Gwladice, volontaire tchadienne en service civique auprès du musée d'art et d'histoire de Saint-Denis

Gwladice, 24 ans, vient du Tchad et réalise une mission de service civique auprès du musée d'art et d'histoire Paul-Eluard de Saint-Denis, près de Paris, dans le cadre de la Saison Africa2020. Elle nous partage son expérience, en vidéo et à l'écrit !

15/09/2021

Ta présentation

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je suis Gwladice, jeune Tchadienne âgée de 24ans. Juriste de formation, je suis également une amoureuse des métiers de la parole et de la scène, ce qui m’a poussée à m’intéresser au slam et aujourd’hui, j’écris et déclame des textes slam et me surprend quelques fois à faire de l’humour (je suis membre du N’djamena Comedy Club). En tant que slameuse, j’ai participé à plusieurs festivals dont le Festival International N’djam S’enflamme en slam (slam et eve), une initiative du slameur tchadien Croquemort, le Festival international Slameroun au Cameroun, à Yaoundé et à Garoua, une initiative du slameur camerounais Faithfull, la Foire Internationale du rire où étaient invités les humoristes Mamane et Boukary, le Festival N’djam Hip-Hop, le Festival tchadien des courts-métrages pour ne citer que ceux là. J’ai donné ma voix dans plein de projets autour du Sida avec le PNLS, du Paludisme avec le PNLP, des violences faites aux femmes avec Oxfam Tchad… Je suis ambassadrice du Festival international Ecran SLAM au Tchad, une initiative de l’association Accord Parfait qui réunit plus d’une vingtaine de pays d’Afrique mais également du monde. Je suis membre du Collectif Stop Violence qui regroupe des femmes artistes tchadiennes. Je suis également chargée de communication du Collectif Tchad Slam qui est une association de jeunes slameurs du Tchad qui œuvrent dans le but de vulgariser le slam au Tchad à travers plusieurs activités telles que les ateliers d’écritures et de déclamation, le street slam, les concerts autour des thèmes assez parlants car qui dit slameur, dit parolier et qui dit parolier, dit force des mots dits. J’ai été très active pendant mes études dans des associations de jeunes telles que l’ALAPSET et la GENERATION ABCD/section de Yaoundé.

Que signifie le volontariat pour toi ?

Pour moi, le volontariat c’est le fait de s’engager pour une mission dans le but d’être utile pour les autres mais également pour soi. En m’engageant en tant que volontaire, je voulais vivre de nouvelles expériences, découvrir de nouvelles cultures, apprendre et être utile au quotidien.

Connaissais-tu le volontariat avant cette mission de service civique ?

Je ne connaissais pas grand chose sur le volontariat avant cette mission de service civique. Je regardais tout le temps de loin les activités de France Volontaires Tchad : par exemple, les Mardis Solidaires puisque l’équipe les organise dans des espaces que je fréquente souvent. Pour la journée internationale du volontariat organisée à l’Institut français, j’étais à l’IFT et c’était un hasard. Je me disais que pour être volontaire, il fallait avoir certains diplômes et expériences. Avec un peu de curiosité, je me suis approchée du stand et j’ai posé des questions qui m’ont permis d’en savoir un peu plus.

Ta mission

Peux-tu présenter ta structure d’envoi ?

C’est le collectif Tchad slam qui m’envoie. Je fréquente ce collectif depuis 2015 et je suis devenue officiellement membre de ce collectif en 2018. Et en 2020 j’ai été « nommée » chargée de communication.

Peux-tu nous parler de ta structure d’accueil ?

J’effectue ma mission de service civique au Musée d’Art et d’Histoire Paul-Eluard de Saint-Denis. C’est un musée municipal, installé dans l’ancien Carmel qui est un couvent dans lequel Louise de France, la fille de Louis XV a pris l’habit et a prononcé ses vœux. Ce musée accueille des visiteurs sur des thématiques variées, de l’archéologie médiévale à la commune de Paris en passant par la vie du poète Paul Eluard.

Quels sont les projets de ta structure d’accueil dans le cadre de la Saison Africa2020 ?

Le Musée d’Art et d’Histoire Paul-Eluard est QG pour la Saison Africa2020 (du 24 juin au 15 juillet 2021). On travaille sur une exposition intitulée « UN.E AIR.E DE FAMILLE ». Cette exposition est accompagnée d’une programmation éducative et culturelle et sera présentée de juin à novembre. Cette exposition est l’occasion de mettre en lumière les regards que portent les artistes femmes d’Afrique sur les sociétés contemporaines. Longtemps invisibilisées, les artistes femmes ont pourtant une place de choix dans les combats politiques d’hier et d’aujourd’hui, elles y ont joué et jouent encore, comme les hommes, un rôle central : tantôt contraintes tantôt combatives, victimes ou héroïnes.

Comment la crise sanitaire impacte-t-elle les projets de ta structure d’accueil ?

Le covid impacte bien évidemment la programmation et les projets généraux du musée puisqu’il est fermé au public. Par exemple, l’exposition Pablo Picasso-Paul Éluard, sur une amitié sublime, n’a pas pu s’ouvrir au public comme il le fallait. Le musée a dû s’adapter à la situation en organisant des visites de 2 à 3 personnes, uniquement réservée à des professionnels. Aussi, comme le musée ne peut plus accueillir des scolaires, on a fait de la médiation culturelle dans les écoles, des « hors les murs ». Pour la médiation dans les écoles justement, j’aide à l’organisation, la prisse des contacts, la programmation et le déroulement des ateliers.

Qu’est-ce que selon toi ta présence apporte à ta structure ?

J’apporte une plus large connaissance de l’Afrique lors de nos échanges avec les employés du musée, peut-être pas en général mais je parle des pays qui m’ont construite à savoir le Tchad, le Burkina Faso et le Cameroun qui sont très riches en matière de cultures.

Ce temps passé dans ta structure d’accueil te permet-il de mieux connaître certaines facettes du métier ?

J’apprends chaque jour un peu plus sur la médiation culturelle que je ne connaissais pas auparavant, les techniques d’organisation d’ateliers et de visites selon les publics (petits, adultes, seniors, avec un handicap). J’ai aussi découvert l’unité d’archéologie qui est en collaboration avec le musée.

Quelles sont les compétences que tu acquiers en ce moment dans ta mission et qui te semblent importantes ?

Je découvre ce que c’est que travailler dans un musée à travers les différentes visites guidées entre présentation et histoire des œuvres et ateliers. J’apprends beaucoup sur la façon de communiquer avec les personnes selon les âges.

Est-ce qu’à travers tes missions – notamment celles liées à Africa2020 – ou à travers les échanges avec les autres volontaires, tu apprends des choses nouvelles sur des contextes africains

Lors de nos échanges avec les autres volontaires, j’apprends beaucoup vu que nous sommes chacun dans des domaines différents même si nous avons un point commun qui est l’art, la culture ; en plus, on a un scientifique parmi nous ! Je découvre un peu plus le domaine du cinéma grâce à Marie-Ange, une volontaire également mais aspirante actrice et l’univers de la science avec Kossi, volontaire et chimiste !

Ton expérience en France

Et sinon, comment s’est passée ton installation en France ?

Très bien ! Quoique c’était difficile au départ puisque tout est machinisé, les différents transports en commun, un calvaire quand tu es nouveau. Pour quitter mon logement pour le musée, je fais 1h de temps de trajet et prends des correspondances ! Je suis entre le métro, le RER et le tram. Les aventures avec Google map’s chaque fois que je sors… Le climat qui ne sait pas trop où se ranger…

Parle-nous de la ville dans laquelle tu habites.

Je ne sors pas beaucoup alors difficile d’en parler. Je suis contente d’être à Paris parce qu’ici au moins je peux aller à Château Rouge et acheter plein d’aliments africains, choses qu’on ne trouve pas partout en France apparemment.

Qu’est-ce qui te plait dans ta vie en France ?

J’apprécie chaque chose que je découvre. Et je trouve qu’à Paris chaque seconde compte, tout le monde est pressé !

Qu’est-ce que tu as amené dans ta valise et qu’aujourd’hui tu es particulièrement heureuse d’avoir avec toi ?

Ma pommade pour les cheveux fait à base de poudre de chébé et du beurre de karité qui est une richesse d’une ville du Tchad nommée Sarh et fabriquée par une association de femmes sarhoises. Il faut bien prendre soin de mes cheveux et de ma peau dans un pays aussi froid que la France.

Et après ?

Et enfin, est-ce que tu as une petite idée de ce que tu aimerais faire après ton volontariat ?

Après mon volontariat, j’aimerais poursuivre mes études en droit, parce que même si je suis très engagée en matière culturelle, je suis éprise des sciences juridiques. J’aimerais aussi participer à des projets culturels et peut-être monter mon propre projet culturel.

En savoir plus :

Le programme de volontariat de la Saison Africa2020 :

Dans le cadre de la Saison Africa2020 et grâce à une coopération inédite entre France Volontaires, l’Institut français, l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence du service civique, onze jeunes venus de différents pays d’Afrique réalisent une mission de service civique auprès d’établissements culturels, acteurs de la Saison Africa2020, aux quatre coins de la France.

Notre rubrique sur le programme de volontariat Africa2020