« Je souhaitais donner un autre sens à mon métier et à ma formation » : rencontre avec Gabriel, journaliste-formateur volontaire et passionné à la SBC

Après différentes expériences en France et à l’étranger, Gabriel, jeune Saint-Pierrois de 28 ans, s’est engagé dans une mission de Volontariat de solidarité internationale au sein de la Seychelles Broadcasting Corporation (SBC). Pendant un peu plus d’un an, il a contribué au rayonnement de l’information francophone et à l’expertise française dans le paysage médiatique seychellois. De retour au "péi", il fait le bilan de sa mission et décrypte la réalité du métier.

12/04/2021

Peux-tu te présenter ?

J’ai 28 ans, je suis né à Saint-Pierre et j’ai grandi au Tampon. Pendant un peu plus d’un an, j’ai été volontaire en solidarité internationale (VSI) à la Seychelles Broadcasting Corporation. Ma mission consistait à apporter un soutien théorique, technique et linguistique aux journalistes du service public seychellois.

Parle-nous de ton parcours et de tes expériences professionnelles.

Après mon bac, j’ai suivi une licence d’Administration économique et sociale avant de m’orienter vers le journalisme radio à l’École des Médias de l’Océan Indien. J’ai pu travailler à Freedom avant de poursuivre mes études en production audiovisuelle à l’AFDA et en journalisme à la Cape Peninsula University of Technology en Afrique du Sud. En 2017, j’ai obtenu mon master de journalisme à l’Institut Européen de Journalisme (Paris). J’ai eu l’opportunité de travailler dans différentes rédactions en France hexagonale et à l’étranger.

Pourquoi as-tu souhaiter t’engager dans cette mission de volontariat aux Seychelles ? Quelles ont été tes principales missions ?

Je souhaitais donner un autre sens à mon métier et à ma formation. J’ai donc décidé de quitter mon poste pour m’engager dans une mission de VSI avec France Volontaires.[1] Mes missions ont été variées. J’ai participé à la vie de la rédaction à plein temps en réalisant des reportages (français/anglais/créole), en présentant des éditions et en créant des programmes d’information (longs formats). J’ai formé une dizaine de journalistes aux outils de montage vidéo, je les ai accompagnés dans le développement de leurs compétences numériques et apportés mon soutien dans l’écriture de reportages pour les journaux en français.

Concrètement, quelle est la journée type d’un journaliste au sein de la SBC ?Les méthodes de travail sont-elles les mêmes qu’à La Réunion ?

 Le fonctionnement de la rédaction et de l’entreprise est vertical et en réalité, il n’y a pas vraiment de journée type pour le ou la journaliste. Sur la forme, il ou elle est chargé.e de son sujet généralement attribué en avance sur la base de communiqués de presse, d’invitations presse ou d’événements. Au cours de ma mission, nous avons mis en place des conférences de rédaction. Elles permettent de discuter des angles, d’échanger des informations et définissent l’agenda des éditions.  Sur le tournage de son reportage, le journaliste est accompagné d’une équipe (chargée de l’image, du son et du transport et de la logistique). Une fois le reportage de terrain terminé, il écrit et édite ses reportages en français, anglais et créole pour la radio et la télévision. Ces reportages sont ensuite visionnés par un.e chef.fe d’édition avant diffusion. Le fait de proposer des éditions en plusieurs langues est un vrai challenge !

Faut-il une qualité ou un talent particulier pour exercer le métier de journaliste aux Seychelles ?

Je dirais que la persévérance est une des qua lités à avoir pour exercer le métier aux Seychelles (et probablement partout ailleurs). Même si les acteurs de la vie associative, politique et économique sont facilement abordables en général. Lorsque les questions ne vont pas dans leurs sens, le journaliste peut se voir refuser des demandes d’interviews. Avec le soutien de la rédaction, je ne me doute pas que le prochain volontaire saura où trouver les bonnes personnes au bon moment. Il est aussi important de maîtriser l’anglais (langue administrative).

Quelle est l’actualité/l’événement dont tu es fier d’avoir contribué ?

Je suis fier d’avoir participé à la couverture des élections présidentielles et législatives seychelloises. Pour la première fois dans l’histoire des Seychelles, la SBC a organisé deux débats présidentiels. Nous avons pu donner la parole aux Seychellois et questionner les programmes des différents partis.

 

Après un peu plus d’1 an, quel bilan fais-tu de cette expérience de volontariat ?

Je tire un bilan positif à 200% de mon expérience de volontariat. J’ai eu la chance de découvrir un pays à travers une actualité brûlante. J’ai tissé des liens professionnels et d’amitié qui, je l’espère, dureront.

Peux-tu nous citer une compétence acquise pendant ta mission, et certainement bénéfique pour ton parcours professionnel ?

La plus belle compétence acquise est, à mon sens, linguistique. En effet, “mon kapab koz kreol seselwa”. Cette compétence est intimement liée à mon intégration. Je dirais, que j’ai amélioré ma capacité à faire face à l’imprévisible.

Quels conseils donnerais-tu au prochain volontaire qui te succèdera ?

Je dirais de prendre le temps de découvrir le pays et de rester à l’écoute de toutes les personnes qu’il rencontre. Apprendre le Kreol Seselwa (qui a de vraies similitudes avec le créole réunionnais) contribuera fortement à son intégration.

France Volontaires recherche le/la prochain.e Volontaire de solidarité internationale journaliste-formateur à la SBC aux Seychelles.

[1] Mission de volontariat cofinancée par France Volontaires, le Département de La Réunion et les fonds européens (Interreg V OI)