ce soit au niveau professionnel ou personnel parce que je dois sans cesse m’adapter à de nouveaux défis. Ce volontariat m’a surtout permis de me rendre compte que je faisais réellement ce dont pour quoi j’étais faite et je suis beaucoup plus heureuse maintenant ! Je suis contente de rencontrer de nouvelles personnes chaque jour qui ont les mêmes convictions que moi et qui ont choisi la même direction que moi.

Selon toi, c’est quoi le volontariat ?

C’est s’engager dans une cause dans laquelle on croit profondément. Ce n’est pas juste pour gagner sa vie, on s’engage car on croit réellement aux causes que l’on défend. Et ce que j’aime avec France Volontaires c’est que le volontariat ne se résume pas à donner une petite partie de son temps comme on peut mais les missions proposées permettent de grandir professionnellement.

A quoi ressemble le Tchad?

C’est vraiment un pays du Sahel, rempli de sable ! C’est un pays assez peu connu avec une culture intéressante. Il y a beaucoup de choses à visiter, les paysages sont différents selon les régions du Tchad mais les plus beaux endroits ne sont malheureusement pas accessibles. J’apprécie beaucoup la répartition religieuse du pays, chrétiens et musulmans vivent ensemble. En bref, je m’y sens bien.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Je conseillerais de commencer avec de petites expériences pour apprendre à se connaître et à connaître ses limites afin de savoir jusqu’où on est capable d’aller. Il faut se sentir prêt à partir et être sûr de son engagement car on ne sait jamais à quoi on va être confronté pendant notre mission. L’important est de se sentir à l’aise avec son choix d’engagement.