Journée Internationale de la Francophonie : témoignage de Uyen ancienne volontaire de réciprocité

À l’occasion du 20 mars, la Journée Internationale de la Francophonie, nous avions rencontré Uyen, une ancienne volontaire partie en Service Civique en France en 2019. Après avoir passé près d’un an en France, elle enseigne désormais le vietnamien au lycée français Marguerite Duras à HCMV, nous avons échangé avec elle afin qu’elle nous partage son expérience en France, sa vision de la Francophonie et sa relation avec la langue française.

19/03/2021

Uyen a 23 ans, elle est vietnamienne, elle se souvient avoir commencé à apprendre le français à l’âge de 6 ans, un peu par hérédité, du fait que plusieurs membres de sa famille l’ont aussi appris plus jeune à l’école. Mais elle avoue que ce n’était pas une partie de plaisir « c’était très difficile d’apprendre le français. À l’école primaire, je n’y arrivais pas. Ce n’est qu’après la CM2 que j’ai commencé à mieux comprendre. ».

En partant effectuer un Engagement de Service Civique en France avec le Service de Coopération pour le Développement (SCD) dans le cadre du projet Promouvoir et Réaliser les Objectifs de Développement Durable pour Innover et Grandir Ensemble (prODDige), elle découvre bien plus que la culture française, elle découvre la Francophonie.

Au total, ce sont vingt volontaires français et francophones qui ont travaillé ensemble, main dans la main, à la réalisation des 17 Objectifs de Développement Durable dans le Grand Lyon. Avec son groupe, elle s’est focalisée sur l’objectif 13, « Lutte contre les changements climatiques ».

Au cours de cette expérience, elle rencontre des francophones du Burkina Faso, du Maroc, de l’Équateur, du Cambodge ou encore de Haïti. Elle découvre la richesse et la multiculturalité de la Francophonie à travers ces différentes sonorités, expressions, spécialités, religions… Elle raconte « au début, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à cause de la barrière de la langue, en plus du français de France, je devais m’adapter au français d’ailleurs ! » Mais elle souligne la solidarité et la bienveillance de ses paires « ils ont été très gentils, ils m’ont accueilli et accompagné et je n’ai pas eu de problèmes ».

Elle remarque très vite que « la pratique et la théorie ne sont pas la même chose. On peut apprendre beaucoup de chose à l’école mais on ne peut pas appliquer certaines choses dans la vie quotidienne. Dans la langue française il y a beaucoup d’expressions, de temps, de modes… ». Comme les autres langues, le français évolue mais son aura demeure la même « Je trouve que la langue française est une langue romantique. Le rythme est très léger, pas comme les autres langues », en revanche, selon elle, c’est une langue qui demande beaucoup plus de concentration pour les personnes non-natives « en français, on doit conjuguer, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Par exemple, quand je mange je n’aime pas parler français car je n’arrive pas manger et réfléchir en même temps. » plaisante-t-elle.

Son expérience en France en tant que volontaire l’a poussé à s’ouvrir, à pratiquer son français et à découvrir des cultures qu’elle ne connaissait pas. Une expérience inoubliable qui lui a permis de faire d’énorme progrès en français « j’ai eu la chance de partir en France et rencontrer différents natifs. Je pense que pour progresser en langue, il y a seulement une chose à faire, c’est de pratiquer ».

Faire partie de la Francophonie est selon elle un vrai avantage professionnel « même si la langue française est difficile, si on arrive à le parler, cela devient un vrai avantage ! On peut trouver un bon emploi ici ou dans un autre pays francophone. ». Après une année 2020 agitée, elle a pu regagner le Vietnam avec pleins d’histoires en tête. Aujourd’hui, Uyen enseigne le vietnamien au lycée français Marguerite Duras à Hô-Chi-Minh ville à des élèves de primaire à qui leur langue maternelle est le français Elle souhaite reprendre ses études en francophonie et développement durable, deux thématiques en lien avec son volontariat qui lui tiennent à cœur, afin, elle espère, de travailler au Vietnam sein d’une ONG francophone, « ça serait parfait ».

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