Ibrahima, volontaire pour l'intégration des migrants dans les politiques territoriales

De Kaolack à Oujda, parcours d'un jeune sénégalais engagé auprès de l'association Pionniers de Changement pour le Développement et la Culture (PCDC) en tant qu'assistant projet. Lié à une action pilote de coopération Sud-Sud, son expérience en tant que VSI, il la partage avec quatre autres volontaires sénégalais.

30/09/2021

Dans le cadre des relations fortes et croissantes unissant le Maroc, le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire autour des politiques migratoires, les quatre pays ont défini l’Action de Coopération Sud-Sud (ACSS) en matière de migration (cofinancée par l’Union européenne et le BMZ et mise en œuvre par la GIZ et Expertise France) dont l’objectif général est de renforcer la coopération bilatérale en matière de migration.

Les questions de mobilité constituent un enjeu majeur en matière de coopération sud-sud. Si elles sont généralement envisagées pour les étudiants et les professionnels, elles le sont peu sur la question de l’engagement des jeunes et de la manifestation de la solidarité internationale entre pays d’un même continent.

France Volontaires, accompagnée par ses partenaires, a déployé l’Action Pilote de Volontariat Sud-Sud, un projet s’inscrivant dans le Programme de Coopération Sud-Sud en matière de migration. Le volontariat y est placé comme une forme de mobilité légale, mais aussi un moyen de renforcer les compétences humaines et d’intensifier les relations entre les structures de ces différents pays, autour des thématiques migratoires. Cette action relève du résultat attendu n°3 : Renforcement de la mobilité sud-sud des professionnels, des étudiants, des stagiaires et des volontaires. Son résultat spécifique (R.3.2.) est le suivant : les compétences, dispositifs et mécanismes et la coopération bi- ou multilatérale, par rapport aux systèmes de volontariat sud-sud sont améliorés.

C’est dans ce contexte que cinq volontaires sénégalais ont pu rejoindre le Maroc en tant de Volontaire de Solidarité Internationale (VSI). Ibrahima, l’un d’entre eux, partage ici son expérience.

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je m’appelle Ibrahima Touré. Je suis ingénieur en développement local, spécialiste de la gouvernance territoriale. J’ai eu une Licence en Sociologie avant de m’inscrire à un Master professionnel. J’ai soutenu mon mémoire en 2019 avec la mention très bien. Il portait sur la migration et le développement territorial : la contribution des migrants de retour dans le développement économique territorial : le cas de la commune de Kaolack.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

 C’est pour avoir une expérience inoubliable et sûrement significative pour mon   parcours personnel et professionnel. En tant que jeunes, le désir de servir nous a toujours animés donc je trouve que cette mission est une aubaine pour réaliser ma passion. C’est aussi une occasion de mettre en pratique nos connaissances et compétences théoriques. C’est également un rendez-vous du donner et du recevoir.

Quelle est ta mission en tant que volontaire ?

Je suis un assistant du projet « Pour une ville de diversité culturelle » au sein de l’Association Pionniers du Changement pour le Développement et la Culture. Comme je suis dans une association où le travail en équipe est mis au-devant de la scène, je suis finalement impliqué sur toutes les activités de la structure.

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée (mal du pays ? intégration ?)

Mes premières impressions sont le patriotisme local que j’ai constaté chez les marocains, la propreté de la ville mais aussi, la réglementation au niveau du transport et les routes. Il y a pratiquement partout, des feux de signalisation et des passages piétons bien respectés. Mon intégration a été bien réussie grâce à mes collègues et à l’accueil chaleureux qu’ils m’ont réservé, le tout accompagné de leur courtoisie et leur flexibilité.

Pour toi, qu’est-ce que l’Espace Volontariats ?

C’est un centre de ressources, d’informations, d’échanges et de partage d’expériences. C’est aussi un espace d’appui pour bien mener nos projets de volontariat.  Je précise qu’au-delà de l’accompagnement, l’Espace Volontariats à une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international.

Que t’apportes ta mission sur le plan personnel et professionnel ?

Sur le plan personnel, ça me permet de tisser de nouvelles relations ; autrement dit d’élargir mon capital social en découvrant évidemment de nouvelles pratiques, de nouvelles cultures, bref un nouveau mode de vie.

Sur le plan professionnel, cela me permet d’acquérir d’autres expériences, de mettre en pratique mes connaissances et compétences qui étaient pour la plupart théoriques. Cette mission m’a beaucoup aidé à la facilitation de la prise de parole en public à travers les ateliers, réunions ou séminaires.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Actuellement, je veux continuer dans le volontariat. Autrement dit, je veux devenir l’ambassadeur du volontariat en Afrique et ultérieurement dans le monde.

Au cas contraire, retourner au pays et entreprendre.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Je leur souhaite bonne chance en leur disant que le volontariat est plus humain qu’économique. C’est un moment de découverte, de partage d’expérience, de donner et de recevoir.

En savoir plus

L’association Pionniers de Changement pour le Développement et la Culture (PCDC), est basée dans la ville d’Oujda au Maroc. Elle a trois principaux champs d’action : la Migration, les Droits de l’Homme et la Culture.

Son projet « Pour une ville de diversité culturelle » lui a permis d’être retenue lors de l’appel à projets 2020 « Migration et développement » porté par l’Ambassade de France au Maroc. Le projet propose de répondre à la problématique de renforcement des capacités du personnel administratif de la collectivité locale en matière de migration, grâce à un bureau d’accueil et d’orientation des migrants, couplé à une application qui centralise tous les informations des services publics et des ONGs à leur destination. L’objectif est d’intégrer la migration dans la planification territoriale du développement sur le long terme, ainsi que de contribuer à l’intégration des migrants à travers l’amélioration de leur accès aux services publics.

Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats Sénégal : ev.senegal@france-volontaires.org